Publié par Jean-david Boussemaer

Hommage posthume rendu au commissaire d’exposition Harald Szeemann qui - pendant près d’un demi-siècle - organisa artistiquement le monde en promouvant des inconnus, des méconnus et des oubliés.

 

Dès la fin de ses études d’histoire de l’art, d’archéologie et de journalisme, le jeune Harald Szeemann (né à Berne en 1933 et mort le 18 janvier 2005) se fait remarquer par son esprit à la fois libre, ouvert et indépendant. Doté d’une forte personnalité, il apparaît comme un « rebelle » (terme de Thomas Hirschhorn), un « cochon à truffe » (comme il aimait à se définir), proche des artistes et passionné par son activité. Très respectueux des œuvres, il ne les dénaturait jamais et s’acharnait à les placer sous un angle optimal pour dévoiler toute leur intensité.

 

Parmi les principales dates qui ont jalonné sa carrière, Michel Ritter souligne :

— 1957 : « Peintres Poètes / Poètes Peintres » (Saint-Gall, Suisse), sa première expo en tant que commissaire. Un hommage à Hugo Ball.
— 1961 : Directeur de la Kunsthalle de Berne.
— 1969 : « Quand les attitudes deviennent formes » (Kunsthalle de Berne), célèbre exposition montée en 3 mois. Face à l’incompréhension des institutions, il décide de travailler en freelance.
— 1970 : « Happening and Fluxus » (Cologne) mettant en avant les actionnistes viennois.
— 1972 : Promu commissaire de la documenta 5 (Kassel).
— 1975 : Concept du « musée des obsessions » : les expositions sont vues comme des machines célibataires.
— 1991 : Commissaire d’exposition indépendant à Zürich.
— 1997 : 4ème Biennale de Lyon sur l’Autre.
— 1999 et 2001 : Biennales de Venise.
— 2005 : « La Belgique visionnaire. C'est arrivé près de chez nous » (Musée des Beaux Arts de Bruxelles, 8/02-15/05/05).

Réalisé en 1969 - à l’occasion de l’exposition « Quand les attitudes deviennent formes » - le documentaire éponyme de Marlène Belilos constitue un remarquable témoignage. Harald Szeemann y explique que l’idée de présenter des actions directes lui vint après avoir entraperçu un artiste arroser du gazon sur une table [note : depuis 1966, plusieurs artistes cherchent à s’éloigner de la géométrie et - par le biais d’actions très simples - donnent plus d’importance aux matériaux]. Parmi les artistes présentés : Lawrence Weiner (qui détachait le plâtre d’un bout de mur d'un mètre carré) et Beuys (qui travaillait avec des cubes de saindoux et un magnétophone diffusant une litanie « nenenene... yayayayaya …»).

 

 

Commenter cet article