Publié par Paddythèque


Confiée à Alexia Fabre, conservateur en chef du MAC/VAL et Frank Lamy, chargé des expositions temporaires dans cette même institution, la direction artistique de Nuit Blanche 2009 met l’accent sur les arts plastiques contemporains, sans exclure les autres formes artistiques. Au programme, « de la fantaisie, du rêve, de l’imaginaire ; de la profondeur, de la gravité, de la réflexion ; de la poésie, de l’intimité, de la nostalgie. »

 

Conçue à l’échelle de la promenade, la manifestation s’articule selon trois parcours (Buttes-Chaumont, Châtelet Marais et Quartier Latin), reliés entre eux tout au long de la nuit dans le cadre d’un partenariat avec la RATP (renforcement des Noctiliens ; ouverture nocturne de la ligne 14 et, cette année, de la ligne 11).


2. Dans le centre, Châtelet Marais


  • Station Arts et Métiers : Atypique parmi les stations de métro parisiennes, la station Arts et Métiers, métamorphosée en 1994 par le dessinateur de BD François Schuiten et l’architecte Benoît Peeters, se présente comme un Nautilus aux parois rivetées de cuivre. Dans cet environnement, François Paire (né en 1964) transforme les hublots en caissons lumineux ouvrant sur un extérieur impossible. Le dispositif dans son ensemble recréant un vaste paysage où s’accumulent des panneaux publicitaires vidés de leur contenu, obligeant le spectateur face à ces images instables et lacunaires, à poser un regard nouveau et actif.

  • Halles. Dans l’église Saint-Eustache. Au son du « Miserere d’Allegri » (l’un des sept psaumes de la pénitence), des passagers défilent au ralenti dans le hall de débarquement d’un aéroport. La vidéo Threshold to the Kingdom (2000) de Mark Wallinger (Turner Prize 2007) accompagnée par cette musique spirituelle et doloriste, ressemble aux passages des âmes à travers les portes du paradis. Ironique, critique sur l’état du monde actuel, utilise les ressources de la peinture, la vidéo et l’installation pour exprimer un point de vue contestataire sur l’actualité politique, artistique ou sociale...
    Au Forum des Halles. Filmé en plan fixe, un cœur en plastique rouge clignote du jour à la nuit jusqu’à ce que celui-ci vienne à bout de sa réserve d’énergie. L’image, simple et percutante, devient peu à peu véritablement hypnotique, obsédante. My Night (2008) de François-Xavier Courrèges (né en 1974) est accompagnée des tonalités post-rock du groupe « That Summer ».

  • Place du Châtelet (de minuit à 7h). Au théâtre du Chatelet, l’artiste allemande Melanie Manchot (née en 1966) explore la notion de portrait au gré de ses photographies, vidéos et films. Pour Nuit Blanche, elle présente l’œuvre Kiss, long plan de 10 minutes filmé en continu avec sa caméra 16mm. Assis au premier étage d’un bus londonien, un jeune couple s’enlace pour un interminable baiser. La caméra de Melanie Manchot s’attache à ce moment clé du cinéma et épouse les vagues de désir qui traversent les protagonistes tout à leur baiser. De plus en plus intense et passionnée, cette étreinte laisse poindre des instants de tendresse, de jeu ou d’agressivité, l’artiste considérant le geste comme révélateur d’un comportement, d’une personnalité...
    Au Théâtre de la Ville, la vidéo Hysteria de Doug Aikten compile des séquences d’archives de scènes d’hystérie collective provoquées par des concerts de rock des années 60à nos jours. Les images noir et blanc puis couleurs s’enchaînent ralenties et recadrées tandis que résonnent cris stridents et hurlements. La caméra reste exclusivement braquée sur le public et l’identité des musiciens demeure toujours mystérieuse, nous laissant face au spectacle d’une foule en transe, expression collective extrême et terrifiante.

  • Parvis de l'Hôtel de Ville. L’artiste coréenne Kimsooja (née en 1957) a produit à Paris sur les Champs-Élysées un nouveau film que l’on découvre, projeté sur le parvis de l’hôtel de Ville. Le projet reprend un mode d’intervention récurrent dans son œuvre et déjà mis en œuvre dans d’autres capitales du monde. La « Needle woman » est une femme, l’artiste en l’occurrence, qui se tient de dos, immobile dans la foule et le chaos de la ville. Nourrie d’influences culturelles larges, Kimsooja produit des œuvres (vidéo, installation, photographie, performance…) caractérisées par le calme, la poésie, le sentiment méditatif et l’universalité qu’elles dégagent. Située à New York depuis 1999, avec le projet actuellement de venir s’installer à Paris, l’artiste développe une réflexion autour des questions d’identité, d’exode, de nomadisme, du devenir et du rôle de l’individu dans la société.

  • Hôtel d'Albret (31, rue des Francs-Bourgeois). Mixant histoire personnelle, sujets populaires et objets du quotidien, Vincent Olinet (né en 1981) développe un œuvre entre dessin, sculpture, installation et photographie. Pour Nuit Blanche, Vincent Olinet plante dans la cour de l’Hôtel d’Albret un bien drôle d’arbre. Si son écorce et ses branches sont recouvertes de moquette, sa floraison est elle, bien réelle. Ainsi l’œuvre à chaque fois différente, incorpore le passage du temps qui flétrit la fraîcheur des éléments végétaux à mesure que la nuit avance.…

  • Notre-Dame-de-Paris. Sylvie Fleury investit la cathédrale avec Cristaux, une œuvre très largement reformulée pour le cadre majestueux de l’immense cathédrale gothique. Disposés à travers l’édifice, des cristaux lumineux évoquent entre autres un chemin de croix, l’illumination de la foi ou le chatoiement coloré de vitraux, proposant un nouvel itinéraire dans ce haut lieu de la spiritualité chrétienne.

  • À l’échelle de l’église Saint-Roch, Dominique Petitgand (né en 1965) propose une installation sonore qui prend corps au gré des déambulations et découvertes successives du visiteur. Distribués dans différentes parties de l’église, un ensemble de douze haut-parleurs installent plusieurs plans sonores auxquels s’ajoutent des phrases entrecoupées de silence provenant du treizième haut-parleur situé dans la chapelle terminale.

  • Centre Pompidou. Le pot est, depuis longtemps, un objet familier pour Raynaud : précisément depuis 1962 lorsque, par un geste spectaculaire et radical, l’artiste remplit de ciment un pot de fleurs, le peint en rougeet l’expose. Le Pot doré de Jean-Pierre Raynaud qui trône sur son socle devant l’entrée du Centre Pompidou s’envole au cours de cette Nuit Blanche pour gagner la terrasse, au 6e étage du bâtiment. Une opération exceptionnelle avec en prime l’ouverture  gratuite des collections du musée et de l’exposition « elles@centrepompidou ».

  • Espace Blank (15, passage Sainte-Anne Popincourt - Paris 11). L’un, Roman Signer, est suisse et internationalement reconnu. L’autre, Pauline Bastard, française et fraîchement arrivée dans le monde de l’art. Tous deux s’ingénient à orchestrer des expériences drôles et déroutantes. Un face à face proposé par les commissaires Celia Cretien et Mélanie Mermod.


Nuit Blanche 2009 en avant-première


> Lire la suite : Rive Gauche, Quartier latin


Signe fort, Nuit Blanche 2009 veut abolir la frontière caduque du périphérique en affirmant son inscription dans le Paris Métropole avec la participation pleine et entière de Clichy la Garenne, Gentilly, Nanterre, Les Lilas, Saint-Denis, Saint-Ouen-l’Aumône, Aubervilliers, Arcueil et Romainville. À l’étranger, poursuivant son élargissement international, Nuit Blanche voit cette année la ville d’Amsterdam rejoindre le réseau Nuits Blanches Europe et la ville de Tel Aviv participer à Nuit Blanche dans le monde.

 

 

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