Publié par Paddythèque

La deuxième édition du Prix Meurice pour l'art contemporain a récompensé, jeudi soir, Renaud Auguste-Dormeuil et la galerie In Situ.


Fidèle à son héritage et ancré dans l'art de son temps, le premier palace parisien (1835) renoue avec son histoire en récompensant un artiste émergent de la scène française. Ce prix, d'une valeur de 20'000 €, a été solidairement décerné par un jury de professionnels à Renaud Auguste-Dormeuil et à la galerie In Situ pour Black Out.

L'artiste succède ainsi à Zoulikha Bouabdellah (représentée par la galerie La B.A.N.K) qui avait soumis, l'année dernière, un projet de sculpture monumentale composée de deux colonnes enlacées. Réalisée en résine laquée blanc et or, celle-ci trône actuellement à l'entrée du Meurice.


A l'occasion de la remise du prix...

Durant cette mémorable soirée tenue dans les salons du joyau parisien, le chef triplement étoilé Yannick Alléno a charmé l'ensemble des convives en organisant un somptueux cocktail surréaliste : foie gras à la sauce au miel, barbes à papa....

Parmi les invités figureaient notamment Suzanne Pagé (Fondation Louis Vuitton pour la création), Sophie Boulé (musée Carnavalet), Jean Daniel Lorieux (photographe), Béatrice Salmon (musée des Arts Décoratifs), Mark Alizart (Palais de Tokyo), Frédéric Beigbeder, Nathalie Garçon, Alejandra di Andia, Anne Fontaine, Béatrice Ardisson, Cécile Togni (Putafranges), Doc Gynéco, Dani, Alice et Solène (Star Academy), Julie Depardieu, Catherine Frot, Gilbert Melki, Anne Consigny, Marina de Van Tonie Marshall, Françoise Montenay (Chanel), Mimma Viglezio (Gucci), Béatrice de Plinval (Chaumet) et M.Legaret (maire du 1e arrondissement).

 

Renaud Auguste-Dormeuil

Renaud Auguste-Dormeuil (né en 1968, vit à Paris) n'est pas inconnu du public parisien. En 2006, l'artiste avait eu l'occasion de faire forte impression, au Palais de Tokyo, avec sa série de cartographies stellaires « The Day Before ». Actuellement, l'une de ses pièces est exposée dans le cadre de l'exposition collective « La confusion des sens » (du 18 septembre 2009 au 10 janvier 2010 à l'Espace Vuitton - 101, avenue des Champs-Elysées).

Son œuvre aborde régulièrement l’exercice unilatéral du pouvoir, et une part importante de son travail traite d'une réflexion critique sur les usages des technologies de la communication. Ni document d’archive, ni photographie au sens strict du terme, ni même pure modélisation scientifique, ses oeuvres possèdent le charme ambigu de ce quiéchappe à la définition, dépassant, à chaque tentative de qualification de leur statut, le cadre trop étroit dans lequel on voudrait les inscrire.

Le projet « Black Out » fait référence à une coupure d’électricité à l’échelle de la ville mais aussi à la perte momentanée de mémoire due à un traumatisme. Il interroge la possibilité de créer une image, non à partir de la lumière mais de l’obscurité. L’espace clos d’une chambre transformée en camera oscura fonctionnant de manière inversée. Il s’agit d’éteindre les lumières de la nuit de deux grandes capitales - New York et Tokyo - depuis un lieu offrant une vue panoramique. L’artiste occulte chaque point lumineux en collant une gommette noire sur la vitre jusqu’à obtenir une cartographie fixée par la photographie diurne de la vitre qui n’est pas sans rappeler le procédé des « plaques de verre » ou négatifs de la fin du 19e siècle. Le projet devrait être présenté en solo show à l’Armory Show - New York en 2010 ou pour un statement à Art Basel 2010.

 

[Photographie : Renaud Auguste-Dormeuil et Zoulikha Bouabdellah, lauréate du Prix Meurice pour l'art contemporain de l'année dernière]

 

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