Publié par Jean-david Boussemaer


Renaud Donnedieu de Vabres, ministre de la culture et de la communication vient de remettre les insignes de Chevalier dans l'ordre des Arts et des Lettres à Jean-Michel Othoniel, et celles de Chevalier de la Légion d'honneur à Hervé Télémaque.

 
Représenté par la galerie Emmanuel Perrotin, Jean-Michel Othoniel s’est notamment illustré avec le Kiosque des noctambules, l’édicule de la station de métro installé sur la place Colette.

Formé à l'Ecole nationale supérieure d'art de Cergy Pontoise, le jeune artiste se passionne très tôt pour des matériaux rares dans le monde de la sculpture (la cire, le phosphore, le plomb, le soufre…), ainsi que pour le verre. Lauréat de la Villa Médicis, à Rome, en 1996, il suspend des colliers de verre dans ses jardins. Principe qu’il reprend dans les arbres de la Collection Peggy Guggenheim de Venise, à l'Alhambra et au Generalife de Grenade. Et, plus récemment, dans les jardins des Tuileries lors de la Fiac.

Parmi ses principales réussites : des pièces textiles (dont Glory Holes et I believe in fairies), un CD-Rom intitulé Une ombre dans ta fenêtre (1999), une exposition au Musée d'Art Moderne de Saint Étienne (2003), Crystal Palace (entrepris avec la Fondation Cartier), le Petit Théâtre de Peau d'Ane (présenté au Théâtre du Châtelet, à Paris, l'année dernière), la Barque des larmes (exposée, dans la nef du Grand Palais, lors de la première édition de l'exposition « La Force de l'art »).

 
Représenté par la galerie Louis Carré & Cie, Hervé Télémaque est né à Port-au-Prince, où il passe ses vingt premières années. Il entreprend des études à l'Art Student's League de New York, trouve sa voie avec le Pop Art, puis s’installe à Paris en 1961.

Il fréquente les Surréalistes – sans pour autant adhérer à leurs idéaux – et invente son propre vocabulaire plastique à partir d’objets du quotidien, de poids, cors de chasse, canne d'aveugle, chaussures de tennis, sous-vêtements, tentes de camping… Par la suite, il se rapproche également de l'abstraction lyrique ou géométrique, comme des formalistes pop très présents à Paris.

En 1964, il participe à l'aventure de la Figuration narrative, aux côtés d'artistes tels que Peter Klasen, Jacques Monory, Bernard Rancillac, Oyvind Fahlström, que le critique Gérard Gassiot-Talabot réunit dans l'exposition intitulée « Mythologies quotidiennes », au Musée d'art moderne de la ville de Paris. La même année, il abandonne provisoirement la peinture à l’huile et se consacre exclusivement aux objets : bois, toile, cannes, tissus, métal, craie...

Dans les années 1990, Hervé Télémaque mélange librement des pigments de couleurs et du marc de café pour faire surgir des couleurs lourdes. Il érige le papier calque en matériau d'art à part entière, sculpte des bas-reliefs à la scie-sauteuse, crée des des ânes de merveilleux… En 2005, le musée de la Poste lui rend hommage avec une exposition intitulée « Hervé Télémaque, du coq à l'âne ».

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