- Centre Pompidou (petite salle) : « Internet on Amour »
(18h-20h)
? : Kit de survie dans un monde P2P. Invités : Alain Prochiantz, neurobiologiste, Michel Bauwens, président de la P2P Foundation et Annie Abrahams, artiste.
Jamais il n'avait été possible de voir et/ou contrôler à distance et dans l'instant d'aussi vastes territoires (humains, objets ou signes) depuis un même point, qu'il s'agisse d'un centre de
commandement, du siège d'une multinationale ou d'un moteur de recherche. Jamais non plus les échanges horizontaux n'avaient permis l'émergence de nouvelles formes de savoir et d'organisation à la
Wikipédia. Alors que les internautes transgressent allègrement les lois (« tous pirates ! »), les entreprises prennent la place des gouvernements sur les questions de vie privée… Ces mutations
s'accompagnent d'une crise d'identité profonde, soit que les individus ne se reconnaissent plus dans les édifices hiérarchiques (Etats, organisations commerciales, etc.), soit que les échanges
non hiérarchisés ne représentent pas (encore) une réalité tangible pour eux. Peut-on imaginer de s'affranchir du centre physique, comme le suggèrent les développements des protocoles du P2P (peer
to peer, pair à pair ou point à point, les transferts d'informations d'un ordinateur à un autre) dans la future version de l'Internet (IPv6) ?
Comment vivre dans un monde pair à pair, de qui à qui et d'où à où? Pour leur deuxième édition, les rencontres « Internet mon Amour », à l'initiative d'«artisans» du réseau (chercheurs, artistes,
critiques, observateurs et activistes), invitent à croiser les regards : Annie Abrahams, net-artiste sensible, qui, au travers de performances on et offline, interroge la part organique des
échanges virtuels, Alain Prochiantz, neurobiologiste professeur au Collège de France, qui a mis à jour certains phénomènes d'échanges intercellulaires (des échanges P2P biologiques ?) et Michel
Bauwens, président de la Fondation P2P qui défend un modèle non-hiérarchique d'interaction sociales) rapprocheront leurs visions d'un corps social et d'un corps biologique en cours de
redéfinition.
Après une première séance, « Faut-il avoir peur du Web 2.0 ? », en février dernier autour de Geert Lovink, théoricien des médias, les rencontres «Internet mon amour» tissent des liens entre
réseaux immatériels et monde de la pensée (écrivains, biologistes, philosophes). Parce que les enjeux culturels, économiques, politiques, sociaux et identitaires d'Internet dépassent ses
acteurs.
Les « artisans » d'Internet mon amour: Olivier Auber, chercheur, Xavier Cahen, net-artiste, Agnès de Cayeux, net-artiste, Géraldine Gomez, curatrice au Centre Pompidou, David Guez, artiste
hacktiviste, Valentin Lacambre, figure de l'Internet indépendant, fondateur d'Altern et Gandi, Nathalie Magnan, tacticienne des médias et cyberféministe, Albertine Meunier, net-artiste, Annick
Rivoire, créatrice du site Poptronics, Anne Roquigny, curatrice nouveaux médias, et Cyril Thomas, historien de l'art.
Place Georges Pompidou - 75004
Paris - site - fiche