Publié par Jean-david Boussemaer

A l'occasion de son soixantième anniversaire, l'artiste d’origine stéphanoise Orlan dispose d'une large rétrospective au Musée d’Art Moderne de Saint-Etienne Métropole. Intitulée « Orlan : Le Récit », celle-ci invite à redécouvrir l’histoire des poétiques corporelles de l’artiste, depuis les premières œuvres plastiques précieuses du début des années 1960 (dans lesquelles elle a commencé à explorer le concept de « sculpture corporelle »), jusqu’aux œuvres liées au mouvement féministe, en passant par une réinterprétation de l’iconographie judéo-chrétienne.

 

Depuis le milieu des années 1960, Orlan traverse la plupart des grands mouvements artistiques en protagoniste hors du commun. « Son œuvre, inclassable, se place en marge des nombreux « post » et « ismes », et son style unique est, depuis toujours, celui d’une artiste complexe, irrévérencieuse, ironique, blasphématoire, iconoclaste, chez qui la provocation de la chair, l’envers du corps, l’art et la vie, le jeu sur l’identité, l’oscillation permanente entre le réel et le virtuel s’élèvent au rang de poétique », commente Eugenio Viola, commissaire de l’exposition avec Lorand Hegyi.

La rétrospective revient sur les opérations-chirurgicales-performances, conçues comme autant de réponses originales et provocantes à la crise de la performance.

Au début des années 1990, Orlan transforme une salle d’opération en atelier d’artiste dans lequel une œuvre est produite. Elle inaugure ainsi l’évolution d’un paradigme mutationniste de l’art contemporain qui traduit un retour progressif aux thèmes corporels, en lien direct avec les nouvelles technologies et la biotechnologie.

Dans les séries des self-hybridations (précolombiennes, africaines et, dernièrement, amérindiennes), Orlan poursuit son voyage numérique à travers une infinité d’identités physiques possibles. En reprenant différents canons de beauté esthétique propres à des territoires et des époques particuliers, l’artiste donne naissance à des figures totémiques « vivantes » - presque tangibles dans leur virtualité et fascinantes dans leur aspect parfois inquiétant - qui séduisent par leur altérité artificielle.

Le Musée d’Art Moderne de St-Etienne Métropole présente également Le Plan du Film, un projet in progress, initié en 2001 sur une idée de Jean-Luc Godard. Le principe ? Réaliser un film qui serait conçu « à l’envers », sorte de synthèse déstabilisante composée à partir de faits autobiographiques et d’éléments inventés.

Pour le vernissage du 25 mai, Orlan prépare une performance, Hybrider et Recycler, conçue spécialement pour l’exposition en collaboration avec Andrea Crews.

 

Brève en lien

- Performance Hybrider / Recycler, parfum, Le Baiser de l’artiste, monographie, tramway...

 

Infomations pratiques 

Musée d’Art Moderne de Saint-Etienne Métropole

Dates de l'exposition : du  26 mai au 26 août 2007


Catalogue

Un catalogue (Ed. Charta, 304 pages, 59 €) réactive toute l’histoire d’Orlan, passée au filtre de l’impact médiatique et de la réception de son travail. Les moments importants de sa carrière artistique y sont en effet rappelés soit au travers des images de son œuvre, soit au travers des couvertures de livres, de catalogues et de magazines qui lui ont été consacrés durant ces quarante dernières années. Le catalogue regroupe également des essais inédits de spécialistes (Lorand Hegyi, Eugenio Viola, Joerg Bader, Marcela Iacub, Donald Kuspit, Peggy Phelan) analysant les liens entre l’œuvre d’ORLAN et les divers champs de notre société contemporaine (politique, sociologique, culturelle, psychanalytique et médiatique).


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