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Art contemporain en province

Mercredi 16 décembre 2009 3 16 /12 /Déc /2009 15:52
Après plus de quatre ans de travaux de rénovation et d'agrandissement, le Musée d’art moderne Lille Métropole (Villeneuve d’Ascq) rouvrira ses portes au public le 25 septembre 2010 sous un nouveau nom: le LaM – Lille Métropole Musée d'art moderne, d'art contemporain et d'art brut.


Image-66.pngIl y a un quart de siècle, ouvrait le musée d’Art moderne Lille Métropole, construit dans un cadre verdoyant par l’architecte Roland Simounet. Dès l’origine du projet, et sous l’impulsion des donateurs Geneviève et Jean Masurel, le musée a été pensé comme l’alliance harmonieuse d’une collection d’œuvres d’art, d’une architecture et d’un parc exceptionnel.

Lauréate du concours lancé en 2002 pour l’agrandissement du Musée, Manuelle Gautrand a créé une extension aux volumes organiques qui vient embrasser l’arrière du bâtiment historique. Cette architecture, radicalement nouvelle par son esprit et ses matériaux, se découvre essentiellement de l’intérieur, en une continuité fluide.

Avec ses deux architectures insérées dans un parc de sculptures (Alexandre Calder, Pablo Picasso, Eugène Dodeigne...), le LaM orchestre naturellement une déambulation entre extérieur et intérieur et permet une appréhension des œuvres d’art à hauteur d’œil, initiant un rapport d’intimité entre les œuvres et les visiteurs.


Trois collections exceptionnelles : art moderne, art contemporain et art brut

Le LaM proposera au public l'accès à une prestigieuse collection d'art moderne, à un ensemble d'art contemporain de référence et à une collection d'art brut sans égale en France. Ses trois collections réunissent près de 4'500 œuvres.

Inauguré en novembre 1983 et inscrit à l’Inventaire supplémentaire des monuments historiques depuis 2000, le Musée a été conçu pour abriter la donation faite par Geneviève et Jean Masurel à Lille Métropole Communauté Urbaine en 1979. Cette collection de référence internationale est constituée de chefs-d’œuvre cubistes de Georges Braque, Henri Laurens ou Pablo Picasso, ainsi que d’ensembles significatifs d’œuvres de Fernand Léger, Joan Miró et Amedeo Modigliani. Le Fauvisme, le Surréalisme, l’École de Montparnasse, l’École de Paris, l’Art Naïf et les artistes du Nord de la France y sont également représentés.

La collection d’art contemporain, constituée au fil des ans, rassemble des œuvres d’artistes français et étrangers tels que Lewis Baltz, Christian Boltanski, Daniel Buren, Allan McCollum, Annette Messager, Dennis Oppenheim, Pierre Soulages ou Jacques Villeglé.

En 1999, ces collections se sont enrichies de la plus importante collection d’art brut en France, issue de la donation faite par l’association L’Aracine. Les plus grands noms de l’art brut y sont représentés : Aloïse Corbaz, Fleury Joseph Crépin, Henry Darger, Auguste Forestier, Madge Gill, Jules Leclercq, Augustin Lesage, Adolf Wölfli ou bien encore Carlo Zinelli...


En préfiguration du nouveau Musée, le public pourra découvrir le LaM à travers son nouveau site Internet www.musee-lam.fr à compter du premier trimestre 2010.



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Mardi 15 décembre 2009 2 15 /12 /Déc /2009 16:34
Du 26 janvier au 25 avril 2010, Michel Blazy présentera « Ex Croissance » à Rurart, centre d'art situé dans le lycée agricole Venours de Rouillé. (Vienne). Cette exposition s'articule autour d'une commande occupant la majeure partie de l'espace - sols et murs.


Image-65.pngMichel Blazy produit des oeuvres d’art à partir de la matière vivante. L’observation, l’utilisation et la manipulation de matières premières périssables sont les éléments de la construction de dispositifs éphémères, qui évoluent et s’altèrent avec le temps.

Pour Rurart, Michel Blazy réalise une oeuvre organique qui occupe l’ensemble de l’espace d’exposition. Tous les murs du centre d’art sont tapissés de concentré de tomates, sur six mètres de haut. Au sol, l’agencement de plusieurs tonnes de briques de culture de champignons rappelle un jardin à la française dans lequel le visiteur peut circuler. Les oeuvres évoluent au fil de l’exposition : elles flétrissent, meurent, moisissent, poussent à nouveau. Des micro-organismes les colonisent. Au milieu des tomates et des champignons, trois vidéos de l’artiste - Multi-Vers, Voyage au centre et Graine de poivron vert - donnent à voir, en très gros plan, la vie qui grouille.

« Jour 1. Les murs rouges renvoient des reflets de soleil couchant devant lequel se détachent de longs filaments nuageux verts ou gris. Un agencement circulaire rappelle les jardins à la française et guide les pas du spectateur qui parcourt leur douce symétrie. De ci de là, des champignons poussent sur des vestiges archéologiques irréguliers. Plus loin, une vidéo habite une pièce sombre et immerge le visiteur dans un décor luxuriant aux accents tropicaux. L’ensemble confère au lieu une ambiance lunaire, hors du temps.
Jour 10. Le concentré de tomates pourrit sur les murs. Une couche de moisissures verdâtres envahit jour après jour la surface recouverte. Une odeur sûre corrompt l’espace. Sur des briques de plastique noir – ce plastique noir d’ensilage – des champignons flétrissent et se dessèchent sur pied, avant de tomber en poudre sur le sol. En boucle, les images macroscopiques d’aliments donnent au visiteur la vision de canyons de purée, de magma de tomate, de colonies de vers géants.
Jour 20. Une odeur d’humus enrobe l’espace. Une croûte sèche sur les murs de tomates donne une matière particulière à la surface organique. De nouveaux champignons, des pleurotes, repoussent par les trous des briques de plastique. Dans quelques jours, ils sècheront, tomberont en poussière sur le sol. Puis de nouveaux champignons pousseront. Dans la pièce à côté, la vidéo tourne en boucle. On y voit des graines de poivron vert en très gros plan, des détails de produits comestibles présentées comme des paysages, des asticots en train d’éclore.

[...] Tout dans l’oeuvre de Michel Blazy invite à une certaine modestie et rappelle le caractère prosaïque de l’existence. L’artiste investit la continuité de la vie dans l’articulation qu’il met en jeu entre le micro et le macro [...]

Le visiteur est mis en jeu dans ce double rapport d’échelle : à la fois spectateur de micro et de macro organismes, mais aussi au centre d’un ensemble complexe où les moisissures sur les murs résonnent avec les champignons visibles, les pleurotes. Il est pris entre deux feux, dans cet espace d’exposition tapissé de concentré de tomates altéré et dont le rapport d’échelle entre les éléments plastiques perturbe la perception. Il n’est là qu’un organisme parmi d’autre, périssable. L’espace d’art pourrait alors être perçu comme une Vanité, ou une méta-Vanité, qui intègre l’homme dans le processus d’altération du vivant et rappelle, dans la tradition picturale baroque, l’éphémère jouissance des plaisirs terrestres dans l’attente du Jugement Dernier – l’artiste a d’ailleurs réalisé un crâne en croquettes pour chien, figure typique de la Vanité classique transportée dans la société de consommation contemporaine.» (A. Stinès, animateur du réseau / directeur de Rurart)


Le catalogue de l’exposition sera disponible à partir du 26 janvier. Pendant toute la durée de l’exposition et à intervalles réguliers, des images des oeuvres en pleine mutation seront réalisées et s’ajouteront au fur et à mesure à la publication.

Vernissage le 26 janvier à 18h à Rurart
Michel Blazy présentera un panorama de son travail le 28 janvier à 18h à Rurart (entrée libre).


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Vendredi 11 décembre 2009 5 11 /12 /Déc /2009 11:47
Jusqu'au 24 décembre 2009, la Maison des Arts Georges Pompidou (Cajarc) présente « Axioma », la première exposition personnelle en France de Kees de Goede.


Kees-de-Goede.jpgKees de Goede peint depuis de nombreuses années. Il est un artiste reconnu dans son pays la Hollande, mais reste encore peu connu à l’étranger et notamment en France, où il vit pourtant la moitié de l’année (dans le nord Aveyron).

Son œuvre lnterroge de manière permanente l’adéquation des supports au sens. Et, de manière récurrente, l'artiste cherche toujours à créer un espace en trois  dimensions : dans ses grands formats monochromes dessinés au charbon, où chaque élément semble pouvoir se détacher dans la succession des plans, dans ses toiles antérieures tendues avec des branches d’arbre créant ainsi des accidents volumétriques...


L'exposition à Cajarc 

Quatre travaux différents composent l’exposition au centre d’art contemporain Georges Pompidou : des peintures, des dessins, des photographies et des objets.

Les derniers tableaux oblongues, de taille variable relativement modeste, sont le pendant organique des journaux peints où le réel martèle son obsédante violence. Ici, le regardeur perçoit le geste dans la trace de la brosse, les coulures, les flux de l’huile, une fluidité toute empreinte de vision pure. Le regard est aspiré par un tourbillon de peinture, englouti dans les tissus macroscopiques que crée l’association des matières et des couleurs, rattrapé par les bords souvent cerclés du tableau. L’artiste invite à un voyage aux origines de la peinture : un pur espace mental où projeter son propre imaginaire sans qu’une image prévale sur une autre pour la simple raison qu’elles y sont toutes contenues.

La série des journaux peints « Astral Drawings » (1982-2009) est ici présentée dans son ensemble pour la première fois. Depuis plus de vingt ans, Kees de Goede collectionne des journaux, de partout où l’ont conduit ses déplacements. Que les pages choisies aient trait à des évènements de l’actualité locale ou internationale, des faits divers ou de grands moments historiques, l’artiste opère par recouvrements avec de grands aplats de couleurs, des graffitis, des dessins dont le but est d’appuyer le sens des images pour révéler des tensions. Kees de Goede propose la représentation d’une expérience fragmentée de la vie quotidienne. Ces pages sont en quelque sorte le journal de bord d’une vie au bord du monde : elles expriment une sensibilité et un regard aigus sur le monde et son actualité, mêlant ainsi la mémoire collective aux sensations de l’artiste pour nous livrer une oeuvre assez intime.

Dans un esprit similaire, les impressions numériques superposent aux pages de journaux choisies, des images de ciels nocturnes collectées sur les sites de la Nasa. Les pétillements d’étoiles fragmentent les images de fonds ou les subliment comme pour pointer l’impact médiatique et l’esthétique inquiétante de ces mêmes évènements, souvent dévastateurs.

L’installation Dilemna est un hommage particulier de Kees de Goede au Sud-Ouest. Composée de chandeliers en forme de pains dorés à la feuille d’or et de sculptures à boire (11 bouteilles de vin de tailles variables), cette installation réfère à la place particulièrement importante de ces denrées dans la convivialité et les échanges humains dans notre région, tout en sous-tendant une pensée critique vis à vis de l’oeuvre d’art comme objet de consommation.

Enfin, Paume est une installation conçue spécialement pour l’exposition. Architecturée suivant le tracé des lignes de la main de l’artiste, son premier outil, ce dédale de murs en parpaings, est à la fois labyrinthe, conduisant la circulation dans l’espace, et obstacle pour le regard. Il impose un point de vue singulier sur les peintures de la dernière salle. De forme oblongue, elles créent des images abstraites, comme des percées que l’artiste appelle espace mental.


Un catalogue sur l'exposition

Le catalogue comprend un grand nombre de visuels des oeuvres présentées dans l’exposition, un texte critique de Hans den Hartog Jager, critique d’art et écrivain et un entretien de l’artiste avec Martine Michard, directrice de la Maison des arts Georges Pompidou.

Une séance de signature avec l'artiste est organisée le samedi 19 décembre à 17h.


[Vue de l’exposition AXIOMA (dernière salle avec Paume, Peintures et Dilemma) © NBlaya]


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