Publié par Jean-david Boussemaer


La Maison rouge vient d’inaugurer un nouvel espace, baptisé la «  Suite ». Initié par Gérard Wajcman, ce « lieu de surprise » renoue avec l’intention de la première exposition tenue dans le centre « L'intime, le collectionneur derrière la porte ». Lors de celle-ci, le public était convié à plonger au cœur d’univers personnels de collectionneurs, et à envisager de nouveaux rapports vis-à-vis des œuvres d’art.

Située au sous-sol de la Maison rouge, la « Suite » est une reconstitution de chambre d’hôtel, une pièce de cent mètres carrés agrémentée de fausses fenêtres américaines retro-éclairées, d’un lit king size, d’un tapis rouge, de divers meubles design, d’une salle de bain…

Se laissant deviner, en temps normal, à travers l’entrebâillement de la porte d’entrée, la suite n’est accessible qu’une seule fois par mois lors de rencontres : performances d’artistes, concerts, rencontres avec des intellectuels… Trente personnes y pénètrent, puis les portes sont refermées derrière elles. Tout un chacun prend discrètement place dans un coin et observe l’événement. Selon Gérard Wajcman, le lieu peut apparaître comme un « zénith pour trente personnes ».

Ces rencontres se posent en alternative à la culture contemporaine dominante, de plus en plus encline au virtuel et au spectacle de foule (ex. lors des concerts, les spectateurs regardent essentiellement les écrans de rediffusion, et le rapport public/artiste s’amincit…).

Afin d’éviter toute confusion, Gérard Wajcman précise que son projet n’est nullement élitiste. Il s’agit avant tout d’offrir à ceux qui le souhaitent la possibilité de temporairement quitter le regard distant qu’ils entretiennent avec l’œuvre conservée en musée (celle des temples de l’art actuel, exposées dans des espaces blancs et ouverts). Selon ses propres mots, a Suite permet de « retirer le caractère patrimonial et de réinjecter une dose d’intime avec les œuvres »

Antoine de Galbert – qui, comme à son accoutumée, témoigne d’une remarquable ouverture d’esprit – estime que loin d’être un banal espace, la Suite est à considérer comme une œuvre, au même titre qu’un Ed Kienholz.


Au programme :
- 18 novembre : Rachida BRAKNI lit l’ouvrage d’un scénariste de Lubitsch.
- 9 décembre : Valérie MREJEN évoquera des souvenirs à partir de une série de cartes postales représentant des restaurants d’hôtels.
- 13 janvier 2007 : Nicolas SAADA plonge la suite dans un bain de son.
- 3 mars 2007 : Jannick THIROUX, collectionneur, expose dans la Suite deux artistes de sa collection intime : une chorégraphe, Laure BONICEL, et un musicien, Vincent MADAME.

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