Publié par Paddythèque


Confiée à Alexia Fabre, conservateur en chef du MAC/VAL et Frank Lamy, chargé des expositions temporaires dans cette même institution, la direction artistique de Nuit Blanche 2009 met l’accent sur les arts plastiques contemporains, sans exclure les autres formes artistiques. Au programme, « de la fantaisie, du rêve, de l’imaginaire ; de la profondeur, de la gravité, de la réflexion ; de la poésie, de l’intimité, de la nostalgie. »

 

Conçue à l’échelle de la promenade, la manifestation s’articule selon trois parcours (Buttes-Chaumont, Châtelet Marais et Quartier Latin), reliés entre eux tout au long de la nuit dans le cadre d’un partenariat avec la RATP (renforcement des Noctiliens ; ouverture nocturne de la ligne 14 et, cette année, de la ligne 11).


1. Au nord autour du Parc des Buttes-Chaumont


  • Au 104 : Projection de vidéos. L’artiste britannique Fiona Banner (née en 1966) - nominée pour le Turner Trize en 2003 - présente son projet All the World’s Fighter Planes (2005-2006), basé sur la collecte de coupures de journaux montrant des avions de chasse militaires. La collection d’images défile une heure durant ; une bande-son propose une compilation de musiques de films de guerre et accompagne le passage en revue méthodique des ces engins de mort aux reflets métalliques et au profil acéré.
    Cécile Paris diffuse Bianca (2001, collection du MAC/VAL) montrant un skater de dos, habillé de blanc qui file dans la nuit sur une route de campagne, éclairé par les phares d’une voiture.
    A Voyage in Dwelling de Jesper Just présente un personnage dont les émotions se traduisent en écho avec différents espaces, jusqu’à un point de renaissance métaphorique.
    The Shape of Things, vidéo de 2008 d’Oliver Pietsch se découpe en trois séquences : l’endormissement, le rêve et enfin le réveil. Mêlant images couleurs et noir et  blanc, séquences plus ou moins grotesques ou oniriques, le film installe une tension née d’enchaînements, d’associations inattendues…

  • Au Parc des Buttes Chaumont. L’artiste écossais Nathan Coley (né en 1967) réactive pour Nuit Blanche trois pièces existantes. Dans la partie boisée du parc, il dresse trois échafaudages monumentaux. Fixées sur des structures métalliques, des ampoules électriques à l’allure désuète adressent des messages lumineux aux spectateurs. Laconiques, lapidaires, ces sentences « THERE WILL BE NO MIRACLES HERE » (Il n’y aura pas de miracles ici), « WE MUST CULTIVATE OUR GARDEN » (Il faut cultiver notre jardin) ou « GATHERING OF STRANGERS » (Rassemblement d’étrangers) entrent en résonance avec le lieu et l’imaginaire de chacun.
    Dégringolant du haut de la butte, des parapluies rouges abandonnés dans l’herbe symbolisent un champ de coquelicots. Autour du lac, des disques d’or parsemés sur la pelouse figurent un magnifique champ de tournesols. Voguant sur l’eau des petits bateaux en papier éclairés par un luminon rouge, portent chacun le nom d’un poète, d’un artiste, d’un révolutionnaire. Le bassin tout entier s’apparente à une immense cocarde tricolore grâce à des Starlights clignotant sous la surface de l’eau. Cinq jeunes gens déambulent inlassablement autour du lac, portant à l’épaule un gros ghetto Blaster qui diffuse dans toutes les langues les chants de tous les espoirs depuis 1789. Autour des buvettes où l’on trouve café chaud, barbes à papa et marrons brûlants, des guirlandes électriques multicolores donnent un air de fête au parc métamorphosé par l’artiste français Noël Dolla (né en 1945) et ancien membre du mouvement Supports/Surfaces.
    Mixant histoire personnelle, sujets populaires et objets du quotidien, Vincent Olinet (né en 1981) présente Ma fête  foraine, avec des fanions triangulaires et des guirlandes d’ampoules de couleurs vives...
    Pour sa première présentation en France, Rune Guneriussen plante des bouquets de lampes de bureau sur la pelouse du parc des Buttes-Chaumont. Chinées par l’artiste lui-même, ces lampes au design des années 70 nous sont éminemment familières même si chacune véhicule sa propre histoire. Leurs faisceaux lumineux font surgir de l’obscurité des détails fantomatiques dans un climat à la fois intime et spectaculaire de clair-obscur.

  • Sur la place Stalingrad. Priscilla Monge (née en 1968 à San José au Costa Rica où elle vit toujours) présente une pièce créée précédemment pour la Biennale de Liverpool en 2006 : un terrain de foot à la pelouse verte invite chacun à shooter dans le ballon. Mais la surface volontairement accidentée du terrain rend la partie impossible et les règles du jeu inapplicables...
  • L'artiste Guillaume Richard propose une nouvelle version de son installation de 2004, devant la Rotonde de Ledoux, où passe la ligne 2 du métro aérien. Grâce à la lumière, il matérialise les interactions invisibles entre le passage des rames de métro et le monument qui tourbillonne et vibre au rythme de la ville

  • Au gymnase Jean Jaurès, Claude Closky projette sur le sol trois photos cadrées par des barrières de concert, provenant du Air Guitar, ces compétitions fondées sur des interprétations simulées de guitare électrique. Tournant sur elle-même comme un vinyle, chaque projection entraine une bande son...

  • Dans l'espace sportif Pailleron. En un geste un brin iconoclaste, Pierre Ardouvin (né en 1955) porte sa marque sur ce centre sportif très fréquenté du quartier :des éclairs dans la nuit fissurent l’espace de la piscine, ces failles lumineuses suivent un parcours en ligne brisée, élément perturbateur et décalé, entre apparition, rêve et fantasme...
    Intrigante, fascinante s’il en est, grande machine lumineuse, Le plongeon (2003, collection du Fonds municipal d’art contemporain) de Xavier Veilhan, trouve dans la patinoire de l’espace Pailleron un cadre idéal. De près l’image semble abstraite, de loin elle montre la silhouette d’une nageuse. De jour, l’œuvre semble bi-dimensionnelle comme un tableau. De nuit, elle prend une troisième dimension. Glanée lors d’un entraînement de l’équipe nationale féminine junior de plongeon, la séquence filmique muette est transposée sur une trame faite de milliers d’ampoules jouant le rôle de pixels.

  • Sur le bassin de la Villette, le collectif d'architectes LABOR/DUR fait flotter un intrigant vaisseau prisonnier d’une gigantesque bouteille. Invitation au voyage, message jeté à la mer, clin d’œil au kitsch et à l’art populaire…

  • Sur le bassin des Recollets, au bord du Canal Saint Martin, Nino Comba dispose une trentaine de cannes à pêche. Des pêcheurs d’une nuit lanceront des lignes en fibres lumineuses, dessinant de souples arabesques dans l’obscurité...

  • Au Plateau / Frac Ile-de-France. Ancrées dans la vie du quartier et réalisées avec la participation de ses habitants, les œuvres de Michel Blazy et Valérie Jouve sont le fruit d’un programme lancé par le Frac Île de France. Repérages est un film collectif réalisé par Valérie Jouve autour de la place des Fêtes. Safari urbain - la vie des plantes d’intérieur de Michel Blazy est une collecte de témoignages incongrus de propriétaires de plantes vertes.


Nuit Blanche 2009 en avant-première


> Lire la suite : Quartier Châtelet/Marais


Signe fort, Nuit Blanche 2009 veut abolir la frontière caduque du périphérique en affirmant son inscription dans le Paris Métropole avec la participation pleine et entière de Clichy la Garenne, Gentilly, Nanterre, Les Lilas, Saint-Denis, Saint-Ouen-l’Aumône, Aubervilliers, Arcueil et Romainville. À l’étranger, poursuivant son élargissement international, Nuit Blanche voit cette année la ville d’Amsterdam rejoindre le réseau Nuits Blanches Europe et la ville de Tel Aviv participer à Nuit Blanche dans le monde.

 

 

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