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Art contemporain en province

Mercredi 25 juillet 2007 3 25 /07 /Juil /2007 00:00

Du 19 septembre 2007 au 16 janvier 2008, la neuvième édition de la Biennale de Lyon prône une « archéologie du présent ». Son intention est celle d’un livre d’histoire écrit à plusieurs mains : révéler « l’histoire d’une décennie qui n’est pas encore nommée ».


Cette rétrospective d’avenir ne cherche plus à traiter des traditionnels éléments qui ont structuré les décennies précédentes (mouvements, regroupements idéologiques, nationaux, stylistiques ou générationnels…), mais se veut « historienne ». Elle tente « de combler le vide séparant ces trois couples antagonistes que sont le présent et l’actualité, la naissance de l’oeuvre et le système des biennales, l’histoire et la temporalité. » (Thierry Raspail).

Le scénario de la biennale a été pensé par Stéphanie Moisdon et Hans Ulrich Obrist comme un « grand jeu » avec des règles de sélection et de distribution des rôles. 60 joueurs ont participé à une enquête tentant de dessiner un « paysage unique, le portrait d’un présent immédiat ». Deux cercles de jeu se distinguent :

- Le premier rassemble une communauté de critiques et commissaires à qui une seule question a été posée « Quel est l’artiste ou l’oeuvre qui occupe selon vous une place essentielle dans cette décennie ? ». Cette seule question a valeur de règle.

- Le second concerne un groupe d’artistes à qui a été confié la réalisation d’une séquence entière, séquence qui définit, selon des méthodes propres à chacun, la décennie. Le montage de ces différentes séquences produit une vision parallèle à celle des différents chapitres du livre d’histoire.

 


Liste des joueurs et des artistes

- Saâdane Afif

- Peio Aguirre (artiste invité : Juan Pérez Agirregoikoa)

- Yves Aupetitallot (artiste invitée : Una Szeemann)

- Pierre Bal-Blanc (artistes invités : Annie Vigier & Franck Apertet)

- Jérôme Bel

- Daniel Birnbaum (artiste invité : Tomas Saraceno)

- Thomas Boutoux (artiste invité : Jia Zhang-ke)

- Giovanni Carmine (artiste invitée : Norma Jeane)

- Jay Sanders (artiste invité : Paul Chan)

- Claire Fontaine

- Mathieu Copeland (artiste invitée : Mai-Thu Perret)

- Stuart Comer (artiste invitée : Hilary Lloyd)

- Trisha Donnelly

- Jacob Fabricius (artiste invité : Dave Hullfish Bailey)

- Hu Fang (artiste invitée: Cao Fei)

- Lauri Firstenberg (artiste invité : Adrià Julià)

- Massimiliano Gioni (artiste invité : Urs Fischer)

- Julieta Gonzalez (artiste invité : Simon Starling)

- Suman Gopinath (artiste invitée : Sheela Gowda)

- Francesca Grassi (artiste invité : Ryan Gander)

- Hou Hanru (artiste invité : Ömer Ali Kazma)

- Dorothea von Hantelmann (artiste invité: James Coleman)

- Jens Hoffmann (artiste invité : Tino Sehgal)

- Michel Houellebecq

- Pierre Joseph

- Stefan Kalmar (invité : Dot Dot Dot Magazine)

- Rem Koolhaas

- Marta Kuzma (artiste invité : Thomas Bayrle)

- Pi Li (artiste invité : Liu Wei)

- Francesco Manacorda (artiste invité : Armando Andrade Tudela)

- Raimundas Malasauskas (artiste invité : Darius Miksys)

- Francis McKee (artiste invitée : Jumana Emil Abboud)

- Markus Miessen

- Tom Morton (artiste invité : Charles Avery)

- Joanna Mytkowska (artiste invitée : Minerva Cuevas)

- Sean O’Toole (artiste invité : James Webb)

- Vincent Pécoil (artiste invité : Ohad Meromi)

- Adriano Pedrosa (artiste invité : Marcellvs L.)

- Natasa Petresin (artistes invités : Nomeda et Gediminas Urbonas)

- Susanne Pfeffer (artiste invitée : Annette Kelm)

- Anne Pontégnie (artiste invité : Kelley Walker)

- Willem de Rooij

- Scott Rothkopf (artiste invité : Wade Guyton)

- Beatrix Ruf (artiste invitée : Keren Cytter)

- Josh Smith

- Trevor Smith (artiste invité : Brian Jungen)

- Pooja Sood (artiste invitée : Shilpa Gupta)

- Rachael Thomas (artiste invité : Gerard Byrne)

- Rirkrit Tiravanija

- Nicolas Trembley (artiste invité : Christian Holstad)

- Eric Troncy (artiste invité : David Hamilton)

- Philippe Vergne (artiste invitée : Ranjani Shettar)

- Gilbert Vicario (artiste invité : Erick Beltran)

- Andrea Viliani (artiste invité : Seth Price)

- Jochen Volz (artiste invitée : Cinthia Marcelle)

- Hamza Walker artistes (invités : Jennifer Allora & Guillermo Calzadilla)

- Xenia Kalpaktsoglou, Poka-Yio, augustine Zenakos (artiste invité : Kostis Velonis)

- Tirdad Zolghadr (invité : Museum of American Art)

- E-flux video rental Fondation Bullukian

 


Informations pratiques

Lieux : La Sucrière / Institut d'Art contemporain de Villeurbanne / Fondation Bullukian / Musée d'Art contemporain de Lyon


Dates d'ouverture : du 19 septembre 2007 au 6 janvier 2008

Du mardi au dimanche : 12h-19h / Nocturne le vendredi : 12h-22h

Fête des Lumières (6-9 décembre) : ouverture dès 10h

Fermé le 25 décembre 2007 et le 1er janvier 2008

Journées professionnelles : lundi 17 et mardi 18 septembre 2007


Tarifs : 10 € / 9 € (adhérents Fnac) / 8,5 € (adhérents UGC) / 7 € (moins de 26 ans, groupe à partir de 10 personnes, demandeurs d’emploi, personnes à mobilité réduite, abonnés TCL, famille nombreuse) / 2 € (12-18 ans) / gratuit (moins de 12 ans, étudiants Rhône alpes, détenteurs carte M’ra***, artistes Mapra + maison des artistes, étudiants des écoles de beaux-arts, étudiants en histoire de l’art/étudiants en arts plastiques, presse, professionnels musée (carte Icom, Cac 40, IKT, Association Rhône Alpine des conservateurs), directeurs des Frac et centres d’art, Rmistes et demandeurs d’asile.

Un pass valable durant toute la durée de l'exposition est disponible au prix de : 17 € / 25 € (pour deux personnes) / 12 € (pour les moins de 26 ans).


Site Internet

 

Par Jean-david Boussemaer - Publié dans : Art contemporain en province
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Mardi 17 juillet 2007 2 17 /07 /Juil /2007 13:35

De dimension modeste, le centre d'art contemporain de Delme (Moselle) est implanté dans une ancienne synagogue de zone rurale. Son équipe invite, depuis 1993, des artistes à expérimenter des activités de recherche, lors desquelles ils confrontent leurs pratiques à ce lieu singulier...


Intitulée « Summer's Song... » (du 8 juillet au 28 octobre 2007), la proposition de Marc-Camille Chaimowicz (né en 1946) insuffle poétiquement une nouvelle vie à l'espace.
 

J-D. B. : De manière théâtralisée, vous mettez en situation des éléments divers et variés : meubles, objets, peintures, dessins, vidéo... Comment avez-vous sélectionné vos pièces ?

M-C. Chaimowicz : Ce choix d'œuvres résulte du dialogue entrepris avec la directrice de la Synagogue, Corinne Charpentier. Elle a une excellente connaissance de l'histoire et du rôle du lieu. Quant à moi, j'ai apporté mon histoire personnelle. On a ici une rencontre entre deux histoires parallèles, dans un même espace-temps.


À première vue, cet espace architectural semble particulièrement délicat à aménager. Est-ce que l'exposition était complexe à concevoir ?

La Synagogue n'est pas un white cube, mais un espace effectivement difficile à exploiter. Elle a sa propre histoire, une grande force intérieure et une architecture particulièrement imposante. Ici, l'artiste n'a pas le choix: s'il souhaite que cela fonctionne, il doit avoir un certain respect du lieu, faire preuve d'une certaine sensibilité et entièrement s'investir.
 Monter « Summer's Song... » m'a demandé beaucoup de temps, a exigé un certain investissement, des voyages in situ, des rencontres à Londres, Zurich, Dijon... On a essayé d'aboutir à une véritable cohérence esthétique et conceptuelle. Pour cela, des pièces ont été spécifiquement construites pour le lieu, d'autres ont été choisies parmi mes anciens travaux.


Vous avez transformé la Synagogue en volière pour oiseaux multicolores. Pouvez-vous nous expliquer les raisons de ce choix ?


J'ai régulièrement partagé ma vie quotidienne avec des canaris. Je connais beaucoup moins les mandarins. C'est très agréable et intéressant de voir les petites têtes de ces petits oiseaux. Il me semble que les plasticiens ne sont pas vraiment des gens qui gèrent l'art de manière particulièrement cohérente. Mais j'espère bien que chacun de nous a des moments, même assez brefs, de lucidité. Un jour qu'on me ramenait à l'aéroport de Luxembourg, après une visite de préfiguration de l'expo, j'ai eu un instant de lucidité et j'ai pensé aux canaris. J'ai pu établir un argumentaire cohérent que j'ai soumis à Corinne - je ne m'en souviens plus mais il a été convaincant...


Quels problèmes pose cette présence vivante ?


L'artiste a généralement tendance à tout vouloir contrôler, cela fait partie de sa névrose créative. Dès lors qu'il introduit une présence vivante, tout est remis en question. Il y a des problèmes de salissure, de vie et de peur chez ces créatures. À la première occasion, elles sortent de leur cage et goû tent à la liberté...


Avez-vous voulu reconstituer un palais oriental ?

Pourquoi pas ?


Au fond de la synagogue, vous avez créé une petite pièce close. Est-ce le lieu du sacré ?


J'aurais plutôt dit celui du privé. Il peut être sacré, mais aussi son opposé. Peut-être que des drogués ou des terroristes s'y cachent ? On ne le saura jamais... Plus sérieusement, je crois que c'est une métaphore de l'inaccessible. C'est aussi une réponse spécifique à l'architecture, une mise en question de la rigueur géométrique. Il me semblait intéressant d'interroger le modernisme ambiant.


Votre propos artistique se veut-il plutôt religieux ou laïc ?


Je crois que c'est Matisse qui répondait lorsqu'on lui demandait s'il était croyant : « lorsque je suis devant une toile, ça va bien, je crois en Dieu » . La croyance me semble être quelque chose de très relatif, j'en ai plutôt une liée à mon métier, qui peut s'accorder à d'autres - aussi bien le marxisme, que le judaïsme.


Sur le balcon, vous présentez une vidéo très énigmatique...

Elle date d'il y a très longtemps... Elle est peut être intéressante du point de vue des valeurs qu'elle véhiculait au moment même où elle a été réalisée. Elle questionnait, dans les années soixante-dix, le rapport masculin/féminin. À l'époque, la majorité des jeunes artistes, du moins à Londres, perpétuaient les valeurs dominantes, ou, au contraire, produisaient un art engagé, très dur, conceptuel, sociopolitique, en noir et blanc, intellectuellement rigoureux... Même si je me questionnais par nécessité sur les valeurs de la culture dominante, ces alternatives ne me convenaient pas non plus. Il fallait que je trouve humblement d'autres valeurs, que je revoie des notions comme l'intériorité, l'individu, la subjectivité...


Une chose est certaine, vos pièces ne sont pas faciles d'accès pour le grand public.

Elles touchent directement à notre sensibilité, et possèdent une dimension poétique qui les rend quasi-indéchiffrables. Souhaitez-vous que le public considère votre exposition comme un « moment de détente » ou désirez-vous qu'il creuse derrière ? 
Pour moi, l'idée du public est très abstraite. C'est sûr que je préférerais donner un petit quelque chose à une poignée de personnes véritablement touchées par ma façon de penser que fournir moins à des milliers de personnes. Je ne me vois pas du tout comme un communicateur. Si je voulais faire de la communication, j'aurais fait du journalisme, du cinéma, de la musique rock...


Votre exposition semble brouiller tous les espace-temps traditionnels...

À une époque où le monde de l'art est de plus en plus angoissé, le fait même que l'expo ait lieu pendant quatre mois est exceptionnel. Le rythme accéléré des expositions, des foires, des publications de catalogues monographiques (...) ne me convient pas du tout. Si ce shopping culturel m'intéressait, je ferais de la télé. Je crois que l'art peut nous permettre de revoir notre relation au temps. Ici, le travail est agréablement entrepris, tout en lenteur, en douceur.


On pourrait presque vous qualifier de poète, qu'en pensez-vous ?

C'est un terme que je n'oserais jamais m'approprier, qui me parait très honorable et qui est de plus en plus démodé... Lors du montage de l'exposition, on a essayé de trouver une citation d'André Gide, dans L'Immoraliste. Ceux qui ont acheté le livre se sont entendu dire par le vendeur que « plus personne ne lit Gide ou Cocteau... » . J'espère qu'il a tort...

 
L'exposition de Marc-Camille Chaimowicz est visible à la Synagogue de Delme, du 8 juillet au 28 octobre 2007.


Article initialement publié sur Art and You, 17 juillet 2007


Par Jean-David Boussemaer - Publié dans : Art contemporain en province
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Jeudi 31 mai 2007 4 31 /05 /Mai /2007 00:00

Dès sa naissance, l’automobile fascine et apparaît comme un symbole de progrès et de vitesse. Elle donne un nouvel élan aux libertés individuelles et, tout naturellement, les artistes s’en emparent pour en explorer ses différentes facettes.

 


Du 21 septembre 2007 au 31 janvier 2008, la Cité de l’Automobile, musée national (Collection Schlumpf, Mulhouse) - réunit une trentaine d’artistes internationaux qui ont fait de la voiture le motif d’œuvres emblématiques.

A travers un parcours jalonné par une cinquantaine d’œuvres réalisées dans des médiums aussi divers que la peinture, la sculpture, la photographie ou la vidéo, le visiteur découvre les liens multiples qui unissent l’art et l’automobile.

Les artistes invités sont : Ant Farm, Pierre Ardouvin, Arman, Eric Aupol, Valérie Belin, Davide Bertocchi & Kolkoz, Karine Bonneval, Etienne Bossut, Alain Bublex, Stéphane Couturier, Stephen Dean, Jeremy Dickinson, Tatjana Doll, Sylvie Fleury, Nicolas Floc’h et Jérôme Poret, Chris Gilmour, Pierre Giner, Cosmin Gradinaru, Per Hüttner, Bertrand Lavier, Ange Leccia, Sven Pählsson, Panamarenko, Jorge Satorre, Franck Scurti, Jean Tinguely, Frédéric Vaësen, Xavier Veilhan.


Informations pratiques

Cité de l’Automobile, musée national (Collection Schlumpf), Mulhouse

Dates expo : du 21 septembre 2007 au 31 janvier 2008

Commissaire d'exposition : Fabienne Fulchéri

 

Par Jean-david Boussemaer - Publié dans : Art contemporain en province
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