Publié par Jean-david Boussemaer


NOS LIBERTÉS - NOS DROITS

Nous tous, artistes, chercheurs, créateurs, intellectuels, diffuseurs, travaillant dans le domaine des arts,
nous alarmons aujourd'hui des menaces qui pèsent sur nos libertés de pensée, de création et d'expression.


La mise en examen de Henry-Claude Cousseau, Conservateur général du Patrimoine, ancien Chef de l'Inspection générale des Musées de France, ancien Directeur des Musées de la Ville de Nantes, ancien Directeur des Musées de la Ville de Bordeaux, Directeur de l'École nationale supérieure des Beaux-arts de Paris, historien de l'art renommé, des chefs de :

 
 DIFFUSION DE MESSAGE VIOLENT, PORNOGRAPHIQUE OU CONTRAIRE À LA DIGNITÉ, ACCESSIBLE À UN MINEUR : DIFFUSION DE L'IMAGE D'UN MINEUR PRÉSENTANT UN CARACTÈRE PORNOGRAPHIQUE,

 
comme ancien Directeur du CapcMusée d'art contemporain ayant présenté l'exposition
Présumés innocents : l'art contemporain et l'enfance en 2000 à Bordeaux,
nous concerne tous et nous lui exprimons notre soutien.


Alors que les media, la publicité et tous leurs supports urbains 
utilisent les images de la violence au service de mobiles commerciaux et les diffusent massivement, nous nous indignons que soit nié le statut, durement conquis au fil des siècles dans notre civilisation, des oeuvres d'art, de ceux qui les produisent et de ceux qui les accompagnent. Cette mise en examen nous concerne tous, comme elle concerne chaque citoyen car la liberté est un bien commun et la création artistique, l'inaliénable expression d'une culture.
Signataires de cet appel nous affirmons notre entière solidarité à Henry-Claude Cousseau.


Si vous souhaitez vous joindre à cet appel, indiquez vos :  nom, qualité, ville. Et renvoyez ceci à l'adresse suivante : noslibertes-nosdroits@aliceadsl.fr

 

Cet appel relaie l'information envoyée par la galerie Lara Vincy


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pasquet 30/11/2006 09:08

même si je n 'avais pas été séduit par l'exposition, je soutiens le droit des artistes
courage, monsieur cousseau !!!
un habitant de pondichery::: en inde!!!!

Cendrine 23/11/2006 23:14

Lohren,

"Si l'art s'adressait aux enfants ça se saurait...", dites-vous.
A lire cette superbe première ligne de votre réaction, j'ai un doute (et je m'interroge : cela vaut-il la peine dans ces conditions, d'argumenter) et je me demande si vous avez bien lu le billet pour lequel vous laissez votre commentaire. Je tiens donc à repréciser quelque chose qui paraît vous avoir échappé durant votre lecture : il s'agissait de réagir à la mise en examen d'un monsieur qui avait présenté à Bordeaux en 2000 une expo intitulée : "Présumés innocents : l'art contemporain et l'enfance". Je suis donc un peu étonnée de vous voir surpris au mot d'enfant dans cette histoire (je suis d'ailleurs assez surprise par votre phrase elle-même : et pourquoi l'art ne pourrait-il pas être vu par des enfants ? J'ose espérer qu'en matière d'image, vous montrez vous-même à vos lardons autre chose que du Disney).

Mais de toutes façons, le nœud du débat n'est plus là. Il me semble que j'avais avant tout pointé l'exaspérante convention moderniste qui voudrait que l'art contemporain soit toujours et avant tout choquant, comme si c'était sa raison d'être. Je disais en gros que depuis des lustres, on en a soupé de ce qui constitue le prêt-à-créer actuel en France -notez qu'ailleurs, ça fait déjà quelques plombes qu'on fait autre chose, mais comme en France, on est si fier de soi, on continue la même salade pseudo-provocatrice- alors qu'elle ne choque plus que les peintres du dimanche ou les mémères qui ne sont jamais sortis et n'ont rien vu. Je persiste à dire qu'il est exaspérant de lire encore et toujours depuis ce bon vieux Marcel Duchamp que l'utilité de l'art réside principalement dans sa fonction destructrice et choquante. Comme je ne suis plus du siècle de ce gars, je pense que je ne suis plus choquée par la vision d'un ours en peluche en train de se faire tailler une pipe par une sirène en plastique. Je peux même sans inconvénient lui imaginer un sexe turgescent, mais ce n'est pas pour autant que je peux trouver un quelconque intérêt à le mettre en scène dans une œuvre d'art. Je suis parfaitement d'accord pour dire que c'était nécessaire et riche à une époque et j'apprécie l'œuvre de Marcel en la replaçant dans son contexte. Là où le bas blesse, c'est que les artistes européens sont tellement passéistes qu'ils croient et veulent faire croire que c'est encore d'actualité alors que c'est d'un ringard absolu et d'un déjà-vu comique qui ne sert qu'à faire croire à un groupe sénescent qu'il fait partie de l'élite.
De même qu'il est toujours d'actualité de croire que la créativité qui se donne à voir dans la pub est "galvaudée" (c'est votre terme), incorrecte, pas zentille. Là réside sans doute une véritable attitude réactionnaire et conservatrice. Je répète pour ma part, que c'est là un vivier incroyable : les illustrateurs qui figurent dans la liste de liens de mon site sont tout sauf des comiques et disqualifient les vieux machins). Et je suis sûre que dans cette attitude entre pour compte le fait de mépriser celui qui "figure".
De même que, puisque vous parlez de pouvoir, il me semble que ce sont toujours les mêmes qui l'exercent, y compris dans la sphère artistique : les Conservateurs Généraux, les Chefs d'Inspection, Les Directeurs de ci et de là. Henry-claude Cousseau ne me semble pas un des moindres de ces décideurs, alors autant faire attention, quand on parle de pouvoir.
Et puis enfin, j'aimerais que vous m'expliquiiez où vous avez vu dans mon commentaire le mot "dégénéré". Je ne l'ai jamais prononcé ni même effleuré et les bras m'en tombent donc de voir que vous avez pu ainsi le fantasmer, prouvant par là même une certaine tendance au préjugé.

Je suis désolée de vous infliger pareille tartine mais je suis sûre qu'un défenseur de l'art contemporain le plus intellectuel et çoquant sera trop heureux d'agiter les neurones qui lui servent si souvent de porte-flambeau au sein de la mignonne et archaïque bien-pensance artistique française.

N.B. : si j'ai réussi à vous faire pousser des scrofules d'indignation et des amygdales de scandale, j'en suis très heureuse, ça prouve que la provocation est toujours là mais qu'elle a changé d'époque et qu'elle suit les vifs...

Cendrine 23/11/2006 23:13

J'avais juste oublié de vous transmettre l'url d'un texte intéressant : argumenté, complexe, sensible, libre et pas anesthésié (voir l'étymologie de ce mot) comme l'esprit de certains...

http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=15872

Lohrent 23/11/2006 19:41

Chère Cendrine,

Si l'art s'adressait aux enfants ça se saurait...
Ce n'est pas aux musées de faire l'éducation des parents.
De plus les avertissements auraient du permettre d'éviter cela, à l'heure ou l'on prend les musées, expositions, pour du muséeland, du simple divertissement ou une quête du "joli".
Il est évident que la cène galvaudée par la publicité arrange tout le monde.
Mais tirer l'art vers le bas est un véritable danger pour notre société et pour ses artistes.

On se souvient de l'art dit des "dégénérés"...ca fait peur de vous lire.

La vraie misère intellectuelle est bien celle de la dite "bourgeoisie" entendons par là , la petite bourgeoisie qui veut prendre le pouvoir sur tout et surtout prendre le pouvoir.

L'art est un vrai travail et non une simple dilettante, ni là pour faire joli.

Quand la censure morale revient, c'est la misère intellectuelle qui l'emporte.

Il n'est pas question pour les artistes de se plier à un marché bobo, qui ne véhicule que de l'art vidé de son contenu.

Vos propos sont intolérables et votre regard celui d'un mère avant d'être celui d'un artiste.

Vous parlez très bien du vide et l'illustrez très bien à ce que je peux constater.

IL n'est pas question Cendrine, que nous nous laissions faire par une petit intelligencia de petits bourgeois conservateurs.

Cordialement

Lohrent




stéphane 23/11/2006 00:17

moi je n'ai pas vu l'expo

mais je trouve ça regrettable

tout simplement

après en ce qui concerne le contenu, nous parlerons d'art et non de justice ou de pseudo morale, l'ordre morale revient c'est bien un retour en arrière que nous faisons