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Art contemporain à Paris

Samedi 3 octobre 2009 6 03 /10 /Oct /2009 12:07

Confiée à Alexia Fabre, conservateur en chef du MAC/VAL et Frank Lamy, chargé des expositions temporaires dans cette même institution, la direction artistique de Nuit Blanche 2009 met l’accent sur les arts plastiques contemporains, sans exclure les autres formes artistiques. Au programme, « de la fantaisie, du rêve, de l’imaginaire ; de la profondeur, de la gravité, de la réflexion ; de la poésie, de l’intimité, de la nostalgie. »

 

Conçue à l’échelle de la promenade, la manifestation s’articule selon trois parcours (Buttes-Chaumont, Châtelet Marais et Quartier Latin), reliés entre eux tout au long de la nuit dans le cadre d’un partenariat avec la RATP (renforcement des Noctiliens ; ouverture nocturne de la ligne 14 et, cette année, de la ligne 11).


2. Dans le centre, Châtelet Marais


  • Station Arts et Métiers : Atypique parmi les stations de métro parisiennes, la station Arts et Métiers, métamorphosée en 1994 par le dessinateur de BD François Schuiten et l’architecte Benoît Peeters, se présente comme un Nautilus aux parois rivetées de cuivre. Dans cet environnement, François Paire (né en 1964) transforme les hublots en caissons lumineux ouvrant sur un extérieur impossible. Le dispositif dans son ensemble recréant un vaste paysage où s’accumulent des panneaux publicitaires vidés de leur contenu, obligeant le spectateur face à ces images instables et lacunaires, à poser un regard nouveau et actif.

  • Halles. Dans l’église Saint-Eustache. Au son du « Miserere d’Allegri » (l’un des sept psaumes de la pénitence), des passagers défilent au ralenti dans le hall de débarquement d’un aéroport. La vidéo Threshold to the Kingdom (2000) de Mark Wallinger (Turner Prize 2007) accompagnée par cette musique spirituelle et doloriste, ressemble aux passages des âmes à travers les portes du paradis. Ironique, critique sur l’état du monde actuel, utilise les ressources de la peinture, la vidéo et l’installation pour exprimer un point de vue contestataire sur l’actualité politique, artistique ou sociale...
    Au Forum des Halles. Filmé en plan fixe, un cœur en plastique rouge clignote du jour à la nuit jusqu’à ce que celui-ci vienne à bout de sa réserve d’énergie. L’image, simple et percutante, devient peu à peu véritablement hypnotique, obsédante. My Night (2008) de François-Xavier Courrèges (né en 1974) est accompagnée des tonalités post-rock du groupe « That Summer ».

  • Place du Châtelet (de minuit à 7h). Au théâtre du Chatelet, l’artiste allemande Melanie Manchot (née en 1966) explore la notion de portrait au gré de ses photographies, vidéos et films. Pour Nuit Blanche, elle présente l’œuvre Kiss, long plan de 10 minutes filmé en continu avec sa caméra 16mm. Assis au premier étage d’un bus londonien, un jeune couple s’enlace pour un interminable baiser. La caméra de Melanie Manchot s’attache à ce moment clé du cinéma et épouse les vagues de désir qui traversent les protagonistes tout à leur baiser. De plus en plus intense et passionnée, cette étreinte laisse poindre des instants de tendresse, de jeu ou d’agressivité, l’artiste considérant le geste comme révélateur d’un comportement, d’une personnalité...
    Au Théâtre de la Ville, la vidéo Hysteria de Doug Aikten compile des séquences d’archives de scènes d’hystérie collective provoquées par des concerts de rock des années 60à nos jours. Les images noir et blanc puis couleurs s’enchaînent ralenties et recadrées tandis que résonnent cris stridents et hurlements. La caméra reste exclusivement braquée sur le public et l’identité des musiciens demeure toujours mystérieuse, nous laissant face au spectacle d’une foule en transe, expression collective extrême et terrifiante.

  • Parvis de l'Hôtel de Ville. L’artiste coréenne Kimsooja (née en 1957) a produit à Paris sur les Champs-Élysées un nouveau film que l’on découvre, projeté sur le parvis de l’hôtel de Ville. Le projet reprend un mode d’intervention récurrent dans son œuvre et déjà mis en œuvre dans d’autres capitales du monde. La « Needle woman » est une femme, l’artiste en l’occurrence, qui se tient de dos, immobile dans la foule et le chaos de la ville. Nourrie d’influences culturelles larges, Kimsooja produit des œuvres (vidéo, installation, photographie, performance…) caractérisées par le calme, la poésie, le sentiment méditatif et l’universalité qu’elles dégagent. Située à New York depuis 1999, avec le projet actuellement de venir s’installer à Paris, l’artiste développe une réflexion autour des questions d’identité, d’exode, de nomadisme, du devenir et du rôle de l’individu dans la société.

  • Hôtel d'Albret (31, rue des Francs-Bourgeois). Mixant histoire personnelle, sujets populaires et objets du quotidien, Vincent Olinet (né en 1981) développe un œuvre entre dessin, sculpture, installation et photographie. Pour Nuit Blanche, Vincent Olinet plante dans la cour de l’Hôtel d’Albret un bien drôle d’arbre. Si son écorce et ses branches sont recouvertes de moquette, sa floraison est elle, bien réelle. Ainsi l’œuvre à chaque fois différente, incorpore le passage du temps qui flétrit la fraîcheur des éléments végétaux à mesure que la nuit avance.…

  • Notre-Dame-de-Paris. Sylvie Fleury investit la cathédrale avec Cristaux, une œuvre très largement reformulée pour le cadre majestueux de l’immense cathédrale gothique. Disposés à travers l’édifice, des cristaux lumineux évoquent entre autres un chemin de croix, l’illumination de la foi ou le chatoiement coloré de vitraux, proposant un nouvel itinéraire dans ce haut lieu de la spiritualité chrétienne.

  • À l’échelle de l’église Saint-Roch, Dominique Petitgand (né en 1965) propose une installation sonore qui prend corps au gré des déambulations et découvertes successives du visiteur. Distribués dans différentes parties de l’église, un ensemble de douze haut-parleurs installent plusieurs plans sonores auxquels s’ajoutent des phrases entrecoupées de silence provenant du treizième haut-parleur situé dans la chapelle terminale.

  • Centre Pompidou. Le pot est, depuis longtemps, un objet familier pour Raynaud : précisément depuis 1962 lorsque, par un geste spectaculaire et radical, l’artiste remplit de ciment un pot de fleurs, le peint en rougeet l’expose. Le Pot doré de Jean-Pierre Raynaud qui trône sur son socle devant l’entrée du Centre Pompidou s’envole au cours de cette Nuit Blanche pour gagner la terrasse, au 6e étage du bâtiment. Une opération exceptionnelle avec en prime l’ouverture  gratuite des collections du musée et de l’exposition « elles@centrepompidou ».

  • Espace Blank (15, passage Sainte-Anne Popincourt - Paris 11). L’un, Roman Signer, est suisse et internationalement reconnu. L’autre, Pauline Bastard, française et fraîchement arrivée dans le monde de l’art. Tous deux s’ingénient à orchestrer des expériences drôles et déroutantes. Un face à face proposé par les commissaires Celia Cretien et Mélanie Mermod.


Nuit Blanche 2009 en avant-première


> Lire la suite : Rive Gauche, Quartier latin


Signe fort, Nuit Blanche 2009 veut abolir la frontière caduque du périphérique en affirmant son inscription dans le Paris Métropole avec la participation pleine et entière de Clichy la Garenne, Gentilly, Nanterre, Les Lilas, Saint-Denis, Saint-Ouen-l’Aumône, Aubervilliers, Arcueil et Romainville. À l’étranger, poursuivant son élargissement international, Nuit Blanche voit cette année la ville d’Amsterdam rejoindre le réseau Nuits Blanches Europe et la ville de Tel Aviv participer à Nuit Blanche dans le monde.

 

 

Par Paddythèque - Publié dans : Art contemporain à Paris
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Samedi 3 octobre 2009 6 03 /10 /Oct /2009 10:44

Confiée à Alexia Fabre, conservateur en chef du MAC/VAL et Frank Lamy, chargé des expositions temporaires dans cette même institution, la direction artistique de Nuit Blanche 2009 met l’accent sur les arts plastiques contemporains, sans exclure les autres formes artistiques. Au programme, « de la fantaisie, du rêve, de l’imaginaire ; de la profondeur, de la gravité, de la réflexion ; de la poésie, de l’intimité, de la nostalgie. »

 

Conçue à l’échelle de la promenade, la manifestation s’articule selon trois parcours (Buttes-Chaumont, Châtelet Marais et Quartier Latin), reliés entre eux tout au long de la nuit dans le cadre d’un partenariat avec la RATP (renforcement des Noctiliens ; ouverture nocturne de la ligne 14 et, cette année, de la ligne 11).


1. Au nord autour du Parc des Buttes-Chaumont


  • Au 104 : Projection de vidéos. L’artiste britannique Fiona Banner (née en 1966) - nominée pour le Turner Trize en 2003 - présente son projet All the World’s Fighter Planes (2005-2006), basé sur la collecte de coupures de journaux montrant des avions de chasse militaires. La collection d’images défile une heure durant ; une bande-son propose une compilation de musiques de films de guerre et accompagne le passage en revue méthodique des ces engins de mort aux reflets métalliques et au profil acéré.
    Cécile Paris diffuse Bianca (2001, collection du MAC/VAL) montrant un skater de dos, habillé de blanc qui file dans la nuit sur une route de campagne, éclairé par les phares d’une voiture.
    A Voyage in Dwelling de Jesper Just présente un personnage dont les émotions se traduisent en écho avec différents espaces, jusqu’à un point de renaissance métaphorique.
    The Shape of Things, vidéo de 2008 d’Oliver Pietsch se découpe en trois séquences : l’endormissement, le rêve et enfin le réveil. Mêlant images couleurs et noir et  blanc, séquences plus ou moins grotesques ou oniriques, le film installe une tension née d’enchaînements, d’associations inattendues…

  • Au Parc des Buttes Chaumont. L’artiste écossais Nathan Coley (né en 1967) réactive pour Nuit Blanche trois pièces existantes. Dans la partie boisée du parc, il dresse trois échafaudages monumentaux. Fixées sur des structures métalliques, des ampoules électriques à l’allure désuète adressent des messages lumineux aux spectateurs. Laconiques, lapidaires, ces sentences « THERE WILL BE NO MIRACLES HERE » (Il n’y aura pas de miracles ici), « WE MUST CULTIVATE OUR GARDEN » (Il faut cultiver notre jardin) ou « GATHERING OF STRANGERS » (Rassemblement d’étrangers) entrent en résonance avec le lieu et l’imaginaire de chacun.
    Dégringolant du haut de la butte, des parapluies rouges abandonnés dans l’herbe symbolisent un champ de coquelicots. Autour du lac, des disques d’or parsemés sur la pelouse figurent un magnifique champ de tournesols. Voguant sur l’eau des petits bateaux en papier éclairés par un luminon rouge, portent chacun le nom d’un poète, d’un artiste, d’un révolutionnaire. Le bassin tout entier s’apparente à une immense cocarde tricolore grâce à des Starlights clignotant sous la surface de l’eau. Cinq jeunes gens déambulent inlassablement autour du lac, portant à l’épaule un gros ghetto Blaster qui diffuse dans toutes les langues les chants de tous les espoirs depuis 1789. Autour des buvettes où l’on trouve café chaud, barbes à papa et marrons brûlants, des guirlandes électriques multicolores donnent un air de fête au parc métamorphosé par l’artiste français Noël Dolla (né en 1945) et ancien membre du mouvement Supports/Surfaces.
    Mixant histoire personnelle, sujets populaires et objets du quotidien, Vincent Olinet (né en 1981) présente Ma fête  foraine, avec des fanions triangulaires et des guirlandes d’ampoules de couleurs vives...
    Pour sa première présentation en France, Rune Guneriussen plante des bouquets de lampes de bureau sur la pelouse du parc des Buttes-Chaumont. Chinées par l’artiste lui-même, ces lampes au design des années 70 nous sont éminemment familières même si chacune véhicule sa propre histoire. Leurs faisceaux lumineux font surgir de l’obscurité des détails fantomatiques dans un climat à la fois intime et spectaculaire de clair-obscur.

  • Sur la place Stalingrad. Priscilla Monge (née en 1968 à San José au Costa Rica où elle vit toujours) présente une pièce créée précédemment pour la Biennale de Liverpool en 2006 : un terrain de foot à la pelouse verte invite chacun à shooter dans le ballon. Mais la surface volontairement accidentée du terrain rend la partie impossible et les règles du jeu inapplicables...
  • L'artiste Guillaume Richard propose une nouvelle version de son installation de 2004, devant la Rotonde de Ledoux, où passe la ligne 2 du métro aérien. Grâce à la lumière, il matérialise les interactions invisibles entre le passage des rames de métro et le monument qui tourbillonne et vibre au rythme de la ville

  • Au gymnase Jean Jaurès, Claude Closky projette sur le sol trois photos cadrées par des barrières de concert, provenant du Air Guitar, ces compétitions fondées sur des interprétations simulées de guitare électrique. Tournant sur elle-même comme un vinyle, chaque projection entraine une bande son...

  • Dans l'espace sportif Pailleron. En un geste un brin iconoclaste, Pierre Ardouvin (né en 1955) porte sa marque sur ce centre sportif très fréquenté du quartier :des éclairs dans la nuit fissurent l’espace de la piscine, ces failles lumineuses suivent un parcours en ligne brisée, élément perturbateur et décalé, entre apparition, rêve et fantasme...
    Intrigante, fascinante s’il en est, grande machine lumineuse, Le plongeon (2003, collection du Fonds municipal d’art contemporain) de Xavier Veilhan, trouve dans la patinoire de l’espace Pailleron un cadre idéal. De près l’image semble abstraite, de loin elle montre la silhouette d’une nageuse. De jour, l’œuvre semble bi-dimensionnelle comme un tableau. De nuit, elle prend une troisième dimension. Glanée lors d’un entraînement de l’équipe nationale féminine junior de plongeon, la séquence filmique muette est transposée sur une trame faite de milliers d’ampoules jouant le rôle de pixels.

  • Sur le bassin de la Villette, le collectif d'architectes LABOR/DUR fait flotter un intrigant vaisseau prisonnier d’une gigantesque bouteille. Invitation au voyage, message jeté à la mer, clin d’œil au kitsch et à l’art populaire…

  • Sur le bassin des Recollets, au bord du Canal Saint Martin, Nino Comba dispose une trentaine de cannes à pêche. Des pêcheurs d’une nuit lanceront des lignes en fibres lumineuses, dessinant de souples arabesques dans l’obscurité...

  • Au Plateau / Frac Ile-de-France. Ancrées dans la vie du quartier et réalisées avec la participation de ses habitants, les œuvres de Michel Blazy et Valérie Jouve sont le fruit d’un programme lancé par le Frac Île de France. Repérages est un film collectif réalisé par Valérie Jouve autour de la place des Fêtes. Safari urbain - la vie des plantes d’intérieur de Michel Blazy est une collecte de témoignages incongrus de propriétaires de plantes vertes.


Nuit Blanche 2009 en avant-première


> Lire la suite : Quartier Châtelet/Marais


Signe fort, Nuit Blanche 2009 veut abolir la frontière caduque du périphérique en affirmant son inscription dans le Paris Métropole avec la participation pleine et entière de Clichy la Garenne, Gentilly, Nanterre, Les Lilas, Saint-Denis, Saint-Ouen-l’Aumône, Aubervilliers, Arcueil et Romainville. À l’étranger, poursuivant son élargissement international, Nuit Blanche voit cette année la ville d’Amsterdam rejoindre le réseau Nuits Blanches Europe et la ville de Tel Aviv participer à Nuit Blanche dans le monde.

 

 

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Vendredi 2 octobre 2009 5 02 /10 /Oct /2009 12:00

En préambule à la FIAC, le 20 octobre à 22h, Fabien Giraud et Raphaël Siboni (représentés par la galerie Loevenbruck) organiseront un gigantesque feu d’artifice de 800 bombes tiré en une seule fois.



Dans le cadre des projets extérieurs aux Tuileries, 800 bombes placées sur 10 cibles de lancement seront tirées dans la même seconde provoquant un énorme flash et une déflagration exceptionnelle.

« Soit un feu d’artifice complet, tiré en une fois, de telle sorte qu’il n’y ait qu’une seule détonation. Une seule déflagration assourdissante. Un quart d’heure de spectacle se contracte ici en un seul tir, se condense en une seule seconde, et les motifs multicolores fusionnent jusqu’à ne plus former qu’un seul flash aveuglant. » (Fabien Giraud et Raphaël Siboni)


[Visuel : Fabien Giraud et Raphaël Siboni, Sans titre (feu d’artifice instantané). Courtesy Galerie Loevenbruck, Paris]
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