Si les sculptures que Latifa Echakhch réalise sont particulièrement élégantes et délicates, le visiteur ne devait toutefois pas
se laisser tromper par cette discrète sensibilité lorsque l‘artiste questionne de vastes sujets comme la culture, la géographie et l’histoire personnelle ou collective. L’artiste explore ces
notions par le biais d’objets, d’images et de situations banals et les replace au cœur d’un débat social et politique. La compréhension de ses œuvres n’est pas immédiate mais devient évidente si
l’on décide de s’y attarder. Le fait de les regarder plus profondément amène fatalement un questionnement sur les certitudes qu’elles semblaient promettre au départ.
« René Caussanel intègre début 2008 ce vaste espace tout neuf et lumineux qui jouxte aujourd’hui la maison d’habitation. Les deux années
précédentes, l’artiste ne disposait d’aucun espace spécifique pour travailler. Il s’était donc contraint à des travaux de petites dimensions. Mais, dès que s’ouvre l’espace, son travail se
déploie. D’abord mesuré dans le choix de la surface à peindre, René Caussanel va très vite prendre l’amplitude de cet espace à investir. Les formats vont grandissant de 2 x 2 m, puis 2 x 4 m, 2 x
6m et jusqu’aux limites imposées par la paroi de l’atelier. La disposition des motifs est d’abord réalisée au sol par juxtaposition de plusieurs lès de papier où l’artiste dessine à grands
traits. Chacun des éléments est ensuite travaillé à la table pour une appréhension plus précise de la matière couleur. Celle-ci se compose par recouvrement successif de jus de gouache : aucune
couleur n’est jamais donnée à priori, mais elle est faite de conjugaisons complexes, de strates brassées qui font qu’un blanc est tout sauf blanc : il est à la fois rouge et bleu, un vert est en
même temps noir et jaune… Les déclinaisons sont infinies et à y regarder de plus près, la teneur monochrome du tableau est engloutie dans un océan d’accidents qui n’a rien à voir avec l’aplat
d’une surface.
Rétrospectivement, cette exposition fait cohabiter l’œuvre la plus ancienne, celle de Jan Josephsz Van Goyen (1596-1656), Le Chêne
foudroyé ou La diseuse de bonne aventure (1638) avec la plus récente, Faire le mur (2008), film de Bertille Bak (née en 1983 à Arras), l’artiste la plus jeune de cette
exposition.