« Ceci n’est pas un Casino ! » Certainement aucune autre phrase n’a été prononcée aussi souvent que celle-ci en relation avec le Casino Luxembourg – Forum d’art contemporain. Finalement, qui ne pourrait se tromper quant à la fonction du bâtiment à la lecture de ce nom ?
L’exposition donne le ton dès son titre et brouille les pistes en présentant des pièces traitant justement de la thématique du... jeu ! Chaque œuvre se présente
telle une invitation au divertissement, mais une réalité persiste : l‘impossibilité de jouer.
« Ceci n’est pas un Casino ! » reproduit la frustration éprouvée par les visiteurs qui s’attendaient à trouver des jeux de fortune. Un prétexte qui pourrait facilement donner lieu à une exposition de plus qui traiterait de la relation entre l’art et le jeu. Ici, cependant, c’est le double tournant et la frustration qui l’emportent.
L’art et le jeu, cités ensemble fréquemment dans la critique d’art récente, sont en effet des pratiques proches : toutes deux nécessitent (ou incarnent, même) la liberté de l’esprit d’un côté, et un énoncé de règles bien précises de l’autre. Toutes deux ont tendance à poser des oppositions binaires entre lesquelles des significations, des symboles et des émotions peuvent éclore – à l’image d’un but qui a été marqué ou non, irrévocablement, mais qui donne lieu, à lui tout seul, à de multiples réactions diverses et intenses chez toutes les personnes impliquées (athlètes, juges-arbitres, spectateurs, commentateurs, téléspectateurs). Cette relation entre le binaire et l’analogique est propre au jeu et trouve son miroir dans les techniques artistiques utilisées dans les œuvres.
Un côté participatif est bien présent. Le visiteur, devenu joueur, se voit spontanément incorporé dans l’exposition, frustrations et subversions comprises. Est-ce qu’on se joue de lui ?
Seize artistes - Pierre Ardouvin, Robert Barta, Patrick Bérubé, Marc Bijl, Hermine Bourgadier, Antoinette J. Citizen, Courtney Coombs, Jacob Dahlgren, Paul Kirps, Walter Langelaar, Annika Larsson, Ian Monk, Laurent Perbos, Letizia Romanini, Stéphane Thidet et Olaf Val - offrent leurs approches, choisies selon les règles de ce Casino qui n’en est pas un. Plusieurs d'entre eux présentent des productions in situ spécialement réalisées pour l’exposition.
Pour pousser l’ambiguïté à son comble, le 15ème anniversaire du Casino Luxembourg en tant que lieu d’exposition, est, et n’est pas, le prétexte de « Ceci n’est pas un Casino ». L’exposition
n’a rien d’une rétrospective et la référence historique n’est présente que dans son approche thématique. Par contre, le geste rétrospectif s’exprime plus ouvertement dans le catalogue, qui,
outre une introduction sur l’exposition par les commissaires Jo Kox et Kevin Muhlen, contient des textes sur :
- l’histoire du bâtiment et ses multiples usages, signés Marc Jeck, Paul Reiles et Didier Damiani ;
- une étude sur le jeu par le docteur en psychiatrie Paul Rauchs ;
- et une analyse du ludique dans l’histoire de l’art par Bettina Steinbrügge, historienne de l’art.
[Visuel : Stéphane Thidet, Sans titre (je veux dire qu'il pourrait très bien, théoriquement, exister au milieu de cette table [...]), 2008. Billard, plafonnier, matériaux divers. 200 x 400 x 180 cm. Courtesy l'artiste ; galerie Aline Vidal, Paris]
A travers une quinzaine de pièces phares, la galerie parisienne Didier Aaron montre à la foire de design de Bâle que le XVIIIe siècle français et européen a profondément influencé la conception des meubles à la fin du XIXe siècle et le design des XXe et XXIe siècles.
Parmi ces
pièces de mobilier uniques en leur genre trône ce secrétaire violoné de Jean-François Oeben réalisé vers 1760 à Paris. Cette forme particulière dite « violonée » caractéristique du style
Rocaille (époque Louis XV) n’était jamais apparue avant cette date. Elle a été inventée par l’un des grands ébénistes du XVIIIe siècle, puis elle a inspiré André Groult dans les années 1925
pour la création du fameux chiffonnier anthropomorphe, désormais au musée des Arts Décoratifs de Paris, pour donner naissance plus récemment en 1987 au chiffonnier « Pod of Drawers » réalisé par Marc Newson à Sidney.
Autre exemple reflétant le talent des créateurs français du XVIIIe siècle, qui sont à la source du design contemporain, une paire de fauteuils curule d’époque Directoire, dont la forme particulièrement originale tout en courbes va influencer dès le XIXe siècle les bois courbés des Thonet, puis plus tard Marcel Coard et enfin Mies Van der Rohe.
C’est également le cas pour une table-console en fer forgé d’époque Louis XVI préfigurant les meubles en fer de créateurs tels que Poillerat, Brandt, Subes et même Dubreuil.
Une présentation muséale
Dans un décor signé Jacques Grange, la galerie Didier Aaron met en lumière cette confrontation entre les époques et les grands courants d’inspiration qui président à la réalisation de pièces de mobilier d’une rare beauté, reflétant la capacité d’invention de ceux qui les ont créées.
Les pièces sont disposées sur des podiums alternant les pleins et les déliés et découpés selon les formes abstraites, rondes et lisses du peintre Jean/Hans Arp. Tout est blanc, tout concourt à
créer un univers sensuel et organique, incitant le visiteur à une déambulation poétique et permettant d’apprécier en direct les formes, les techniques et les matériaux de ces pièces uniques.
A l’heure où les frontières s’estompent entre art, architecture et design, la galerie Didier Aaron, réaffirme ainsi, par sa présence à Bâle, sa volonté de décloisonner les traditions et sa
détermination à intégrer pleinement le XVIIIe dans l’univers des collectionneurs d’art et de design contemporain.
Au printemps 2010, à Art Brussels et dans sa galerie, Xavier Hufkens met plein feux sur le sculpteur David Altmejd, qui représentait le Canada à la Biennale de Venise 2007 et qui vient de recevoir le Sobey Art Award, décerné en Nouvelle Ecosse aux jeunes artistes canadiens émergents.
Du 23 au 26 avril, Xavier Hufkens crée l’événement à Art Brussels (stand 1C-03) en présentant David Altmejd qu’il expose
simultanément dans sa galerie et ce, jusqu’au 29 mai. Au 6-8 rue Saint-Georges à Bruxelles, on retrouve ainsi les étonnantes installations et créatures fantastiques en mutation du sculpteur
canadien David Altmejd, le temps de cette exposition personnelle intitulée « Le Guide ».
L’exposition « Le Guide » présente les récents travaux du sculpteur canadien : de grandes boîtes en plexiglas qui contiennent des créatures hybrides, tout droit sorties de sa mythologie personnelle, entre sciences et science-fiction.
L’artiste explique : « J’ai toujours été très intéressé par la biologie, et plus spécifiquement par le corps, à travers l’idée de développement et de transformation, et la circulation d’énergie via le système nerveux ».
Aussi a-t-il conçu ces grandes boîtes enfermant des créatures qui semblent capturées en apesanteur pour que l’on puisse en détailler le complexe entrelacs de fils, chaînes et câbles qui matérialisent leur présence. En démiurge cybernéticien, il s’attache à l’infiniment petit pour montrer la structure d’animaux fantasmés comme s’il s’agissait d’une radiographie. De cette finesse d’exécution microscopique émane une grandeur, celle d’une énergie vitale qui ne demande qu’à se déployer.
La Galerie Xavier Hufkens
Située à Bruxelles, la Galerie Xavier Hufkens représente une trentaine d’artistes internationaux, de générations diverses, auxquels elle offre une vitrine dans sa galerie ou sur des foires internationales telles que la Fiac, Art Basel Miami Beach, Art Forum Berlin…Et du 16 au 20 juin 2010, Xavier Hufkens participera à Art 41 Basel.
Xavier Hufkens a ouvert sa première galerie en octobre 1987, dans un ancien entrepôt de Bruxelles. Au cours de ses premières années d’existence, sa galerie s’attache à présenter les artistes émergeant alors, comme Félix Gonzalez-Torres, Antony Gormley…
Dans les années 90, la galerie commence à exposer des artistes belges et internationaux plus établis, tels que Thierry De Cordier, Michelangelo Pistoletto, Richard Artschwager, Michel François… auxquels s’ajoutent également Louise Bourgeois, Daniel Buren, Robert Mapplethorpe, pour ne citer qu’eux. Parmi la nouvelle génération que Xavier Hufkens s’attache à défendre, citons Cris Brodhal, ou encore deux artistes de la scène américaine de Los Angeles : Sterling Ruby et Thomas Houseago.
Du 5 juin au 17 juillet 2010, la Galerie Xavier Hufkens consacrera une exposition personnelle à Jan Vercruysse.
[Visuel : David Altmejd, Untitled, 2009, Plexiglas, chain, thread, beads, acrylic paint, 89 1/2 x 66 x 123 1/2 inches (227.3 x 167.6 x 313.7 cm) © David Altmejd, Photo by Jason Mandella, Courtesy Xavier Hufkens, Brussels]