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Art contemporain en province

Dimanche 28 mars 2010 7 28 /03 /Mars /2010 09:24
Du 2 avril au 23 mai 2010, le Frac Champagne-Ardenne présente une exposition personnelle de Latifa Echakhch intitulée « Le Rappel des oiseaux ». A travers cette manifestation, le fonds régional nous prouve que l’art peut être propice à l’échange et socialement engagé sans être forcément condescendant.


Latifa EchakhchSi les sculptures que Latifa Echakhch réalise sont particulièrement élégantes et délicates, le visiteur ne devait toutefois pas se laisser tromper par cette discrète sensibilité lorsque l‘artiste questionne de vastes sujets comme la culture, la géographie et l’histoire personnelle ou collective. L’artiste explore ces notions par le biais d’objets, d’images et de situations banals et les replace au cœur d’un débat social et politique. La compréhension de ses œuvres n’est pas immédiate mais devient évidente si l’on décide de s’y attarder. Le fait de les regarder plus profondément amène fatalement un questionnement sur les certitudes qu’elles semblaient promettre au départ.

La force conceptuelle et visuelle de cette combinaison entre minimalisme et romantisme est trompeuse, et ce qui s’impose est une croyance fondamentale en la dignité des sujets et de ce que l'art peut apporter comme champs de réflexion, même lorsqu’elle est la plus sévère et critique. Des objets a priori ordinaires, qu’il s’agisse de morceaux de sucre, de tapis ou de verres à thé cassés, deviennent ainsi des témoignages de sentiments tels que la mélancolie, la colère et  offrent un point de vue silencieux sur la faillite des utopies.

Née en 1974 à El Khnansa (Maroc), Latifa Echakhch vit et travaille à  Paris et à Martigny (Suisse). Elle a réalisé de nombreuses expositions personnelles en France et à l’étranger, et notamment au Magasin de Grenoble, à la Tate Modern de Londres, à la Kunsthalle Fridericianum de Kassel, à la Kunstverein de Bielefeld et au Swiss Institute de New York. Son travail a également été présenté dans des expositions collectives au Sculpture Center de New York, au CAC de Vilnius et au Kunsthaus de Zurich. Elle a également participé à Manifesta 7 – Biennale européenne d’art contemporain à Bolzano en 2008 et à la Biennale de Lyon en 2009. Latifa Echakhch est représentée par les galeries Kamel Mennour à Paris, Francesca Kaufmann à Milan et Dvir à Tel Aviv.

Cette exposition est réalisée en collaboration avec GAMeC – Galerie d'Art moderne et contemporain de Bergame (Italie) où elle sera présentée à partir d'octobre 2010.

[Visuel : Latifa Echakhch, Untitled (Sepia), 2009]



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Mercredi 24 mars 2010 3 24 /03 /Mars /2010 08:46
Du 4 avril au 6 juin 2010, la Maison des Arts Georges Pompidou (Cajarc, Lot) présente une exposition de peintures et dessins de René Caussanel. Ceux-ci ont été réalisés au cours des deux dernières années, dans le nouvel atelier de La Capelle Balaguier.


Rene Caussanel « René Caussanel intègre début 2008 ce vaste espace tout neuf et lumineux qui jouxte aujourd’hui la maison d’habitation. Les deux années précédentes, l’artiste ne disposait d’aucun espace spécifique pour travailler. Il s’était donc contraint à des travaux de petites dimensions. Mais, dès que s’ouvre l’espace, son travail se déploie. D’abord mesuré dans le choix de la surface à peindre, René Caussanel va très vite prendre l’amplitude de cet espace à investir. Les formats vont grandissant de 2 x 2 m, puis 2 x 4 m, 2 x 6m et jusqu’aux limites imposées par la paroi de l’atelier. La disposition des motifs est d’abord réalisée au sol par juxtaposition de plusieurs lès de papier où l’artiste dessine à grands traits. Chacun des éléments est ensuite travaillé à la table pour une appréhension plus précise de la matière couleur. Celle-ci se compose par recouvrement successif de jus de gouache : aucune couleur n’est jamais donnée à priori, mais elle est faite de conjugaisons complexes, de strates brassées qui font qu’un blanc est tout sauf blanc : il est à la fois rouge et bleu, un vert est en même temps noir et jaune… Les déclinaisons sont infinies et à y regarder de plus près, la teneur monochrome du tableau est engloutie dans un océan d’accidents qui n’a rien à voir avec l’aplat d’une surface.

Les oeuvres s’articulent en série, jusqu’à ce que le bras tombe d’épuisement.

L’artiste est un dessinateur hors pair. Il faut dire qu’il pratique cet art avec constance, voir excès depuis l’âge précoce de cinq ans. Le principe de la répétition du geste et des motifs (corps, arums, animaux, bols…) raconte des fragments d’histoire, une mémoire en morceaux. Ces lambeaux de vie rassemblés, proprement raccommodés, couturés dans l’espace du tableau imposent la mobilité au spectateur. Les allers-retours, du proche au lointain, jouent des complicités avec Bonnard, des conflits avec Matisse, des visites aux icônes de la Renaissance pour tenir le fil ténu de la vie basculée de l’enfance à l’âge d’homme. L’image peinte donne à voir ce syncrétisme assumé : il y a toujours des jeux enthousiastes de rebonds et de chutes dans l’espace du
tableau où la main du peintre guide jusqu’au vertige un voyage mental dans la peinture.

Au-delà des genres, des cadres et des histoires, l’artiste affirme une posture inquiète, un équilibre fragile des formes suspendues à un monde en chantier, qu’il lui faut chaque jour reconstruire autrement, pour lequel chaque jour il invente de nouvelles hybridations entre la vitalité du quotidien et la pesanteur du réel, avec la même énergie arrachée aux rêves et aux cauchemars. » (Martine Michard, commissaire de l’exposition)

Plus d'informations sur la Maison des Arts Georges Pompidou.

[Visuel : René Caussanel, Peinture n°34 (Parfum). Courtesy de l’artiste. Photographie de Nelly Blaya]



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Mardi 23 mars 2010 2 23 /03 /Mars /2010 11:50
Le Frac Aquitaine et le musée des beaux-arts de Bordeaux croisent leur regard sur leurs collections, à l’occasion des nouvelles acquisitions 2009 du Frac Aquitaine. Ils proposent de nouveaux éclairages sur une sélection de leurs œuvres : œuvres anciennes revisitées à la lumière du présent et œuvres contemporaines en écho aux oeuvres du passé. Les 17 nouvelles acquisitions du Frac Aquitaine seront présentées pour la première fois dans leur intégralité, en vis-à-vis de 19 oeuvres du musée des beaux-arts et relevant de diverses écoles (française, flamande, italienne, anglaise).


en-regards.jpg Rétrospectivement, cette exposition fait cohabiter l’œuvre la plus ancienne, celle de Jan Josephsz Van Goyen (1596-1656), Le Chêne foudroyé ou La diseuse de bonne aventure (1638) avec la plus récente, Faire le mur (2008), film de Bertille Bak (née en 1983 à Arras), l’artiste la plus jeune de cette exposition.

L’ensemble des œuvres, anciennes et contemporaines, sont issues de cultures plus généralement européennes (Italie, Grande-Bretagne, Pays-Bas...), parmi lesquelles une importante proportion d’artistes français originaires de Bordeaux (Odilon Redon, Albert Marquet, Paul Antin, Louis Sue, Louis Ferdinand Chaigneau) ou de la région Aquitaine (Robert Wlérick, Anne-Marie Durou, Laurent Le Deunff).

Cette confrontation met en évidence une permanence de thèmes face à une évolution de techniques : les artistes des époques antérieures travaillaient selon des codes définis, sur des supports de bois, puis de toile, et dans des formats et volumes qui ont varié au fil de l’Histoire de la peinture et de la sculpture. Si aujourd’hui l’usage du support bi-dimensionnel demeure (dessin, tableau), on assiste progressivement à l’éclosion d’oeuvres se détachant du mur, prenant le statut d’installation (Isabelle Cornaro) ou de « dispositif » (Maurice Blaussyld) ; de même la sculpture, autrefois généralement présentée sur un socle (Robert Wlérick), abandonne son piédestal pour être posée directement au sol (Laurent Le Deunff).

En modifiant leurs pratiques, les artistes transforment leur propre vocabulaire en créant un langage formel inédit, qu’ils renouvellent en permanence en inscrivant leur démarche au sein d’une histoire de l’art en train de s’écrire. Leurs préoccupations semblent, à plusieurs siècles de distance, se répondre car si les genres du portrait, du paysage, de la nature morte évoluent, il est toujours question d’interroger la nature humaine à travers ses aléas, au sein d’une destinée personnelle qui peut tendre vers l’universel.


Oeuvres issues de la collection du Frac Aquitaine : Bertille Bak, Maurice Blaussyld, Marc-Camille Chaimowicz, Isabelle Cornaro, Dewar & Gicquel, Anne-Marie Durou, Jos de Gruyter et Harald Thys, Laurent Le Deunff, Jacques Lizène, Mathieu Mercier, Eric Poitevin et Daniel Schlier.
Oeuvres issues de la collection du musée des beaux-arts de Bordeaux : Paul Antin, Johann Boeckhorst, Pieter Boel, Jean Ferdinand Chaigneau, Ecole de Della Bella, Jean Simeon Chardin, Victor-Gabriel Gilbert, Jan Josephsz van Goyen, Jean Gorin, Auguste Herbin, Albert Marquet, Odilon Redon, Sir Joshua Reynolds, Louis Sue, Etienne Tournes et Robert Wlérick.

Commissariat : Claire Jacquet (Frac Aquitaine), Guillaume Ambroise, Françoise Garcia (Musée des beaux-arts de Bordeaux)

Exposition présentée du 6 mai au 12 septembre à la Galerie des beaux-arts de Bordeaux (Place du colonel Raynal).
 
 
 
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