Publié par Jean-david Boussemaer

Dans le cadre de son exposition au Mac/Val « Deus ex machina » (du 13 octobre 2006 au 17 janvier 2007), la jeune artiste londonienne Sheena Macrae applique sur trois productions audiovisuelles devenues « cultes » différents effets de montage afin d’exalter les pulsions qui leur sont inhérentes.

 

Dans une pièce plongée dans le noir et dont les murs sont recouverts de miroirs, Sheena Macrae  diffuse Odyssey, une vidéo de sept minutes reprenant des images de 2001 l’Odyssée de l’Espace sous la forme d’un feuilletage (une succession d’une trentaine de lignes horizontales). Le visiteur se retrouve plongé dans un flux de données à peine reconnaissable, lui procurant une impression de perte de repères (similaire à celle que la plupart des spectateurs garde en tête après le visionnage du film).

Dans sa vidéo Gone (2002), Sheena Macrae s’approprie le film fleuve Autant en emporte le Vent et le réduit habilement en cinq minutes. La vidéo ne regagne son rythme normal qu’à trois moments-clefs : lorsque l’un des protagonistes dit au début, au milieu et à la fin du film « J’y penserai demain ». Par ce procédé, l’histoire perd tout son intérêt ; la vidéo ne fait qu’évoquer dans nos esprits certaines scènes particulièrement marquantes.

L’exposition est conclue par la projection, sur un plan incliné, d’une superposition chaotique de visages tirés des épisodes de la saga Dallas, diffusés en 1980. Un moyen de pointer ce qui nous aura attiré face au petit écran et que l’on aura tous gardé en mémoire : des coups de téléphone à répétition, des rivalités d’argent, la déchéance due à l’alcool, à la drogue…


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Fichtre 09/01/2007 15:30

Juste un petite question : Comment justifie-elle le plan incliné pour sa dernière projection vidéo (Dallas)?

Jean-david Boussemaer 09/01/2007 15:46

Je viens de relire le petit catalogue de l'exposition et je ne trouve malheureusement pas la réponse. Sans doute faut-il voir le plan incliné comme un dispositif capable de susciter la curiosité et donc permettant de donner plus d'impact à ces images ultra-médiatisées, de souligner les fantasmes véhiculés par la série.