Publié par Jean-david Boussemaer

Danseuse de formation puis chorégraphe et vidéaste, Andrea Davidson réfléchit actuellement aux moyens de transmettre la sensualité de la danse par le biais de la vidéo.

 

Selon elle, les arts vivants évoluent avec le multimédia depuis les années soixante-dix (scénographies avec du texte, de l’image, du son…). Mais il faut faire attention, le terme de « multimédia » a récemment changé de sens avec l’apparition de la culture de la programmation. 

La danse lui semble en retard par rapport au théâtre quant à l’incorporation des nouvelles technologies. Elle explique ce phénomène par le fait que pendant très longtemps, les chorégraphes tentèrent protéger la dimension charnelle de la danse. Actuellement, ils créent des environnements (dans lesquels les publics participent), exploitent de nouveaux lieux (plus propices que les théâtres à l’italienne)…

Pour Andrea Davidson, la vidéo doit être utilisée à d’autres fins que la simple production de lumière et de sons ; il lui semble important de quitter cette simple logique de décors. Parmi ses principaux spectacles : « Pavlova et moi » et « Maâllem Experience » (créé en décembre 2001 au festival grenoblois des 38ièmes Rugissants, puis donné au festival Latitudes Maghreb à la Grande Halle de la Villette en mai-juin 2002) exploitant la manipulation du son en temps réel. 

Le Cd-rom La Morsure, qui lui demanda six mois de travail, raconte en cinq actes la tragique histoire d’amour médiévale d’une femme ayant mordu jusqu’à la mort son amant. Inspiré par la chronophotographie, l’artiste mit au point un dispositif interactif variant en fonction des mouvements de la souris et proposant des images de manière aléatoire. Récemment (lors du Festival « Double Je »), elle élabora quatre petites expériences informatiques avec des artistes du cirque (exercices de trampoline, funambulisme, trapèze…). Le public était invité à jouer avec des séquences interactives (découvrir des ralentis ou une scène sous différents angles, réaliser des arrêts sur image…). Dans le cas du funambule, il pouvait par exemple contrôler son équilibre avec la souris et même, dans certains, le faire chuter.


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