L’Ecole nationale supérieure des Beaux-Arts présente, du 24 octobre 2006 au 14 janvier 2007, un remarquable ensemble de
quarante-cinq photographies en noir et blanc de Jean-Baptiste Huynh. De grands formats carrés – de 120 cm de côté – pour la plupart inédits.
Né en 1966 à Châteauroux, de mère française et de père vietnamien, Jean-Baptiste Huynh se forme, en autodidacte, à la technique
photographique. De cet apprentissage, jaillit une écriture personnelle, une recette simple mais efficace : un sujet posé devant un fond neutre est éclairé par une unique lumière.
Adepte des sels d’argents et du papier traditionnel, le photographe parvient à des résultats d’une exceptionnelle précision.
Jean-Baptiste Huynh a l’habitude de voyager et d’établir ses studios dans de petits locaux à proximité de lieux à forte densité
humaine (marchés…). A l’Ensba, il présente des portraits d’Indiens (aux visages burinés par l’âge,
aux cheveux blancs s’échappant comme des flammèches, et aux sourires complices), de Vietnamiennes (dont un, particulièrement admirable, d’une femme mystérieuse, au visage ovale, aux yeux en coin,
aux lèvres serrées et mis en valeur par un col roulé blanc), de Japonais (fort zens, tels des maîtres imperturbables), de Maliens (souriants, aux visages ridés et aux dents parfaitement alignées)
et d’Ethiopiens.
Entre les portraits, Jean-Baptiste Huynh dispose des photographies de merveilles d’ordre divers : un croissant de lune sur
lequel les cratères sont merveilleusement nets, un couple de lotus, une branche d’eucalyptus avec des feuilles telles des plateaux superposés, un chrysanthème ouvert comme un éclat de feu
d’artifice, la pyramide de Kheops parfaitement inscrite dans la moitié gauche de l’image, des reflets et scintillements sur la mer, un plat de petits poissons…
Parfois également, il place sur un fragment anatomique : une paupière fermée et surmontée de sourcils (laissant apparaître
chaque poil comme une fine pique), une main de profil, dressée comme une lance, une paume d’Ethiopien assez énigmatique, accueillant deux œufs têtes bêches…