Art contemporain


>> La Paddythèque suit l'actualité de plus de trois cents lieux d'art contemporain situés à Paris intra-muros. Des galeries, des institutions, ainsi que des espaces alternatifs et tendances. Afin de faciliter les recherches, elle ouvre un index alphabétique :

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Lors de la conférence « Métiers des relations culturelles internationales » (organisée au Centre Panthéon par l'IUP des Métiers des Arts et de la Culture), Marie-Charlotte Bolot - conseillère d'Olivier Poivre d'Arvor, directeur de l'AFAA – s'exprime sur l’Association Française d'Action Artistique.

Objectifs : L’AFAA est une association essentiellement financée par le Ministère des Affaires étrangères et le Ministère de la Culture et de la Communication. Son statut lui permet d’opérer avec une très grande souplesse (et ainsi de répondre à ce que l’administration traditionnelle ne peut pas faire). Elle remplit essentiellement trois missions :
- la promotion de la création contemporaine française à l’étranger. Très souvent, le marché français est insuffisant pour ses artistes : ex. quelques chorégraphes - de renommée internationale (Maguy Marin...) - réalisent 60% de leur chiffre d’affaire à l’étranger.
Les centres culturels disposent de tarifs préférentiels pour diffuser des films français et européens.
- l’accueil des cultures étrangères en France dans le cadre exclusif des « Saisons » : des commandes publiques, organisées en partenariat avec des commissariats indépendants.
- la mise en valeur de la création africaine contemporaine dans le monde. Depuis que le Ministère de la Coopération a été absorbé par celui des Affaires étrangères, ce dernier s’occupe du Département « Afrique en création ».

Formation pour y rentrer : dans le secteur culturel, il n’a guère de formations initiales. L’apprentissage se fait souvent sur le tas (contrairement au secteur consulaire). Les attachés culturels se voient offrir quinze jours de formation : découverte des principaux services pendant une semaine, puis apprentissage pratique (ex. comment placer et vendre des feuilletons français à l’étranger ?).

La plupart des directeurs de centres culturels sont issus de l’Enseignement Nationale. Il y a trente ans, ils représentaient 80-90% de l’effectif. Actuellement, leur nombre diminue (ils restent toujours majoritaires : environ 60%) - ils sont concurrencés par les responsables artistiques (directeurs artistiques, de troupe…). Les conseillers culturels, quant à eux, proviennent essentiellement du secteur administratif.

Problèmes de budget : Depuis la grosse crise de 2003 (importants gels budgétaires), la situation semble se stabiliser. Malheureusement, elle n’est toujours pas rose puisque nous assistons toujours à une diminution du budget de fonctionnement (plusieurs emplois ne sont pas renouvelés). Pour limiter les frais, l’AFAA a de plus en plus recours à des partenariats avec des pays européens. Ex. centres germano-français au Chili et à Ramallah (réunion du Goethe Institut et du Centre culturel français).

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Rencontre avec Jean-Luc Moulène en compagnie de Catherine Millet, écrivain et directrice d’Art Press, et Régis Durand, directeur du Jeu de Paume.


Depuis sa présentation au Centre National de la photographie en 2003, Jean-Luc Moulène a produit de nombreuses œuvres dispersives. L’exposition - proposée par le Jeu de Paume - tente de synthétiser ces nouveaux apports. Tour rapide du lieu : la première pièce est articulée autour du corps, la suivante autour des règnes animal et végétal (documents poétiques comme « Pierre germée »…). Un peu plus loin, le visiteur découvre une salle de dessins (préparatifs aux photos) et une autre sur des objets (trouvés dans la rue ou dans les boutiques, puis photographiés sur un fond neutre : sandale, ongles, boîtes de conserve…). Il arrive ensuite dans la salle panoptique (treize photos de prostituées nues dont le regard converge vers nous) et termine son parcours dans la « salle des personnes
» (Jeanne Balibar…).

Pour documenter cette exposition, Régis Durand réalisa trois entretiens avec Jean-Luc Moulène. Ce média fut privilégié au catalogue - considéré dans de nombreux cas comme inutile (très souvent, il est cher et mal diffusé). Réalisés mensuellement, ils nous fournissent des indication sur le processus de l’exposition. Le premier est, en partie, axé autour de l’idée de « centralité des institutions de l’Etat ». Nous y découvrons également des réflexions sur le langage (très important dans la démarche de l’artiste) et l’obscénité (avec des fragments de textes de Bataille…).

Pour Catherine Millet, la salle centrale est de loin la plus attractive. Les photos des « Filles d’Amsterdam » ne sont guère rattachables à une quelconque production antérieure : elles ne sont ni pornographiques (bien que ?), ni érotiques, ni froides (comme l’imagerie médicale). Peut-on les rattacher à la photo plasticienne ? La réponse n’est pas évidente... En tous cas, elles sont séduisantes et jouent avec notre sensibilité. L’artiste nous place dans une situation de dualité : allons nous regarder le visage ou le sexe de ces femmes (volontairement placés au même niveau par l’artiste) ? Trouble qui nous amène à nous poser des questions d’ordre moral : comment regarder ces photos ? Comment les autres visiteurs vont-ils percevoir mon attitude ? Si certains groupes ont du mal à s’approcher des photos (ce fut par exemple le cas avec un groupe d’étudiants en économie qui resta longtemps au centre de la pièce), d’autres visiteurs opèrent un véritable chemin de croix, regardent intensément les corps, sont perturbés par les cicatrices…

Pour Jean-Luc Moulène, cette série pose une question cruciale : est-ce qu’un corps peut-être un produit ? Sans chercher à provoquer ou choquer, l’artiste tente - à travers un réalisme de type travail documentaire - de nous montrer une certaine violence quotidienne (loin de celle organisée et qui mène à la barbarie).

Toujours selon Moulène, les treize portraits grandeur nature produisent une « présence spirituelle » (découverte lors de l’accrochage). Assez proches des figures primitives, ces corps introduisent un « sacré parfaitement laïc ».

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Hommage posthume rendu au commissaire d’exposition Harald Szeemann qui - pendant près d’un demi-siècle - organisa artistiquement le monde en promouvant des inconnus, des méconnus et des oubliés.


Dès la fin de ses études d’histoire de l’art, d’archéologie et de journalisme, le jeune Harald Szeemann (né à Berne en 1933 et mort le 18 janvier 2005) se fait remarquer par son esprit à la fois libre, ouvert et indépendant. Doté d’une forte personnalité, il apparaît comme un « rebelle » (terme de Thomas Hirschhorn), un « cochon à truffe » (comme il aimait à se définir), proche des artistes et passionné par son activité. Très respectueux des œuvres, il ne les dénaturait jamais et s’acharnait à les placer sous un angle optimal pour dévoiler toute leur intensité.

Parmi les principales dates qui ont jalonné sa carrière, Michel Ritter souligne :
1957 : « Peintres Poètes / Poètes Peintres » (Saint-Gall, Suisse), sa première expo en tant que commissaire. Un hommage à Hugo Ball.
1961 : Directeur de la Kunsthalle de Berne.
1969 : « Quand les attitudes deviennent formes » (Kunsthalle de Berne), célèbre exposition montée en 3 mois. Face à l’incompréhension des institutions, il décide de travailler en freelance.
1970 : « Happening and Fluxus » (Cologne) mettant en avant les actionnistes viennois.
1972 : Promu commissaire de la documenta 5 (Kassel).
1975 : Concept du « musée des obsessions » : les expositions sont vues comme des machines célibataires.
1991 : commissaire d’exposition indépendant à Zürich.
1997 : 4ème Biennale de Lyon sur l’Autre.
1999 et 2001 : Biennales de Venise.
2005 : « La Belgique visionnaire. C'est arrivé près de chez nous » (Musée des Beaux Arts de Bruxelles, 8/02-15/05/05).

Réalisé en 1969 - à l’occasion de l’exposition « Quand les attitudes deviennent formes » - le documentaire éponyme de Marlène Belilos constitue un remarquable témoignage. Harald Szeemann y explique que l’idée de présenter des actions directes lui vint après avoir entraperçu un artiste arroser du gazon sur une table [note : depuis 1966, plusieurs artistes cherchent à s’éloigner de la géométrie et - par le biais d’actions très simples - donnent plus d’importance aux matériaux]. Parmi les artistes présentés : Lawrence Weiner (qui détachait le plâtre d’un bout de mur d'un mètre carré) et Beuys (qui travaillait avec des cubes de saindoux et un magnétophone diffusant une litanie « nenenene... yayayayaya …»).


Quelques liens :
— Fiche sur le Centre culturel suisse 

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