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Art contemporain à Paris

Mercredi 14 avril 2010 3 14 /04 /Avr /2010 11:23

A l’occasion de la publication de L’Etalon pré-posthume, dessins 1957-2007, catalogue de la donation Joël Kermarrec à l’Ecole nationale supérieure des Beaux-arts, la Galerie des Modernes (Louvre des Antiquaires - Paris 1 - 1er étage) présente du 24 avril au 9 mai 2010 un accrochage de dessins et d'ardoises de l’artiste.

 

Joel-Kermarrec.pngL’œuvre de Joël Kermarrec comprend des peintures, souvent retravaillées, un grand nombre de dessins, d’objets, de photographies et même d’installations. Il porte aussi bien sur l’énoncé du visible que sur son énonciation. Son intelligence associe parfois le religieux et le scabreux, l’analytique et le symbolique, l’onirique et l’obsessionnel, tout en questionnant sans cesse les relations entre les signes et leurs logiques signifiantes.

Trop rarement envisagées sous le jour d’un même éclairage, ces nombreuses facettes interrogent autant l’image que la forme, le dessin que la couleur, mais aussi le texte et la pensée dans leur double statut de citations et d’aphorismes poétiques.

Joël Kermarrec pratique un jeu incessant de corrosion, d’altération et de retournement des formes, des images et des signes. Invitant le spectateur à l’interprétation, il le pousse jusqu’au bord de la déréliction.

Travaillant sur la peinture, l’objet ou le sujet de la peinture, l'artiste déconstruit, dénature, joue avec les images, les ambiguïtés visuelles, l'illusion, le simulacre, utilisant les moyens mêmes de la peinture ou plutôt les artifices de la peinture. Esprit curieux, redoutable contradicteur, sa création toujours inachevée, toujours en devenir, centrée sur le modèle, refuse la facilité et la séduction. Détournement d’images magrittéennes, règlements de comptes avec le Maître du Mystère, déclinaisons de formes à l’infini, présence récurrente du crâne, symbole de la Vanité, Joël Kermarrec balise ses interrogations picturales de signes et d’indices, marqués par le doute, l’inquiétude du devenir.

 

Repères biographiques

Né en juillet 1939 à Ostende, Joël Kermarrec vit et travaille à Paris depuis 1958. Doué pour le dessin, il expose dès 1957 un ensemble de dessins à Roubaix à la Galerie Création. Il entre en 1958 à l’Ecole Nationale Supérieure des Beaux-arts de Paris où il poursuit ses études artistiques jusqu’en 1963. En 1964, il expose au Salon de la Jeune Peinture.

En 1968, il participe à la mise en place du Département Art de l’Université de Vincennes (Paris VIII) sous la direction de Jean Laude et y enseigne de 1969 à 1975. De 1975 à 1987, il enseigne à l’Ecole des Beaux-arts de Marseille/Lumigny.

En 1987, il est nommé professeur à l’Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts à Paris, poste qu’il occupe jusqu’en janvier 2007. Souhaitant que cette institution devienne le lieu de référence de sa production graphique, l’artiste a réalisé plusieurs dons entre 1994 et 2008. Au total 52 dessins qui permettent de suivre l’évolution de son style, de ses premières études d’après modèle jusqu’à ses dernières recherches.

 

[Visuel : Joël Kermarrec, Etalon pré-posthume Dessins 1957-2007, 2010]

 

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Lundi 12 avril 2010 1 12 /04 /Avr /2010 08:38

Du 19 au 21 avril 2010, La Générale offre carte blanche à AnnaO. A cette occasion, la jeune artiste présente un ensemble de peintures à l'huile et feuille d’or, sculptures en bronze, dessins à l'encre de Chine et photographies. Une exposition ponctuée de divers événements festifs.

 

AnnaOAnnaO (née en 1979, vit et travaille à Paris) est tout à la fois plasticienne, auteur-compositeur et interprète - son album She was a Princess est à paraître. Egalement poète, elle a publié des extraits de son travail dans Action Poétique, Le Zaporogue, Runbook art book, etc.

« Les sculptures d’AnnaO se découpent d’un chaos – le nôtre et le sien – dont elles découvrent et explorent les structures. La Chose s’incarne en ce qui apparaît immédiatement comme un désordre de haute précision, ici une série de Princesses du Crépuscule arrachée de haute lutte à l’invisible qui précédait. Il y eut combat mais il y a maintenant ouverture, naissance et cristallisation. On pense aux danseuses de Degas, car ces Princesses SONT des robes, de très étranges vêtements… Couture ? Certainement. Coupes et découpes, plissés que l’on dira un jour arrachés, robes et dérobes. Danseuses au hiératisme lumineusement giacomettien, envers : le punk est mort, vive le punk.

AnnaOLa peinture d’AnnaO répond à ses sculptures ou bien c’est l’inverse, sa peinture où s’emmêlent autoportraits et Princesses errantes, « de biais absolument ». La trace guide, le geste commande. La trace qu’il y a déjà pourrait-on dire, aussi bien que l’empreinte, celle d’un passage. Lignes de fuite, aussi bien que de direction.

Paysage mental et universel, lieu d’abstraction. Mais paysages absolument physiques surtout, charnels, textuels.

Ses sculptures (bronze et cinéfeuille), ses peintures (feuille d’or, encre de chine, peinture à l’huile), ses dessins aux inspirations éclectiques où se mêlent élan abstrait et poésie figurative offrent une vision à la fois hors temps et inquiétante, ou même parfois presque violente. Mais du même mouvement s’impose une douce pudeur. Les photographies qui accompagnent ou encore une fois répondent à l’œuvre sculpté et à l’œuvre peint sont pour leur part autant de métaphores fantomatiques du lieu depuis lequel l’artiste s’exprime, lieu qu’elle ne cesse de donner à entrevoir ». (A. Descarmes)

 

Les événements à la Générale 

  • Le 19 avril (à partir de 16h) : Vernissage à La Générale (14 avenue Parmentier - Paris 11)
  • Le 21 avril  (à partir de 16h) : Lectures d'AnnaO et de ses invités : Anne Kawala, Christophe Marchand-Kiss, Séverine Daucourt-Fridiksson, Alain Descarmes, Emmanuelle Grangé-Bosc, Gwennaïg Le Métayer, L Sarah Dubas... Et concert d'AnnaO, SuperBravo, Tristan Poupée, Mark Mulhollan...

Comme une réponse sonore, en avant-première à sa carte blanche à la Générale, WebSYNradio propose une présentation du travail plastique, musical et poétique d’AnnaO, mais aussi des Conversations avec Alain Descarmes détaillant les parcours de ses invités poètes, écrivains et musiciens, des extraits de son album à paraître She was a Princess produit par Marc Collin ainsi que des inédits et des morceaux de ses invités.

 

[Visuels : AnnaO, Autoportrait (détail). En bas : AnnaO, Mi-Princesse mi-errante. Dessin. Encre de Chine et encre d’or. 23 x 30 cm]

 

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Vendredi 2 avril 2010 5 02 /04 /Avr /2010 08:06

A l’occasion du dixième anniversaire du prix  « Générations  » – initié par Obra Social Caja Madrid - qui consacre chaque année des artistes de moins de 35 ans de la scène contemporaine espagnole, le CENTQUATRE (104 rue d’Aubervilliers  - Paris 19) accueille la première rétrospective de ce projet de mécénat exceptionnel.

 

Ibon Aranberri« Déplacements » est une exposition réalisée pour fêter le 10ème anniversaire du projet Générations, Prix et Bourses d’art Obra Social Caja Madrid. Onze marqueurs de la création contemporaine en Espagne y participent : Lara Almarcegui, Ibon Aranberri, Sergio Belinchón, David Bestué et Marc Vives, Bleda et Rosa, Santiago Cirugeda, Pedro G. Romero, Dora García, Federico Guzmán, Cristina Lucas et Fernando Renes.

Sélectionnés par un jury international, ces onze artistes offrent au visiteur une vision du dynamisme de  la création contemporaine en Espagne. Photographie, installation plasticienne, vidéo, sculpture… autant de supports utilisés pour présenter des œuvres pour la plupart inédite à l’occasion de cette exposition.

Déplacements » met en exergue le thème de l’espace qui traverse l’Histoire de l’Art et inspire aujourd’hui encore la création la plus contemporaine. Tous les projets présentés dans cette exposition abordent ce sujet en approfondissant ses différents aspects. Avec des œuvres traitant de l’espace public et privé, de l’espace illusoire, de l’espace de la mémoire, de l’espace cartographique ou de l'espace urbain, les artistes de Déplacements mettent en évidence la richesse des approches qu’inspire ce thème dans l'art actuel. 

Ainsi, Lara Almarcegui proposera un travail photographique autour du concept de « ruines » destinée inexorable de tout bâtiment construit ; Ibon Aranberri nous parle de la mémoire du lieu évoquant la construction du barrage d’Itoiz ; Sergio Belinchon libérera de ses personnages tous plans du film Le Bon, la Brute et le Truand ; David Bestué et Marc Vives proposeront les transformations subies par un objet dans son parcours à travers l’espace intérieur et extérieur ; Bleda et Rosa utiliseront les typologies architectoniques pour interroger notre rapport au temps ; Santiago Cirugera proposera de nouvelles perspectives urbaines au travers une vidéo de ses interventions tout au long de l’année 2009 ; Pedro G. Romero proposera une installation où l’œuvre observée n’est pas celle que l’on croit; Dora Garcia développera l’imaginaire des visiteurs avec « La Pièce fermée » ; Frederico Guzman  s’inspirera de la posture zhang zhuan qui signifie « être planté comme un arbre » pour nous parler de l’union entre l’espace terrestre et l’espace céleste ;  Cristina Lucas  fera fi des règles géopolitiques et proposera une nouvelle lecture de nos frontières grâce à deux mappemondes du sexe et Fernando Renes, explorera le territoire du « foyer » et notre capacité à fantasmer nos espaces de vie.

 

[Visuel : Ibon Aranberri, Dam Dreams (Traversed), 2004-2010. 13 panneaux de signalisation métalliques. Dimensions variables. Courtoisie de l’artiste]

 

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