Avec 30'000 visiteurs et des ventes très diversifiées, la foire Palmbeach3 (du 11 au 14 janvier 2008) se félicite des succès enregistrés par cette nouvelle édition, qui s’est déroulée dans une atmosphère d’euphorie et de grande activité...


Le succès de l'art contemporain

Dès le soir du vernissage, la galerie munichoise
Terminus a négocié la vente de douze œuvres, dont un Gerhard Richter à 1'100'000$ et une sculpture en acier peint et chromé de John Chamberlain, partie pour 625'000$. Sur le même stand, un collectionneur français est reparti avec The Perplexed Magistrate, sculpture en aluminium réalisée par Frank Stella en 1999, en échange de 340'000$. Au même moment, au même endroit, un grand collectionneur de Floride achetait non seulement une peinture de Keith Haring de 1983 pour 1'100'000$, mais aussi le Great American Nude n°94 (1967) de Tom Wesselmann pour 4'300'000$. Wilhelm Grusdat, directeur de la galerie Terminus, s’est réjoui d’un tel succès en déclarant : « J’aime l’atmosphère de ce salon, à la fois très détendue, mais également très active, avec un public curieux qui s’intéresse à l’art ».
 
La galerie
Rudolf Budja de Vienne a vendu une peinture de 1982 d’Andy Warhol Hamburger Michel provenant de la fameuse collection Wuensche, près de 3'000'000$.


Quelques personnalités

De nombreux architectes et designers ont participé à la soirée de vernissage sponsorisée par le joaillier
Van Cleef, dont Tony Ingrao et Randy Kemper, Mario Buatta, Bruce Bierman, Geoffrey Bradfield, Betty Sherrill, Joanne de Guardiola, Matthew Patrick Smyth et Scott Snyder, venus de New York. Bennett Weinstock est venu de Philadelphie.

Déambulant dans les allées de Palm Beach Fair, John Loring, directeur artistique de
Tiffany & Co, a côtoyé la new yorkaise Kim Heirston, consultante en art pour des particuliers, de même que Michel Witmer qui travaille non seulement à New York mais aussi à Paris et à Maastricht puisqu’il fait partie du conseil d’administration de la TEFAF.

Parmi les grands collectionneurs présents à Palm Beach, on a pu voir Peter Brant et sa femme Stéphanie Seymour. Leur collection de design, objets d’art moderne et contemporain est considérée comme l’une des plus importantes des Etats-Unis.

Nombreux étaient encore les conservateurs de musées visitant le salon et parmi eux les représentant de la Fondation Getty, du  musée de  Kansas City Nelson, du musée des beaux arts de Boston et de l’Art Institute de Chicago, pour ne citer qu’eux.


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Rassemblant 115 galeries,
Artparis présente, du 3 au 7 avril 2008, un large panorama de la création moderne et contemporaine. A cette occasion, revenons sur les principaux mouvements qui seront observables dans les allées du Grand Palais…


3.
Le Nouveau Réalisme

Retour en France avec la galerie Christophe Gaillard qui consacre son stand aux Nouveaux Réalistes, que l’on appelle parfois les Pop artistes français. Des œuvres historiques d’Arman, de César, de Christo, de Deschamps ou de Villeglé permettent de revenir sur ce mouvement créé en 1960 par Pierre Restany. Les œuvres de ces artistes ont en commun l’omniprésence de certains éléments de la vie urbaine : affiches, palissades, terrains vagues, détritus, voitures ou sigles de la circulation, qui ont déterminé ce que Restany baptisa « la poésie d’une civilisation urbaine. »


4. COBRA

Dans un tout autre style, le mouvement CoBrA fut historiquement court mais fort influent. Fondé en 1948 et achevé - officiellement - en 1951, il est constitué des premières lettres de COpenhague, BRuxelles et Amsterdam, capitales des pays dont les principaux artistes étaient originaires : parmi lesquels Corneille, Karel Appel et Alechinsky, trio gagnant dont les œuvres parent les murs du stand de la galerie belge André Simoens.

La galerie Lasés montre un exemple de la production de Corneille de 1949. A cette époque, il se libère de ses influences picassiennes qui ont accompagné ses débuts pour aller vers un dessin plus libre. Les tons sont encore sourds, mais évolueront vers des nuances de plus en plus chaudes.

Du même auteur et toujours des années 1940, Die galerie, exposant de Francfort, propose La Ville. Œuvre d’autant plus rare car l’on voit davantage sur le marché les productions postérieures dans lesquelles le peintre belge se caractérise par l’emploi de la femme, l’oiseau, le chien et le chat. Cette même galerie met en avant des Personnages de Karel Appel, peintre néerlandais qui développa à ses débuts une écriture sommaire, inspirée par les dessins d’enfants et menée par des tons agressifs. Ses toiles sont toujours animées d’une touche expressive et violente, riche en matière, avec parfois un motif quasi-dissout pour ne laisser place qu’au dynamisme du pinceau. Une œuvre récente du Belge Alechinsky, intitulée Terril, complète l’ensemble. Pierre Alechinsky fut le plus jeune membre du groupe et combina dans sa pratique, depuis l’origine, peinture et gravure. Il mêle souvent une abstraction libre, constituée de grands signes qu’il entoure de petites scènes beaucoup plus figuratives nommées des « remarques marginales ». Ces scénettes évoquent la bande dessinée, d’autant plus qu’il y joint un humour sarcastique qui lui est propre dans le groupe.


5.
Support/Surface

Enfin, deux galeristes décident de rendre hommage au groupe Support/Surface, un mouvement créé en 1970 qui questionne la matérialité même de la peinture.

Bernard Ceysson est installé à Saint-Étienne et représente la plupart des membres fondateurs de ce mouvement, dont Claude Viallat fait partie. N’ayant d’autres sujets que la peinture elle-même, ce dernier développe une critique pratique et théorique du tableau traditionnel. Il emploie ainsi au départ des toiles non tendues, des fils, des cordes, des nœuds, tandis que sa couleur s’organise à partir d’empreintes répétées de formes ; un travail qui vise à mettre en évidence la démarche du peintre. L’image ne renvoie qu’à elle-même et ne brigue aucun autre sens. On reconnaît très vite dans son travail sa forme fétiche, sorte de haricot issu des mailles de ses filets, qu’il appose sur divers supports.

La galerie Hélène Trintignan, de Montpellier, en donne aussi plusieurs exemples. Elle complète sa présentation par des œuvres récentes de Daniel Dezeuze. Né en 1942, il s’est focalisé sur le problème du châssis et a expérimenté de nombreux matériaux tout au long de sa carrière : brou de noix, tarlatane, terres cuite … où le vide gagne autant d’importance que le plein. Il en donne encore une fois une démonstration avec une Peinture qui perle, composée de grillage, fil de fer, et perles sur résine souple…
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Rassemblant 115 galeries, Artparis présente, du 3 au 7 avril 2008, un large panorama de la création moderne et contemporaine. A cette occasion, revenons sur les principaux mouvements qui seront observables dans les allées du Grand Palais…


2. Le Pop Art


De la Figuration Narrative au Pop Art, il n’y a qu’un pas, aisément franchi par de nombreuses galeries. Né aux Etats-Unis dans les années 1960, le « Pop Art » dérive de popular culture et se veut en étroite relation avec la culture de masse. Les emblèmes de la société américaine de consommation, les références à la bande dessinée et les emprunts à la publicité se font légion. Les compositions sont simples et les couleurs éclatent, valorisant un monde joyeux, ludique, économiquement fort et ouvert à tous les plaisirs sensuels…

Décédé en 2004, Tom Wesselmann est aujourd’hui adoubé des marchands. Son œuvre se divise en deux séries majeures : de grands nus féminins et des natures mortes conçues à partir d’objets trouvés et d’images découpées dans des magazines. La genèse de sa carrière se met en place dès les années 1960 et demeurera identique jusqu’aux derniers tableaux, même s’il évolue au niveau de la technique. L’image de l’Amérique des sixties qui ressort de ces figures lascives et éléments du quotidien est peut-être faussement idéalisée, mais elle n’en marqua pas moins les générations. La galerie Pascal Lansberg propose un exemplaire de nature morte de Wesselmann avec rose et cigarette datant de 1969.

Quant à Laurent Strouk, il a intitulé son stand USA. Un nu érotique de Wesselmann y mène la danse, en bonne compagnie d’Andy Warhol, peut-être le plus célèbre auteur du mouvement, ici symbolisé par la représentation du dollar ! Amusant, quand on sait que plus de vingt ans après sa mort, cet artiste bat encore des records en maison de vente. Robert Indiana, créateur de la fameuse sculpture Love et qui travailla beaucoup sur la lettre et l’immédiateté de la symétrie des couleurs et des formes, et Keith Haring, chantre du graphisme et des pictogrammes, sont aussi de la fête. Ces artistes voulaient dès le départ s’adresser à un large public, à travers un langage et des thèmes simples et universels, qu’ils touchent encore aujourd’hui.

Une autre figure emblématique du Pop Art, Mel Ramos, est présenté à la fois par la galerie Rive Gauche, la galerie allemande Levy et Patrice Trigano. Né en 1935 en Californie, il s’inspire en début de carrière de l’imagerie des comics américains et dépeint les effigies de Batman ou de Flash Gordon. Il aborde ensuite le thème des pin-up dont il ne se départira pas. Il les combine à des articles de consommation divers ou des cigares… et les propose en peinture ou en sculpture, tout en volume… Féministes s’abstenir !


(La suite très prochainement)

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