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Art contemporain à Paris

Jeudi 27 août 2009 4 27 /08 /Août /2009 11:01

Pour ses dix ans, le festival @rt Outsiders (Maison européenne de la Photographie, du 9 septembre au 11 octobre 2009) se penche sur les environnements extrêmes.


Les « environnements extrêmes » désignent les milieux jusqu'à présent « inhabités » par les êtres humains, et que la technologie et la science contemporaines nous rendent « habitables » (Antarctique, environnement subaquatique, espace extra-terrestre, déserts), mais aussi ceux qui deviennent « inhabitables » par nos actions et modes de vie (pollution, accidents technologiques, impératifs économiques et réchauffement climatique).


L'exposition « (In)Habitable ? L'art des environnements extrêmes » présente une dizaine d'œuvres explorant - dans l'imaginaire comme dans la réalité, dans le champ du politique, du social, de l'écologie et dans celui du poétique - ce que signifie « habiter l'extrême » mais aussi comment « l'extrême » aujourd'hui, nous habite.

 

Artistes et œuvres :

  • Howard Boland & Laura Cinti (Royaume Uni), The Martian Rose, 2007, installation mixed media, nouvelle édition pour @rt Outsiders 2009.
    > Dans une pure approche poétique, The Martian Rose nous renvoie à l’aspect mortifère de l’espace. Pour les artistes, l’oeuvre incorpore l’idée romantique d’offrir une rose à la planète Mars et sa rencontre avec un climat extrême, un rendez-vous entre la science et la culture.

  • Anne Brodie (Royaume Uni), Antarctica, a Choice? Rothera Collection, 2007, installation mixed media.
    > Qu’évoque l’Antarctique pour vous ? La question fut posée par l’artiste aux résidents, scientifiques et équipe logistique, de la base britannique Rothera avec l’invitation de mettre, anonymement, dans de petits flacons en verre, ce qui à leurs yeux représentait le mieux leurs sentiments à l’égard du continent.

  • Peter Cusack (Royaume Uni), Sounds from Dangerous Places, Chernobyl, 2006-2009, installation sonore et visuelle, version originale pour @rt Outsiders 2009.
    > Un enregistrement de sons dans divers endroits à, et autour de, Tchernobyl, accompagné de photographies de ces mêmes lieux. Une campagne bucolique avec pépiements d’oiseaux et fleurs des champs contraste avec la violence de l’invisible radioactivité crépitant dans le compteur Geiger.

  • Stephen Eastaugh (Australie), Antarctic Sculpture Garden, 2003, photographies.
    > En 2003, artiste en résidence sur la base australienne antarctique de Davis Stephen Eastaugh réalise un jardin de sculptures à partir de matériaux au rebut, trouvés sur place. @rt Outsiders présente un ensemble photographique de ce « jardin » qui fait référence à l’environnement avec un iceberg (Headhome-Berg), une tente polaire (Headhome-Polar Tent), un container-habitation (Headhome Bonsai Donga) et un panneau indiquant Everysomewherever (Partout Nulle Part).
  • Shiro Matsui (Japon), EP04 Dewey's Forest, 2009, installation mixed media, version originale pour @rt Outsiders 2009.
    > Un jardin conçu pour l’apesanteur. Une expérimentation de ce jardin devrait rejoindre la Station Spatiale Internationale à l’automne 2009, en collaboration avec JAXA, l’Agence Spatiale Japonaise.

  • Connie Mendoza (Chili/Espagne/Allemagne), Numerical Desert, 2008, photographies, production et première exposition @rt Outsiders 2009.
    > Une œuvre sur la mémoire et l'image, la science et l'intime. La mine, à proximité de laquelle est née l'artiste, est le déclencheur de souvenirs évanescents, d'images mentales liées à l'exil ; ALMA produit des images numériques des premiers temps de l'univers.

  • Hu Jie Ming (Chine), Altitude Zero, 2003, installation interactive.
    > Au travers d'un hublot, la mer avec en toile de fond une ville qui déploie ses gratte-ciel. Une mer pure, magnifique, imposante. Le spectateur est attiré par cette fenêtre sur l'océan et la ville à découvrir. Lorsqu'il s'approche, un monceau de déchets flotte alors entre deux eaux.
  • Forrest Myers (Etats-Unis), Moon Museum, 1969, tuile de céramique, dessins de Forrest Myers, John Chamberlain, David Novros, Claes Oldenburg, Robert Rauschenberg, Andy Warhol.
    > Juillet 1969 : le rêve d’aller sur la Lune devient réalité. Forrest Myers invite alors des artistes à créer une oeuvre pour notre satellite naturel. Robert Rauschenberg dessinera une ligne droite ; David Novros, un carré noir ; Claes Oldenburg, Mickey Mouse ; Andy Warhol transformera les initiales de sa signature en pénis ; John Chamberlain, un masque similaire à ceux utilisés pour peindre avec de la laque pour voiture et Forrest Myers, un dessin par ordinateur. Les dessins seront miniaturisés sur une tuile de céramique (1,9 cm x 0,60 cm) par des ingénieurs de Bell Labs (Billy Klüver, Fred Waldhauer et Robert Merkle, membres d’E.A.T. Experiment in Art and Technology) dont un exemplaire sera fixé sur le pied du LEM (module d’alunissage) de la mission Apollo 12 de novembre 1969
  • Lucy + Jorge Orta (France/Royaume Uni/Argentine), Antarctic Village-No Borders ; Antarctic Village-No Borders Drop Parachute ; Antarctica World Passport Delivery Bureau ; Antarctica World Passport Citizenship Database, 2007-2009, vidéo, installation, performance, œuvre en ligne.
    > Lucy et Jorge Orta réalisent Antarctic Village – No Borders sur la base argentine de Marambio sur la péninsule antarctique. Ils y installent un village provisoire de cinquante tentes sur lesquelles ils ont cousu des gants, des vêtements, des drapeaux de différentes nations. Ils y ont également sérigraphié leur proposition d’un amendement à l’article 13 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme qui stipule que tous les individus ont le droit de se déplacer librement, indépendamment des frontières nationales et de quelque forme de discrimination que ce soit. Symboles des réfugiés, des immigrés, des sans-papiers, ces tentes sont aussi une référence à l’Antarctique comme terre commune.
  • Bradley Pitts (Etats-Unis), Singular Oscillations, 2008-2009, photographie.
    > Bradley Pitts effectue en 2008 un vol parabolique au Centre d’Entraînement des Cosmonautes Youri Gagarine près de Moscou. Nu, les yeux fermés, les oreilles protégées des sons extérieurs, il explore les sensations corporelles et mentales provoquées par l’apesanteur.

  • Andrea Polli (Etats-Unis), Sonic Antarctica, 2007-2008, installation sonore et vidéo, version originale pour @rt Outsiders 2009.
    > Des enregistrements de sons naturels et techniques prélevés sur le terrain ; des sonifications de données scientifiques ; ainsi que des entretiens avec des météorologues et des spécialistes du climat.

  • Catherine Rannou (France), Colonisation 2041 et Balises numériques 32Ko, 2009, installation mixed media et œuvre en ligne, créations @rt Outsiders 2009.
    > La trace et l'écho du voyage-séjour de Catherine Rannou en Antarctique d'octobre 2008 à février 2009.

  • Ana Rewakowicz (Canada/Pologne), SleepingBagDress Prototype II, 2004-2005, installation mixed media et vidéo.
    > Une robe qui se transforme en tente. Munie de panneaux solaires et d’un petit ventilateur, elle devient ainsi un habitat autonome.

  • Yang Yi (Chine), Uprooted, 2008, photographies.
    > Une ville fantôme, des bâtiments s'écroulant à demi détruits, et, au milieu, des personnages vaquant à ce qui ressemble à des occupations quotidiennes : les images sombres de Yang Yi superposent ce qui reste de Kaixian, sa ville, vieille de 1800 ans d'histoire avant son engloutissement par les eaux du fleuve Yangtzé à ses habitants errants dans les décombres avec des masques et tubas. Seules les bulles, émanant de ces derniers témoignent de la disparition de la ville sous les eaux.

 


Une conférence sur les « enjeux géopolitiques des ressources énergétiques de la zone arctique » est organisée, à l'auditorium de la MEP,  mercredi 16 septembre de 18h à 20h.


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Lundi 24 août 2009 1 24 /08 /Août /2009 10:40

Pour la 4ème édition de Slick - du 23 au 26 octobre 2009 au 104 - Cécile Griesmar et Johan Tamer-Morael ont retenu 61 galeries (58 en 2008) offrant un large panorama de la jeune scène artistique française et internationale. Toujours en quête de courants novateurs, la foire confirme son rôle de tremplin pour les jeunes galeries et leurs artistes (parfois moins de 25 ans).


Tenue en marge de la Fiac, Slick - qui se revendique comme la « foire de découvertes en art contemporain » - se veut « inventive, tonique, audacieuse, stimulante et ambitieuse ». Pour y parvenir, elle s'appuie sur quelques galeries qui ont son âge - GPH à Toulouse, Lacen à Paris, ou Elaine Levy à Bruxelles (2006) - ainsi que sur d’autres un peu plus jeunes : les galeries parisiennes Kernot Art, Russian Tea Room ou L.J (2007), Rec ou Hagalleria (2008), ou encore MAM créée cette année à Rouen.

La jeune scène artistique internationale sera bien représentée, venant de : Belgique, Espagne, Pologne, Russie, Allemagne, Danemark, Hongrie, Italie, Japon, Brésil, Etats-Unis, Israël… Et les formes artistiques seront plurielles pour cette 4éme édition : photographie, vidéo, sculptures, dessins, multimédia, gravures, peintures, installations parfois monumentales, performances…



La photographie sera largement présente avec :

  • la galerie Piekary (Pologne) qui possède le plus grand fond de photographie abstraite de l’Est ;
  • la galerie Barnoud (France-Dijon) où la photographie interroge l’histoire de l’art (étonnante interprétation du Penseur de Rodin par Colette Hyvrard, ou les monuments publics revus par Emeka Udemba) ;
  • la galerie Plume (France-Paris) où la photographie interprète le quotidien ; souvent urbain (Gabriel Desplanque, Lorena Diaz, Edouard Plongeon…) ;
  • la galerie Lacen (France-Paris) qui choisit la photographe russe Alexandra Catière, ou encore les corps endormis et lumineusement drapés de Wanda Skonieczny ;
  • ADN Galeria (Espagne-Barcelone) qui présente les installations photographiques incisives de Carlos Aires ;
  • Hagalleria (France-Paris) qui retient les images d’Israël par Didier ben Loulou ;
  • la galerie Sit Down (France-Paris) qui se penche sur les voyages de l’Américain Robert McCabe ;
  • la Russian Tea Room (France-Paris) qui présente les photographes russes Sergey Maximishin (excellent photojournaliste), Oleg Dou (troublants portraits numériques) et Dasha Yastrebova ;
  • la Kernot Art galerie (France-Paris) qui interroge le monde, ses mutations technologiques, avec Maria Rebecca Ballestra et Gayle Chong Kwan ;
  • la galerie Sycomore Art (France-Paris) qui expose Frédéric Nakache qui s’interroge sur la mémoire et l’action du temps ;
  • la galerie Duplex (France-Toulouse) qui présente les photographies de Cédric Cottaz.


Le Street Art sera également bien représenté à Slick avec :

  • la galerie GHP (France-Toulouse), spécialisée en graphisme, référence en jeux vidéo ;
  • la galerie L.J (France-Paris) qui reçoit Alëxone et Olivier Kosta-Théfaine ;
  • la galerie W (France-Paris) ;
  • la Galerie Wilde Gallery (Allemagne-Berlin) qui présente les PISA73 et EVOL mêlant protestation politique et sociale.


On y trouvera également :

  • un projet commun de la galerie Polaris et de la galerie Elaine Levy, avec l’artiste et fashion designer Walter Van Beirendonck (dessin, installation,vidéo) ;
  • des performances parfois monumentales honorant la relation gourmande de l’art contemporain et de la gastronomie ;
  • une table de massage installée à la galerie MT Project où l’artiste Jeanne Truong, en lutte contre le stress qui modifie notre libido, scande « Tu me fais du bien » ; 
  • une scène vouée aux arts vivants et aux pratiques immatérielles ;
  • une salle entièrement dédiée aux projections d’oeuvres vidéo ;
  • des débats et des conférences...


Liste des 61 galeries participantes :

ADN Galerìa, A.L.F.A, Artaban, Galerie Basia Embiricos,  Cynthia Corbett Gallery, Ego Gallery, Elaine Levy Project, Eponyme, Espace à vendre / Le Cabinet, Espace G, Exit art contemporain, Galerie Barnoud, Galerie Charlotte Norberg, Galerie Claire Gastaud, Galerie Dix9, Galerie Dukan & Hourdequin, Galerie Duplex, Galerie d'Ys, Galerie Frederic Desimpel, Galerie Bertrand Grimont, Galerie Iragui, Galerie Issue, Galerie Jacob Paulett, Galerie Kamchatka, Galerie KernotArt, Gallery Kobo Chika, Galerie L.J, Galerie Lacen, Galerie Mai, Galerie Marion Meyer, Galerie Pascal Vanhoecke, Galerie Plume, Galerie Polaris, Galerie Sit Down, Galerie Sollertis, Galerie Suty, Galerie Sycomore Art, Galerie UNA, Galerie Van Der Stegen, Galerie W, GHP, Gist , Galerie Hagalleria, Heart Galerie, JM Arts, JTM Gallery, Kuma Galerie, Léna'Roselli Gallery, Less is More Projects, LN Editions, MAM, MT Projectroom, Piekary Gallery, Porte Avion, Rec Galerie, Russian Tea Room, Studio 55, Tinbox, Trafic Galerie, Virgil de Voldere Gallery et Wilde Gallery.


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Mercredi 19 août 2009 3 19 /08 /Août /2009 09:54
A l'occasion de la FIAC (Grand Palais, du 22 au 25 octobre 2009), la Galerie Le Minotaure rend hommage à l'artiste américain de génie Erwin Blumenfeld. Au travers de cette sélection d’œuvres, les amateurs découvriront notamment des collages/photomontages dadaïstes et satiriques dénonçant le pouvoir et le totalitarisme. Par la suite, du 27 octobre jusqu’à mi-décembre 2009, des tirages photographiques d’époque seront, cette fois, présentés dans les murs de la galerie.


Erwin Blumenfeld

Né à Berlin en 1897 dans la bonne bourgeoisie juive, Erwin Blumenfeld reçoit son premier appareil photo à dix ans. Après le traumatisme de la première guerre mondiale où il part au front comme ambulancier alors que son frère y perd la vie, sa jeunesse se passe entre le rejet de la bourgeoisie dont il est issu et son intérêt pour l’avant-garde artistique européenne. Ami de Paul Citroën et de George Grosz, il s’initie en autodidacte à la photographie, au dessin et au collage.

L’accession de Hitler au pouvoir provoque la chute de son commerce de maroquinerie et, par désœuvrement, il commence à faire poser ses belles clientes devant l’objectif. Le hasard des rencontres et la crise économique lui font bientôt quitter les Pays-Bas pour tenter sa chance à Paris où l’essor de la presse illustrée donne des ailes aux photographes. Arrivé sans passeport, sans argent et sans famille, tirant gratuitement le portrait du Tout-Paris pour se construire une réputation, Blumenfeld parvient rapidement à publier ses photographies dans les meilleurs magazines de l’époque : Arts et Métiers Graphiques, Verve, Vogue, Harper’s Bazaar, Life...

« En 1936–1937, Blumenfeld se procure une tête de veau, un grand tissu de soie et une reproduction en plâtre d’un torse de Vénus. Avec ces éléments, il a tous les ingrédients nécessaires à sa photographie Le Minotaure ou le Dictateur. Il n’a plus besoin d’un portrait pour que son image soit comprise : l’autocrate dramatisé par un éclairage de feux de rampe, évoquant clairement la décadence du pouvoir Romain, pose triomphalement. Mais Blumenfeld dégrade le Minotaure – mi-taureau, mi-homme – il le transforme en un hermaphrodite d’un autre genre, empestant la putréfaction. Ici, dans le contexte de l’année 1937, la présentation du Guernica de Picasso au pavillon espagnol à l'exposition universelle de Paris ainsi que l’exposition d’ "Art Dégénéré" à Munich doivent être rappelés pour mémoire. En 1941, Francis Picabia s'inspire du Minotaure de Blumenfeld pour un tableau à l’huile qu'il appelle L'adoration du veau. Il y ajoute des mains de fanatiques jurant fidélité à un monstre au nez rose. » (extraits du catalogue : texte d’Helen Adkins)

Surpris par la déclaration de guerre, recherché par la police française puis par la Gestapo, prisonnier des camps d’internement pour étrangers, Blumenfeld parvient à quitter la France avec sa famille et trouve refuge à New York accompagnant cette émigration artistique et culturelle qui fuit l’Europe en guerre. Il partage, un temps, l’atelier de Martin Munkacsi avant de s’établir au 222 Central Park South et devient rapidement l’un des photographes les plus reconnus de sa génération, travaillant pour Vogue, Harper’s Bazaar et la publicité.

L'artiste décède à Rome en 1969, quelques semaines après avoir achevé son autobiographie, Einbildungsroman, parue en France sous le titre Jadis et Daguerre.


L'événement conçu par la galerie Minotaure

Le directeur de la galerie Minotaure, Benoît Sapiro, a privilégié les premières années de l’artiste, entre 1916 et 1939 : quand il  dénonçait le régime nazi avec ses photomontages accusateurs ou quand il expérimentait le champ de la création photographique dans la mouvance du Dadaïsme, du Surréalisme.

Créées au cœur d’une période noire de l’histoire, ces œuvres sont toutes d’une extraordinaire force et de grande modernité. Jamais publiées ou exposées par l’artiste, elles constituent plutôt une sorte de journal intime teinté d’humour noir et de sarcasmes, faisant allusion à Hitler, à Charlie Chaplin, au champion de boxe Jack Johnson…


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