Notes prises lors de la projection du film Denise René de Camille Guichard (entretien avec Anne Tronche, France, 1998, VO, 52 min), le 13 mai 2005 à la Maison du Danemark, dans le cadre du cycle ‘objectif ART’.
Fille d’un collectionneur - qui côtoyait de nombreux artistes et possédait un compotier de Herbin - Denise René s’attache, depuis ses débuts, à l’abstraction géométrique.
En 1944, elle ouvre sa première galerie au 124 de la rue de la Boétie (un appartement au 1er étage, ouvert pendant trente ans) - et se lance à la recherche de nouveaux talents fuyant l’Ecole de Paris. Dans un premier temps, elle essuie un flot de critiques : l’ « art construit » qu'elle promeut est jugé trop froid… Mais elle n’abandonne pas, persuadée que cet art demande un long temps d’adaptation. Pour mieux le faire connaître, elle organise, en pleine effervescence de l’après-guerre, des cycles de conférences (notamment menées par Charles Estienne, ardent défenseur de l’abstraction géométrique). Progressivement, elle se prend de passion pour de nombreuses tendances : le cinétisme, le GRAV (mouvement très indépendant dont elle publie quelques manifestes), les œuvres lumineuses… Femme de conviction et de poigne, elle se refuse à exposer Yves Klein (ses empreintes de corps sont jugées trop figuratives) et Fontana (jugé trop « négatif » à cause de ses destructions de toiles).
Parmi les grandes dates qui ont jalonné sa vie :