Publié par Jean-David Boussemer

Envisagé comme une plate-forme expérimentale, le site de création contemporaine du Palais de Tokyo s’est, en quelques années, imposé sur le devant de la scène artistique mondiale. Un espace de création sans cesse en mouvement, un lieu où « demain s’invente aujourd’hui ».

 

Intitulé « Il manquait à Paris », le premier texte rédigé par l’équipe curatoriale du Palais de Tokyo reflète bien la double vocation du site : avec flexibilité, présenter les différentes tendances émergeant dans la capitale et les contextualiser au sein de la sphère artistique internationale. 

 Avec brio, le « lieu média et outil de communication » a largement dépassé ses objectifs initiaux : 80'000 visiteurs par an (actuellement, la fréquentation mensuelle est de 19'400 entrées). Entre janvier 2002 et janvier 2006, quasiment un million de visiteurs — dont 30% d’étrangers — a contemplé les 108 expositions (96 monographiques et 12 collectives). 

 La réussite de la stratégie de sensibilisation est principalement à mettre aux crédits du « grain de folie » du « tandem improbable » formé par les deux anciens directeurs, des nouveaux outils mis en place (la newsletter…), de l’énergie du conseil d’administration (Pierre Restany — son premier président, de 2000 à 2003 — secondé par Pierre Cornette de Saint-Cyr et de nombreux artistes tels que Orlan…), des aides publiques (un million huit cents milles euros, un peu plus de la moitié du budget annuel), ainsi qu’au large recours au mécénat (encore peu ancré dans les mentalités françaises). 

Depuis son ouverture, le laboratoire d’expériences artistiques a bénéficié de la protection des différents ministres de la Culture qui se sont succédés, tant de gauche que de droite. 

Fort intéressé par l’art contemporain, Renaud Donnedieu de Vabres avoue y être rentré dix fois en vingt-trois mois de fonction… Dans le futur, il n’escompte pas en modifier l’esprit, devenu un véritable « label ». L’aménagement de deux nouveaux espaces — un plateau de 5000 m² au niveau inférieur et un autre au premier étage — donnera prochainement une nouvelle impulsion à des disciplines encore négligées : la mode, le cinéma et le design (volonté du Premier ministre). Le projet d’aménagement a été confié en décembre 2005 à Alain Lombard et devrait être remis avant l’été 2006. 

Renaud Donnedieu de Vabres espère également que des synergies (navettes, événements communs…) s’établiront entre les différentes institutions de l’Ouest parisien : Musée Galliera, Cité de l’Architecture et du Patrimoine (Palais de Chaillot), Musée du Quai Branly…

Depuis douze ans, directeur d’institutions culturelles à économie mixte (1995-2000, Centre d'Art Contemporain de Neuchâtel, puis Swiss Institute de New York), Marc-Olivier Wahler souhaite collaborer avec l’équipe en place, ainsi qu’avec des spécialistes de tout ordre (sportifs de haut niveau, physiciens, pharmaciens…). Cela à deux fins : l’ « encouragement de nouvelles formes artistiques » et la « densification des interprétations ». 

Son programme — envisagé comme un « médium » — sera annuellement découpé en cinq chapitres. Une fois par an, un artiste sera invité à en établir une partie ; il pourra ainsi permettre à ses obsessions de trouver un temps propice. 

En septembre 2006, deux expositions de groupe devraient être présentées ; l’une d’entre elles, intitulée « 5 Milliards d’années » « flirtera avec la science-fiction, la physique quantique, les trous noirs et l’espace en expansion. L’exposition sera complétée par des cycles de conférences sur des sujets aussi divers que l’anti-matière, le kung-fu, le jodel et les mutants. ». 

Enfin, dernière mesure annoncée : la création de deux modules de taille très modeste devant permettre, de manière très réactive, de présenter le travail de jeunes artistes. Des vernissages sont prévus à date fixe tous les mois. 


Nicolas Bourriaud et Jérôme Sans ont été appelés par la Municipalité de la ville de Paris pour organiser la Nuit Blanche 2006.

Source : conférence de presse « Rapport d’étape, perspectives et développements », tenue le 3 février 2006, au Palais de Tokyo. En présence de : Renaud Donnedieu de Vabres (Ministre de la culture et de la communication), Maurice Lévy (directeur du Palais de Tokyo), Nicolas Bourriaud et Jérôme Sans (fondateurs et co-directeurs du Palais de Tokyo jusqu'au 1er février 2006) et Marc-Olivier Wahler (nouveau directeur de l’institution).

Commenter cet article