Publié par Paddythèque

Du 26 septembre au 25 octobre 2009, la Fabrique (Montrouge) accueille la Biennale de la Jeune Création Européenne. 90 artistes émergents issus de 9 pays (l’Autriche, l’Espagne, la France, la Hongrie, l’Italie, la Lituanie, la Pologne, le Portugal et la Slovaquie) feront leurs premiers pas sur la scène internationale.



La Biennale investit les 4'000 m2 de « La Fabrique », un ancien bâtiment industriel installé au cœur de la cité montrougienne remis à l’heure contemporaine. Pour le maire de la ville, Jean Loup Metton, « cette Biennale itinérante permet de montrer les jeunes artistes peu rompus aux règles du marché de l’art un peu partout en Europe et de les confronter à d’autres cultures, d’autres visions. ».

A chaque édition, un Grand Prix de la Jeune Création Européenne est remis à l'un des participants. En 2007, c'était une jeune autodidacte parisienne Marie-Odile Hubert (née en 1978) qui le remportait avec son projet photographique « Paris-Melun, au retour ». Avec du recul, elle déclarait il y a peu : « En donnant de la visibilité à mon travail, la Biennale JCE a été un véritable tremplin pour moi. Elle m'a aussi permis de rencontrer d'autres artistes ayant des sensibilités similaires, créant des occasions de collaborations fructueuses. »



La sélection française 2009


Stéphane Corréard – critique d’art, journaliste et commissaire d'exposition (54ème édition du Salon d’Art Contemporain de Montrouge en 2009...) – a retenu pour la sélection française :

  • Henni Alftan (Finlandaise, née en 1979 / vit et travaille à Paris) : 
    « Henni Alftan travaille sur le quotidien, sur la perception a priori des objets. Dans ses œuvres, elle réinvente la réalité et détourne la fonction utilitaire des choses en confrontant l’absurde à l’ordinaire. » (Sara Stenczer)

  • François Bellenger (Français, né en 1984 / vit et travaille au Havre)
    «
    On sait que la destruction est l’un des leviers formels du cinéma burlesque. Tout en s’attachant à des zones socialement et économiquement abandonnées, l’artiste met en scène des marchines de destruction, jouant de leur aspect à la fois dérisoire et terrifiant, pour élaborer des scénarios répétitifs d’effondrement et de recomposition. En faisant de ce décor une grande scène tragi-comique, les films développent un curieux mélange d’empathie à l’humour noir qui saisit bien cette logique d’obsolescence industrielle. » (Clara Schulmann)

  • Alain Della Negra (Français, né en 1975 / vit et travaille à Paris) & Kaori Kinoshita (Japonaise, née en 1970  / vit et travaille à Paris)
    «
    Partis enquêter aux quatre coins de l’Amérique, Kaori Kinoshita et Alain Della Negra y ont filmé des personnes pour lesquelles 'la poursuite du bonheur', inscrite parmi les droits inaliénables de déclaration d’indépendance des Etats-Unis, passe souvent par des mondes virtuels, comme pour y trouver la force de se propulser là où ils n’osent pas. » (Sandra Cattini)

  • Antoine Dorotte (Français, né en 1976 / vit et travaille à Rennes)
    «
    S’il arrive à cet artiste de sortir d’une pratique exclusive du dessin pour opérer à partir de cette base arrière en direction d’autres destinations passagères, il faut bien se rendre à l’évidence : nous avons affaire à un dessinateur compulsif et obsessionnel, de la race des Mzryk & Moriceau, Peinado et consorts. (…) Le champ d’investigation de Dorotte est le monde dans son infinie variété, ses sources d’inspiration vont du héros de BD type à la scène printanière et bucolique du pêcheur en pleine action, du manga éhontément pompé et rehaussé à la perceuse qui traîne dans un coin de la pièce… » (Patrice Joly)

  • Suzy Leliève (Française, née en 1981 - vit et travaille à Paris)
    «
    Suzy Lelièvre n’a pas pris le parti des choses : chaque objet du quotidien se transforme, sous ses doigts, en forme incongrue et le plus humble outil prend chez elle des voies de travers. Une éponge s’orne des circonvolutions d’un cerveau, une échelle part en spirale… Formée aux Beaux-Arts de Nîmes (où elle est passée par l’atelier d’Hubert Duprat), puis de Lyon, cette jeune artiste est vite devenue experte en transgressions légères : elle s’approprie et métamorphose tous les éléments de la domesticité. » (Emmanuelle Lequeux)

  • Sandra Lorenzi (Française, née en 1983  / vit et travaille à Nice)
    «
    Comment témoigner de l’art d’édifier des espaces ? Au cours de mes recherches, je me suis peu à peu intéressée aux formes élémentaires issues du vocabulaire de la sculpture et de l’architecture : monolithe, colonne, totem, statuaire, monument, ces structures originelles qui se retrouvent aussi bien dans l’histoire culturelle des arts premiers que dans nos cultures contemporaines. Travaillant à part de masses informes, de matériaux bruts ou de simples objets, je m’intéresse aux gestes et pratiques qui fondent les bases de ces nouveaux espaces de pensée et de comportements dans nos univers contemporains. »  (Sandra Lorenzi)

  • Oriol Nogues (Espagnol, né en 1984 / vit et travaille à Paris)
    «
    Chez Oriol Nogues, le monde est un théâtre et le théâtre un monde. L’art est, pour lui, le lieu privilégié d’une méditation métaphysique sur la condition humaine, sa futilité, son impermanence, son insignifiance. (…) Les décors et costumes de cette pièce existentielle sont bâtis de bric et de broc. (…) Déplaçant, dans le champ de l’art, certaines machineries propres au théâtre, il met en scène, en œuvre des récits de leurres et d’artifices, de faux semblants et d’illusions. » (Frank Lamy)

  • Aurélien Porte (Français, né en 1981 / vit et travaille à Paris)
    «
    Dans l’univers d’Aurélien Porte, tous les médiums, toutes les directions sont possibles, et ses œuvres peuvent prendre tous les visages. D’ailleurs, les têtes font l’objet d’une grande attention. (…) En cherchant de façon asymptotique à se rapprocher de l’art brut, Aurélien Porte tend à se dégager de la culture artistique et n’a que faire des conventions admises par la communauté artistique ou du consensus 'des gens de goût'. »  (Alain Berland)

  • Jean-Xavier Renaud (Français, né en 1977 / vit et travaille à Hauteville-Lompnes)
    «
    Les provocations Pop picturales de Jean-Xavier Renaud sont un exercice dans l’indulgence des plaisirs-péchés. (…) Presque toutes ses pièces sont à l’aquarelle sur papier et toutes sont certainement réalisées d’un seul jet. Les gestes du peintre, venus d’un endroit non loin du 'ça' de l’artiste, tapissent les pages de scènes insolentes et à la fois profondément liées à l’expérience humaine, ancrées dans les relations entre les individus – là où tout est hideux et bizarrement hilarant. » (Carlos Cardenas) 

  • Till Roeskens (Allemand, né en 1974 / vit et travaille à Marseille)
    «
    Depuis plusieurs années, Till Roeskens déclare consacrer le plus clair de son temps à une série de projets quasiment documentaires qui allient l’exploration d’une topographie donnée à l’écoute des récits de vies qui s’y déploient. Aboutissant à des formes variées (conférence-diaporama, livre, film, exposition), ces plans de situation tentent de dessiner des géographies subjectives via la parole des autres. (…) Chez Roeskens, l’image est le plus souvent le lieu de la perte, perte des repères (orientation, véracité…) et de l’expérience. Aussi le lieu de transmission de cette dernière devient-il celui de la parole qui prend corps… » (Sandra Cattini)


Les rendez-vous de la Biennale Jeune Création Européenne

  • 25/09 : Vernissage à la Fabrique (51, avenue Jean Jaurès - Montrouge)
  • 09/10 (16h) : Table-ronde sur le statut de l’artiste émergent en Europe, animée par Philippe Régnier, rédacteur en chef du Journal des Arts. Il sera entouré de professionnels du monde de l’art.
  • 17/10 (17h30) : Vente aux enchères publiques sans frais d’oeuvres d’artistes émergents du 54ème Salon de Montrouge. Commissaire priseur habilité : Maître Cornette de Saint-Cyr.

Le programme complet de la manifestation sra bientôt disponible sur www.jceforum.eu


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Jul 22/09/2009 19:11


Je n'avais jamais entendu parler de cette Biennale. Merci pour ton article, j'irais sûrement voir ce que ça donne ...