L'édition 2010 du Opline Prize a remporté un vif succès : environ 9'300 internautes ont voté pour élire leur artiste préféré. Au final, Olga Chagaoutdinova - représentée par la Galerie Trois Points, Montréal - remporte le prix.
Originaire de Russie, Olga
Chagaoutdinova réside à Montréal depuis 2000 où elle a terminé une maîtrise en photographie à l’Université Concordia. Son travail a déjà été présenté à Montréal
( Galerie Trois Points, Dazibao), Ottawa (Patrick Mikhail Gallery), Cuba (Pabellon et
Ludwig Fondation à La Havane), et Khabarovsk en Russie (Far Est Museum of Fine Art). Elle vient de représenter a Russie dans le cadre du Pingyao Photography Festival (province chinoise de
Shanxi) et participe actuellement à Photovisa, un festival de photographie, qui se tient à
Krasnodar (Russie).
Si Olga Chagaoutdinova est d’abord photographe, elle s'exerce aussi à la vidéo et l’installation. Elle est essentiellement reconnue pour son travail très sensible qui, sans être documentaire, s’intéresse à la culture et aux changements sociaux.
« Vivant au Canada depuis une dizaine d’années, Olga Chagaoutdinova est restée attentive à l’évolution de la société où elle a vécu les premiers effets de la perestroïka. Elle est retournée en Russie pour réaliser des séries photographiques, faites de portraits et de vues d’intérieurs, qui juxtaposent les artefacts d’un mode de vie soviétique traditionnel à des éléments hétéroclites d’une culture de consommation à l’occidentale. Chagaoutdinova a aussi cherché des traces similaires à Cuba, autre société communiste au faible développement, tout de même marquée par les rêves de consommation. Son regard nouvellement distancié façonne des images sensibles, épurées et révélatrices. » (extrait du texte de Gary Michale Dault, CV84, printemps 2010)
S'’étirant entre les années 2004 et 2006, sa série « Russian Pictures » prend racine dans nombre de cités de Russie, notamment Moscou et St-Petersburg. L’intention de l’artiste est d’examiner la nature de la vie du Russe moyen, dix-sept ans après la Perestroïka. La transition du socialisme vers le capitalisme de ces années a mené la Russie vers l’adhésion à la communauté internationale. Ces changements profonds ont eu des impacts majeurs sur la vie des gens et leurs valeurs ont été transformées. Suite à cette longue période de transitions politiques, économiques et sociales, la question que se pose la Chagaoutdinova.
[Visuel : Olga Chagaoutdinova, A fan, a bed, a crosses, Cuban pictures, C-Print 2007, tirage de 5]
Du 1er octobre 2010 au 2 janvier 2011, le FRAC Champagne-Ardenne présente « Swing Project 1 », la toute première exposition de Anna + Peter, duo composé de l'artiste allemande Anna Blessmann et du designer anglais Peter Saville.
Les deux artistes - Anna Blessmann (née en 1969 à Berlin) et Peter Saville (né en 1955 à
Manchester) - se sont rencontrés en 2001, dans une galerie berlinoise, et ont très vite décidé de collaborer à la création d'œuvres. Si quelques unes de leurs pièces ont déjà été dévoilées, en
2005, au Migros (Zurich), « Swing Project 1 » constitue véritablement leur première exposition commune.
Initiée il y a deux ans par Florence Derieux, qui prenait alors la direction du Frac Champagne-Ardenne, cette exposition entremêle les influences des deux créateurs. Elle prend pour « point de départ l'observation que, dans un monde où toutes les disciplines artistiques sont intrinsèquement liées, jusqu'à se confondre [...] l'art contemporain doit désormais être abordé comme une philosophie de la société et non plus en relation avec l'idée même de forme. »
« Swing Project 1 »
Lors du vernissage, jeudi 30 septembre, les visiteurs sont accueillis tels des VIP : à l'entrée, on leur tatoue la main puis on leur offre une coupe de champagne (les artistes auraient souhaité poursuivre ce traitement de faveur durant toute l'exposition, mais n'auraient pas reçu l'accord).
Dans la première salle, ils découvrent un bar recouvert de miroirs, des cartons argentés (sur lesquels il est possible de laisser ses coordonnées à ses allocuteurs...) et une expression écrite en néon « Happy Endings... ». Des références évidentes aux clubs privés et échangistes, favorisant le renversement des traditionnels codes de l'exposition. Ici, le spectateur quitte son statut de simple regardeur, et devient un véritable acteur (ndlr l'idée n'est pas nouvelle, et cette exposition entre dans la logique de l'art participatif, l'art relationnel, l'art contextuel...).
Par la suite, le visiteur est invité à expérimenter trois installations. Celles-ci sont conçues tels des espaces de liberté (seule une règle est édictée : il est nécessaire de se déchausser avant d'y pénétrer). Dans la première, le visiteur expérimente un lieu éclairé par une lumière noire, dans la seconde, un « espace de relaxation » et dans la troisième, une singulière cabine d'essayage où il peut s'attacher avec une lannière (référence au bondage).
Anna + Peter
[Visuels : Anna + Peter, Happy Hendings Bar (détail), 2010. Technique mixte. Dimensions variables // Anna + Peter, Purple
Box, 2010. Technique mixte. 221 x 374 x 218 cm // Anna + Peter, Strap-in Mirror Corner, 2010. Technique mixte. 172 x 172 x 221
cm. Photographe : Isabelle Giovacchini]
Du 1er au 31 octobre 2010, Arts Le Havre investit divers lieux de la ville portuaire : le Pasino, la Villa Armand Salacrou, la Société des Régates du Havre, le Studio (cinéma d’art et d’essai), l’Art Hôtel, le Bassin du Commerce, le Portique (centre d’art contemporain), et le musée maritime et portuaire.
Entre art contemporain et bande dessinée, la biennale Arts Le Havre crée les conditions d’un dialogue à voix égales entre les œuvres d’artistes comme Jean Michel
Alberola, Wim Delvoye, Christophe Blanc, Pauline Fondevila, Franck Scurti ou encore Francesc Ruiz, et celles de Vaughn Bodé, Jochen Gerner, Ilan
Manouach, Ruppert & Mulot, le collectif Atrabile...
► Rendez-vous vendredi 1er octobre pour l’inauguration de la 3ème Biennale Arts Le Havre à 17h au musée maritime et portuaire du Havre (chaussée Roger Meunier, Hangar 1, en accès libre) pour découvrir le musée éphémère dédié aux artistes de la biennale.
A cette occasion, Hervé Robbe et le Centre Chorégraphique National du Havre présentent une performance : Une maison sur la colline. Ce duo est inspiré de la matière chorégraphique du film du même nom, tourné par Hervé Robbe et Vincent Bosc à la Villa Noailles, conçue par l’architecte Mallet-Stevens en 1925. Il donne à voir une série d’interventions performatives construites en duo, une danse de personnages burlesques, aux actions et univers fortement influencés par le mouvement moderniste, le surréalisme et l’évocation imaginaire des années 30.
► Vous pourrez aussi assister à cette performance chorégraphique le 2 octobre à 17h30 au musée maritime et portuaire du Havre (en accès libre).
Elle sera suivie à 18h d’une rencontre animée par Alain Berland autour de « Vaughn Bodé et le graffiti dans la contre culture américaine des années 70 », avec Mark Bodé, Jace, Diksa et Konu.
[Visuel : Jochen Gerner, Abstraction, planche n° 30 / 60, encre noire sur support imprimé, 17,8 x 12,7 cm, 2010. © Jochen Gerner]