Publié par Paddythèque

Du 21 janvier au 27 mars 2011, Christian Gonzenbach investit La Condition Publique - ancien édifice dédié au conditionnement de la laine - avec une double exposition ambitieuse : un zoo et un muséum, qui rassemblent une vingtaine d'oeuvres sur 1600 m2.

 

Great Stuffed Rabbit, Ch. GonzenbachDans cette exposition intitulée « ZOOnomia, de la nature humaine », Christian Gonzenbach invite le public à explorer le monde animal si proche et tellement déconnecté des humains du XXIe siècle. 

Son travail révèle avec humour et gravité cette fascination que les animaux exercent sur nous, par des sculptures, des moulages, des vidéos, mais aussi une confrontation avec de vrais animaux.

L’exposition rassemble quelques pièces majeures de l'artiste suisse (Great Stuffed Rabbit, 2006 ; Sapiens sapiens, 2007 ; Gherkins, a natural History, 2005...) et présente deux oeuvres créées in situ, produites par La Condition Publique : Le Sursis, (installation pour agneaux vivants, paille et plâtre) et Life Size (charpente en bois aux dimensions d’une baleine bleue).

 

Une exposition en 2 parties

L’exposition se scinde en deux espaces : la verrière (ancienne salle de vente de la laine) et l’ancienne halle de stockage.

Le visiteur commence son parcours en pénétrant dans une vaste salle rectangulaire autrefois dédiée à la vente aux enchères des laines. Il foule l’ancien pavement de feuilles stylisées, son regard s’élève vers le coffrage en bois créé par l’architecte Patrick Bouchain qui ouvre sur la verrière aux couleurs pâlies. La lumière zénithale éclaire l’île aux moutons sertie d’un enclos en pieux clairs. A l’ombre des rochers mangés par des lychens, troix agneaux vivent paisiblement. 

Menés là au sortir de la ferme d’élevage, ils s’ébattent dans une nature recréée, ignorant le rectangle trop parfait de l’îlot et l’étrange silhouette de certains rochers évoquant vaguement des côtes premières... Quelque chose est ici programmé, inscrit comme sur une fiche sanitaire d’animal élevé pour la filière agroalimentaire et cette nature construite évoque directement L’Île des Morts du peintre romantique Arnold Böcklin. 

De l’autre côté de la rue couverte, le spectateur entre dans un muséum, où il est accueilli par une baleine bleue représentée à taille réelle. Autour de ce grand corps vide gravite un monde étrangement familier, drôle et inquiétant : des animaux empaillés à l’envers, le squelette d’un super héros, des films d’animation avec des villes peuplées de cornichons, des silex taillés dans des gommes et un lapin géant en vraie fourrure de lapins.

 

Quelques mots de l'artiste

« Je crée des images, des objets à partir de notre monde. Mes travaux sont très divers mais traitent tous de sujets liés aux questionnements du quotidien, à la définition de la vie, au passage de l’animal à l’objet par ce stade transitoire que sont les aliments ou les objets. Je cherche à mélanger les sources, les iconographies pour créer des liens là où il ne devrait pas y en avoir, avec toujours certains ingrédients essentiels : humour et gravité, fascination et dérision, familier et extraordinaire ».

« Au delà des catégories, ce sont surtout les transitions qui m’intéressent, comment passer d’un monde à un autre, transgresser les frontières entre ces règnes. Si j’utilise des media multiples, les enjeux restent similaires, objets traités comme des animaux (et l’inverse), animation de l’inerte, décalages, transitions, travestissements de matériaux, changements d’échelle, mise en situation, maquettes. »

« Je m’intéresse au phénomène d’’identification du spectateur à l’animal observé. Souvent c’est pour le plaindre : « oh, il s’ennuie » ou « ce doit pas être drôle d’être toute sa vie dans une cage », au delà de ces clichés, on projette des intérêts ou des comportements typiquement humains sur des animaux dont on ne connaît pas le comportement. Voir un animal dans une situation (cage) étriquée nous déplait (avec raison). C’est pourquoi dans les zoos contemporains les enclos imitent l’environnement naturel de l’animal ou du moins tel qu’on l’imagine de façon idéale.

Que se passe-t-il si l’animal se retrouve dans un environnement mieux que dans la nature ? Qu’est-ce qui est mieux ?

Mieux pour l’animal ou mieux pour nous ? […]

[…] Forcément ces questionnements nous ramènent à reconsidérer notre propre statut d’animal civilisé, vivant dans un environnement complètement artificiel. […] »

 

Christian Gonzenbach

Plasticien, vidéaste, photographe, Christian Gonzenbach (né à Genève en 1975) vit et travaille à Genève. Il a étudié la biologie avant de commencer sa carrière artistique. Son travail a été récompensé de nombreux prix (prix Fondation Irène Reymond 2009, Bourse Lissignol de la Ville de Genève 2000 et 2008, Bourse Artist in Lab 2009...)

 

Expositions personnelles (récentes)

2010 : Galerie Magda Danysz, Paris

2009 : Abbatiale de Bellelay, Suisse

2008 : La Maréchalerie, centre d’art contemporain, Versailles, Théâtre de l’Agora, scène nationale, Evry, Centre culturel, Reims

2007 : Galerie Edward Mitterrand, Genève.

2006 : Petite Rétrospective, Musée des beaux-arts, Le Locle. Galerie Synopsis, Lausanne.

 

Expositions collectives (récentes) 

2010 : « C’est la vie! Vanités de Caravage à Damien Hirst », Musée Maillol, Paris

2008 : « WAAOOOHH! Le merveilleux dans l’art contemporain », CRAC Alsace, Tryptique, Angers

Parcours St Germain, Paris, Biennale internationale de céramique contemporaine, Vallauris

« Genève, artistes et créateurs d’aujourd’hui », centre d’art contemporain, Genève

« La Grande Friche », Musée des Beaux-Arts, La Chaux-de-Fonds

2007 : « Collezione #2 », Galeria Brancolinigrimaldi, Rome, « Armures et Griffons », Château de Nyon, Nyon, SHOW OFF, représenté par la galerie Synopsis m, Paris, « Bestial », Espace Arlaud, Lausanne, « Passion for Art », Sammlung Essl, Vienne*, « Hunters and Gatherers »,

Ferenbalm-Gurbu Station, Karlsruhe

2006 : « Emerging Artists from Switzerland », The Essl Collection, Autriche. Fragments, Cafe Gallery, London. Open House, Musée Rat

 

La Condition Publique

14, place Faidherbe - BP 90211

59054 Roubaix Cedex 1

 

[Visuel : Christian Gonzenbach, Great Stuffed Rabbit, 2006. Lapin géant empaillé realise avec 650 vraies peaux de lapins500 x 270 x 220 cm© DR]

 

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