Organisée du 1er au 31 octobre 2010, la troisième édition de la biennale d’art contemporain du Havre s’attachera à explorer les relations actuelles liant la bande dessinée à l’art contemporain.
La
bande dessinée possède depuis longtemps déjà ses maîtres du trait, de la composition, de la planche et de l’art du récit : George Herriman avec Krazy Kat, Frank O.King avec Gasoline
Alley, Calvo, Franquin...
La contre-culture des années 1970 a participé à la légitimité future de la bande dessinée. Celle-ci n'est alors plus instrumentalisée, mais gagne en autonomie. Des auteurs tels Robert Crumb, Moebius, Philippe Druillet ou encore Enki Bilal s’affranchent alors des critères traditionnels et amorcent une importante transition : la bande dessinée quitte son statut de « genre » et devient un « format », au même titre que la peinture ou la sculpture.
La biennale d’art contemporain du Havre se veut le témoin et l’écho, non pas de cette mutation, mais de cette lente progression. Seront présentées des œuvres de : Vaughn Bodé, Jochen Gerner, Ilan Manouach, Ruppert & Mulot, le collectif Atrabile... Des œuvres en résonnance avec des artistes comme Jean Michel Alberola, Wim Delvoye, Christophe Blanc, Pauline Fondevila, Francesc Ruiz...
Un lieu spécifique sera dédié à la 2ème édition du Prix Partouche du film expérimental contemporain où les réalisations en compétition privilégient le graphisme. Différents espaces accueilleront des ateliers élaborés par des artistes en résidence, permettant ainsi au public de participer à la manifestation.
La biennale d’art contemporain du Havre est une création de Groupe Partouche, l’un des principaux partenaires financiers de la culture en France. Groupe Partouche est le premier financeur des biennales d’art contemporain et de danse de Lyon, du festival d’art lyrique d’Aix-en-Provence, ainsi que du Festival Jazz à Antibes.
[Visuel : Achraf Touloub, Prière de l’Isha, acrylique sur toile, 150x150 cm, 2008 © Achraf Touloub]
Le musée des Arts décoratifs de Bordeaux continue sa politique d’expositions de design avec Michele De Lucchi, déjà présent dans son importante collection permanente « Memphis » initiée en 1981 par Martine Bedin et Nathalie Du Pasquier. La singularité de ce projet est la confrontation, pour la première fois en public, des œuvres de Michele avec celles de son frère jumeau Ottorino, chimiste mais aussi artiste peintre.
Dans l’espace design du musée, des œuvres récentes et
inédites des deux frères seront présentées du 14 octobre 2010 au 31 janvier 2011 : design et petites architectures de Michele dialogueront avec les peintures hyperréalistes d’Ottorino ayant comme
sujets les créations de son frère, uguale etdifferente. D’autres tableaux d’Ottorino seront accrochées sur les cimaises des salles historiques du musée. Dans la cour, l’installation d’un buisson
végétal, réalisé en métal pour cette occasion par Produzione Privata, accueillera le public.
Ainsi que l’écrit Michele De Lucchi, il y a aujourd’hui dans l’art contemporain une dualité entre les œuvres uniques et les pièces industrielles, entre la production en série et l’artisanat, entre la standardisation et l’exceptionnel ; il associe cette dualité à la vie des jumeaux qui, dès leur naissance, ont des relations ambiguës, faite de désirs de ressemblance et de différence, d’attirance ou de rejet.
Michele De Lucchi est architecte de formation académique ; il s’est orienté ensuite vers le design sans pour autant oublier les enseignements de ses études d’architecture, de graphisme et de communication, et s’occupe globalement de tout ce qui touche à l’art. Ottorino De Lucchi est quant lui scientifique et professeur de chimie à l’Université de Venise ; il est spécialisé dans l’observation des molécules organiques, notamment celles des pigments qui l’a conduit à pratiquer la peinture hyperréaliste (drybrush) pour reproduire sa propre vision de la réalité. Malgré ces différences, on perçoit aisément chez l’un et chez l’autre un choix fondamental, dans leur philosophie comme dans le moteur de leur création : aujourd’hui, l’homme a accès à de nombreuses techniques industrielles qu’il utilise pour bâtir sa propre vision artistique de la vie.
Michele aime raconter qu’il a décidé d’avoir une barbe, une longue barbe, pour se distinguer de son jumeau et, pour la même raison, de faire des études d’architecture; tous les deux ont ressenti le besoin de se différencier dès qu’ils le pouvaient ; cependant, ils se sont retrouvés à Venise, professeurs d’Université dans leurs domaines respectifs.
En réalité, Ottorino n’a jamais cessé de s’interroger sur la vie, en faisant dialoguer la chimie et l’art ; de la même manière, Michele n’a jamais arrêté de poursuivre l’esprit de son temps en utilisant les langages que lui offrent les projets et l’art. La synthèse des différentes disciplines des deux frères, architecture, design, chimie et peinture, révèle des relations inattendues et génère des images parallèles qui découvrent clairement une finalité commune, l’interprétation du réel propre à notre contemporanéité. Les technologies en pointe associées aux connaissances et au savoir-faire offrent une très grande potentialité d’expression.
L’ambiguïté d’uguale et differente est une solution. Avec son style hyperréaliste, Ottorino joue avec le trouble de celui qui ne sait pas s’il est devant une peinture ou devant une photo. Pour Michele, l’équivoque se situe dans la différence entre ses dessins d’architecte et sa production industrielle, entre les produits conçus pour l’industrie et ceux pour les artisans, entre les œuvres imposantes comme les maquettes des tours de Georgie et celles de petites dimensions comme les lampes, les vases, les Casette. L’œuvre est toujours unique, qu’elle soit une architecture ou un projet artisanal, jamais identique à elle-même à cause du geste de l’artisan. Ottorino utilise une photo qui peut être reproduite à l’infini pour peindre son tableau qui est, au contraire, unique. Afin de mieux souligner cet accord poétique entre des pratiques artistiques différentes, Ottorino a peint pour cette exposition des objets design de Michele, fabriqués par sa petite entreprise Produzione Privata créée en 1990 avec Sibylle Kicherer, employant les compétences des artisans italiens de différentes régions.
A partir de la deuxième moitié du XIXème siècle, la fabrication en série a cohabité avec les arts appliqués faits main. William Morris, reprenant les théories de John Ruskin, préconise alors de revenir à la période prémoderne, quand celui qui dessinait un projet était aussi celui qui le réalisait. Il ne faut pas regarder le passé d’une manière nostalgique, mais chercher un langage nouveau pour la production industrielle sans la considérer comme une pâle imitation des arts appliqués.
Aujourd’hui, la différence n’existe plus ; le design est un concept sans définition ni références historiques ; l’univers industriel de notre société n’est plus en opposition avec l’artisanat et avec le geste de l’artiste mais, au contraire, intègre leurs démarches. Cette exposition soutient cette théorie et associe le design aux arts décoratifs (appliqués) du musée dans une logique d’évolution. Michele De Lucchi explique : « L’art appliqué témoigne d’un talent personnel et manuel ; le designer sait transmettre à l’industrie la rigueur de son travail. » En fait, c’est une seule discipline, traitée différemment, avec un même désir de créativité, de savoir-faire, d’interprétation et de découverte ; c’est beaucoup plus important que le nombre de pièces vendues. Le design suggère le réel et propose le culturel ; l’art appliqué, historique et conservé qui témoigne du passé, fait partie de son processus.
Imaginé par le Musée des Confluences, en partenariat avec la Fondation Blachère, la manifestation « Passages » (28 mai au 24 juillet 2010) donne la parole pendant deux
mois et dans une trentaine de lieux à Lyon - la fondation Bullukian, le musée Africain, le théâtre de l’Elysée, la Fnac... - aux acteurs de la création africaine. Pour cette
première édition, la photographie est à l’honneur.
« Une frontière n’est pas un barrage ; c’est un passage. La frontière signale à la fois la présence de l’autre et la possibilité de le rejoindre…
…La frontière, en ce sens, a toujours une dimension temporelle : c’est la forme de l’avenir et, peut-être, de l’espoir. »
Marc Augé,
Lectio Magistralis, 21 octobre 2009
« Passages » permettra à tous de découvrir la photographie africaine à travers une programmation riche en expositions, des rencontres, des ateliers photos, des lectures, projections, conférences. « Passages » se veut un lieu de réflexion et d’enchantement, un lieu de passage, en privilégiant la diversité des formes artistiques, ainsi la littérature, le cinéma et la musique seront aussi présentés.
Les collections de photographie contemporaine sont issues de la politique d’acquisition du musée des Confluences. Sous l’impulsion de son directeur, Michel Coté, l'institution a entrepris de renforcer son fonds photographique existant afin d’illustrer plus complètement la dynamique actuelle de la photographie sur tous les continents.
La politique d’acquisition du musée des Confluences a le mérite de souligner le fil ténu de la continuité photographique africaine qui témoigne de richesses multi ethniques, multi confessionnelles. Les œuvres de Malick Sidibé, d'Oumar Ly, de Bruce Vanderpuye, de David Goldblatt, jusqu’aux travaux récents de Mohamed Camara traduisent les vérités contradictoires de sociétés en mutations. Ces œuvres formalisent à travers leurs pratiques un héritage historique conflictuel, des émotions esthétiques fortes et présentent des inventions formelles caractéristiques de visions d’Afriques fortes, en abîme des apparences…
Dans le cadre du partenariat avec la fondation Blachère, les lauréats du prix de la Fondation Blachère aux Rencontres de Bamako 2009 seront présentés : Nestor Da — Baudouin Mouanda — Zanele Muholi — Uche Okpa-Iroha ou encore Sammy Baloji et François-Xavier Gbré…
[Visuel : Baudouin Mouanda, photographie de la série « La Sape » (République du Congo, 2008). © Baudouin Mouanda]