Publié par Paddythèque


Du 22 septembre 2009 au 22 novembre 2009, la seconde édition de « Photoquai » la biennale de la photographie non occidentale confronte différentes images de la modernité pour promouvoir le dialogue interculturel.


Créée en 2007 à l’initiative du musée du quai Branly, la biennale Photoquai réunit des images du monde entier.  Elle « dévoile d’autres regards actuels sur le monde, et rend compte de la diversité des manières de percevoir le monde non-occidental aujourd’hui, de l’intérieur, par les artistes qui y vivent, loin des clichés que véhicule souvent une certaine photographie touristique. Aussi, les photographes voyageurs européens et occidentaux laissent-ils la place à des artistes issus des pays concernés et encore jamais montrés en Europe. » (Stéphane Martin, président du musée du quai Branly)

La manifestation a « l’ambition de 'créer la tendance', en présentant des artistes professionnels émergents, dont l’oeuvre existe dans leur pays d'origine tout en étant inédite en Europe. Derrière ce souhait, point d’arrogance : il s’agit de proposer une autre image du monde, et peut-être de permettre un regard rénové sur certains pays, en premier lieu ceux que nous croyons connaître. A l'heure des malentendus globalisants et des fantasmes réciproques entre l'Occident et le non-Occident, Photoquai ambitionne de livrer un autre regard sur le monde. Pour contrebalancer le flot d'images de guerre, de pauvreté et d'horreur dont le public européen est abreuvé, Photoquai met en avant la modernité et la finesse d’autres cultures, pour établir un vrai dialogue entre des civilisations qui se parlent parfois de 'cliché à cliché' » (Anahita Ghabaian Etehadieh, directrice artistique de Photoquai / galeriste iranienne et fondatrice de la Silk Road Gallery, lieu spécifiquement dédié à la photographie).


Sur les quais de la Seine le long du musée du quai Branly

Un parcours photographique en libre accès présente des oeuvres de 50 photographes contemporains du monde entier. Peu connus (voire inconnus) en Europe, ceux-ci résident dans les 6 zones géographiques représentées au sein des collections de l'institution parisienne :

  • Afrique et Maghreb : Afrique du Sud : Ilan Godfrey et Nomusa Makhubu / Algérie : Nadia Feroukhi / La Réunion : Raymond Barthes / Madagascar : Pierrot-Men / Maroc : Khalil Nemmaoui / Nigeria : Emeka Okereke / Tunisie : Mouna Karray ;
  • Amérique centrale et du Sud : Argentine : Esteban Pastorino, Hugo Aveta et Santiago Porter / Brésil : Julio Bittencourt / Mexique : Jeronimo Arteaga, Pablo Lopez Luz et Daniela Edburg / Pérou : Morfi Jimenez et Pablo Hare ;
  • Amérique du Nord : Canada : Arthur Renwick, Jeff Thomas et Adrian Stimson ;
  • Asie : Chine : Ayin, Meng Jin, Lu Guang et Jin Ping / Corée : Chung Chu Ha / Inde : Atul Loke et Sooni Taraporevala / Indonésie : Muhammad Iqbal / Japon : Masato Seto et Hiromi Tsushida / Malaisie : Nadia Bamadhaj / Philippines : Jake Versoza ;
  • Océanie et Pacifique : Australie : Brook Andrew / Nouvelle-Zélande : Joyce Campbell / Hawaï : Jan Becket ;
  • Proche et Moyen-Orient : Afghanistan : Fardin Waezi / Arménie : Anahit Hayrapeyan et Karen Mirzoyan / Azerbaidjan : Sanan Aleskerov / Egypte : Nermineh Hammam / Grèce-Turquie : Myrto Papadopoulos / Iran : Abbas Kowsari, Gohar Dashti et Katayoun Karami / Israël : Tamir Sher / Kazakhstan : Erbossyn Meldibekov et Saïd Atabekov / Liban : Rima Maroun / Turquie : Arif Asci et Melisa Onel. 

Un soin tout particulier a été porté au traitement scénographique : Patrick Jouin a conçu un système de structures où sont exposées les photographies. Une série d’alcôves reliées par un sol unique fragmentent et recomposent les perspectives selon l’orientation des cimaises aux angles aléatoires. En marchant, les associations d’images se font et se défont, mettant en lumière les thèmes proposés ou au contraire produisant des effets de rupture. Le choix des grands formats permet la vision de loin, et donne aux œuvres la plénitude de leur expression.


Une quainzaine d'autres expositions

  • L’ARC présente l’installation vidéo de l’un des pionniers du cinéma expérimental thaïlandais : Apichatpong Weerasethakul. Inspirées par de multiples références qui vont du bouddhisme traditionnel à la culture populaire, ses vidéos font référence à la mémoire individuelle ou collective. Elles interrogent en filigrane, au-delà de leurs aspects purement artistiques et visuels, le système de la culture thaïlandaise et par extension notre rapport aux cultures traditionnelles.
  • La BnF consacre une exposition à l'Anglais Michael Kenna, un voyageur photographe qui à l’écart des phénomènes de mode et du dogmatisme esthétique, a bâti un corpus centré sur la question du paysage.
  • Le centre culturel canadien expose des œuvres photographiques d’Arthur Renwick (sur les traditions spirituelles et cosmologiques des Aborigènes), Adrian Stimson (avec son personnage transgressif, Buffalo Boy, parodie du célèbre Buffalo Bill) et Jeff Thomas (sur l’expérience urbaine amérindienne).
  • La galerie Baudoin Lebon présente le travail récent de l’artiste iranienne Shadi Ghadirian, en collaboration avec Anahita Ghabaian Etehadieh, de la Silk Road Gallery à Téhéran. Dans ses travaux les plus récents, Shadi Ghadirian aborde les problèmes de la société iranienne d’aujourd’hui, sujet difficile au regard des nombreux interdits du régime autoritaire iranien.
  • La Monnaie de Paris a choisi de montrer les trois plus récentes générations de photographes iraniens entre la Révolution islamique de 1979 et 2009.
  • D'autres présentations sont organisées à l’ambassade d’Australie, la galerie Bendana Pinel, l’Instituto de Mexico, l’Ecole Nationale de la Photographie d’Arles, l’Ecole Spéciale d’architecture, et au Pavillon des Sessions (antenne du musée du quai Branly au Louvre).


Et des rencontres au musée du quai Branly

  • Une rencontre autour de l’Iran : Bahman Jalali et Mehran Mohajer, commissaires iraniens se rencontreront en présence du philosophe iranien Daryush Shayegan (à confirmer). La soirée sera traduite en simultané avec casques dans la salle (français et anglais). Mardi 22/09/09, de 19h à 21h au Théâtre Claude Lévi-Strauss, accès libre dans la limite des places disponibles.
  • Une rencontre avec Gabriela Zamorano Villareal, post-doctorante (City University of New York) et boursière du musée du quai Branly (2008-2009). Jeudi 8/10/09 à 19h au Théâtre Claude Lévi-Strauss, accès libre dans la limite des places disponibles.
  • Chaque vendredi soir, un rendez-vous est donné au public pour débattre et ouvrir son regard sur la photographie lors de projections et de conférences organisées au théâtre du musée. Ces soirées portent sur des thèmes transversaux à la pratique de la photographie, et plusieurs sont spécifiquement dédiées à la photographie iranienne. Les intervenants de ces rencontres, autour de la directrice artistique Anahita Ghabaian Etehadieh, parleront de leur expérience, et la feront partager en images sur le grand écran du théâtre Claude Lévi-Strauss. Les 2, 9, 16, 23, 30/10/09, et 6, 13/11/09 de 19h à 21h au Théâtre Claude Lévi-Strauss, accès libre dans la limite des places disponibles.

Le programme complet de la manifestation est disponible sur www.photoquai.fr



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garcia 02/09/2009 15:58

ça l'air d'être un super événement, merci pour l'info, très complète