Publié par Paddythèque

« Voyageurs », la première exposition de la Bourse Révélations Emerige (lancée par le Fonds de dotation Emerige pour l’art contemporain en janvier dernier, et dont le but est d’offrir un tremplin vers le monde professionnel aux artistes plasticiens français ou vivant en France en début de carrière) se tiendra du 26 novembre au 20 décembre 2014 à la Villa Emerige (Paris XVIe).

 

Cette exposition qui a été pensée par le commissaire d’exposition Gaël Charbau, dévoile l’univers de ces douze artistes nominés (retenus parmi plus de 1'000 dossiers reçus), grâce à une scénographie inédite.

« Voyageurs investira l’ensemble de la Villa Emerige, à la manière d’un atlas à trois dimensions, sorte de cartographie provisoire des œuvres de ces douze créateurs qui se promènent dans l’univers des signes et des récits de notre société. Exploration du temps, de la matière, de l’image, des illusions... l’exposition présentera une quarantaine d’œuvres et dévoilera les différents visages de ce qu’on pourrait appeler ces “artistes sémiologues ”», explique Gaël Charbau.

Le lauréat de la première Bourse Révélations Emerige sera dévoilé en ouverture de l’exposition et bénéficiera d’un accompagnement professionnel tout au long de l’année 2015.

 

Les artistes

Henni Alftan (www.hennialftan.com) s’intéresse à l’apparition de l’image et à son interprétation. Dans sa peinture, elle aime réduire l’information à une forme maîtrisable, un repère, un indice de lecture, qui dirige alors l’imagination du spectateur.

Passionnée par la sombre et surprenante nature depuis son plus jeune âge, Jenny Bourassin (Backslash Gallery) cherche, dans la matière picturale, à célébrer les manifestations spectaculaires et les rendez-vous atmosphériques qui la fascinent au quotidien.

Cécile Chaput (www.cecilechaput.fr) dévalise les greniers de nos grand-mères et les fonds Emmaüs de leurs vieilles cuisines en Formica qui ont bercé notre enfance et furent les témoins sourds-muets de l’intimité de foyers. Ces meubles de cuisine sont ensuite démembrés et deviennent de véritables compositions : des espaces éclatés tridimensionnels. Une fois détruites, les cuisines deviennent sculpture : les éléments utilisés permettent d’identifier au premier coup d’oeil ce lieu du quotidien, tout en nous confrontant physiquement à une incohérence spatiale, comme s’il s’agissait d’images mentales.

Boris Chouvellon (www.borischouvellon.com) déambule et arpente le paysage des zones périurbaines abandonnées de tous, à la recherche de monuments symbole d’une utopie disparue. L’artiste utilise ensuite, dans ses sculptures, les fragments de ces architectures délaissées. Ses œuvres prennent alors la forme de constructions où l’artiste tente de leur redonner une «urbanité perdue» par des gestes chargés de significations domestiques. Sa démarche artistique dévoile une inquiétude et un désir de résister : il s’agit de lutter contre «l’inhumain». L’artiste révèle une cruauté banale et ordinaire, une issue fatale, et met en exergue la beauté du naufrage.

Martin Ferniot (martin-ferniot.tumblr.com) développe une pratique mêlant le dessin, la gravure, ou la vidéo. Le plus souvent, il est question d’environnements prenant forme par le vide. Des dessins composés de hachures verticales dévoilent et superposent des personnages aux allures transparentes. Ces silhouettes sont les actrices d’un monde en agitation où pourtant elles semblent s’effacer, s’éteindre. L'artiste observe attentivement les mouvements entre l’individu et la société.

La démarche de Lyes Hammadouche (www.lyes.info) rassemble les méthodes de l’artiste, du scientifique, du pirate, du thérapeute, du philosophe. Ses œuvres sont des pièges merveilleux où le temps se dilate, éclate et se décompose. L’artiste cherche à nous emmener dans un état « quantique ». Arrêter le temps, créer une faille spatio-temporelle : être happé par chaque seconde qui passe… Les pièces qu’il crée sont « des outils inspirés par les mécanismes de l’induction hypnotique, ils sont des vecteurs donnés au spectateur afin qu’il puisse se mettre dans un état modifié de conscience. »

Keita Mori (keitamori.com) aborde des réflexions liées à l’espace et à la vie collective. Ses dessins se composent uniquement de lignes de fil de coton qui s’accumulent, se chevauchent, s’entrecroisent, formant ainsi des espaces éclatés et offrant une multitude de frontières. L’artiste traduit les espaces urbains dans des portraits métaphoriques.

Armand Morin (vimeo) prend plaisir à se laisser surprendre par des éléments ordinaires. Sa démarche commence souvent par une excursion : il va construire sa promenade à partir des sentiers très balisés du tourisme, des loisirs, et de la vie quotidienne. Au cours de ce voyage, il captera tous les éléments relatifs à l’expérience, aux lieux, aux objets, aux évènements et personnages. Ce qui l’intéresse ici, c’est la confrontation et superposition entre ce que l’on voit de manière objective et ce que l’on vit : notre interprétation de l’inconnu, de ce que nous voyons/vivons, à travers notre histoire personnelle.

L’observation, la collecte, la comparaison, et la diversité sont les éléments qui orchestrent la démarche de Benoît Pype (www.benoitpype.net). Son atelier pourrait s’apparenter à un laboratoire d’analyse scientifique ou policière. Benoît Pype enquête. Il collecte spontanément des «prélèvements du monde réel» et parvient à l’élaboration d’une nomenclature des formes. Le résidu est observé, classifié, et accède au statut de sculpture par la création d’un socle à échelle de celui-ci.

Vivien Roubaud (Palais de Tokyo) interroge les mécanismes logiques qui forgent notre quotidien. Il met à mal la notion de fonctionnalité, il étudie les méthodes et procédés dans l’attente d’un accident. L’apparition d’un dysfonctionnement lui permet d’expérimenter des agencements « contre-nature » composés d’éléments détournés de leurs fonctions initiales. Le développement de ces techniques hybrides s’opère ensuite selon l’espace qu’elles occuperont.

La démarche de Wilson Trouvé (wilsontrouve.com) se situe dans la recherche de la ligne et l’excès de matière. L’artiste se joue des notions du dessin, de l’architecture et de la sculpture. Son utilisation des lignes horizontales et verticales l’amène à créer une trame en ajoutant de la matière coulante et débordante. Ainsi, il brouille nos repères et induit un doute dans la perception.

Joo-Hee Yang (www.jooheeyang.com) nous invite à entrer dans un monde imaginaire conçu à partir d’un langage singulier, issu de l’analyse d’un être naviguant entre différentes cultures comme le ferait un anthropologue. Elle voyage à travers les civilisations depuis une dizaine d’années. La vie nomade a développé sa capacité d’observation et semble l’amener à déployer des axes de travail en relation avec l’environnement qui l’entoure. Les œuvres produites pourraient apparaître comme hétérogènes, mais toutes dégagent une poésie élaborée par de subtils jeux de construction et déconstruction. Refuges ou pièges, l’artiste met en place des structures entre l’installation, la sculpture, et l’habitat.

 

Voyageurs - Bourse Révélations Emerige

Du 26 novembre au 20 décembre 2014

Du mercredi au dimanche, de 13h à 19h

www.revelations-emerige.com

Entrée libre

Catalogue bilingue


Villa Emerige

7, rue Robert Turquan

75016 Paris

www.villaemerige.com

 

Voyageurs - Villa Emerige

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