Publié par Paddythèque

Du 29 septembre au 13 novembre 2010, la Galerie Guillaume expose les œuvres de Bang Hai-Ja, artiste coréenne reconnue installée à Paris depuis 1961. Après la Chapelle de la Salpêtrière (2003), ArtParis (2004) et deux expositions personnelles à la galerie (2004 et 2007), Guillaume Sébastien présente rue de Penthièvre les dernières œuvres de l’artiste sur papier de Corée et géotextile. Des œuvres où se mêlent Orient et Occident, fruits d’une perception lumineuse et contemplative du monde.

 

Bang-Hai-Ja.pngNée à Séoul en 1937, Bang Hai-Ja quitte la Corée pour s’installer en 1961 à Paris, « attirée par ses lumières et les œuvres des grands peintres », raconte-t-elle. Dans cet environnement où la culture bouillonne, attirée d’abord par les œuvres de Van Gogh, Cézanne, Kandinsky ou encore Paul Klee, elle découvre une autre forme de peinture plus vivante et plus abstraite.

Tandis qu’elle apprend la peinture à l’huile, la fresque, et s’initie à la gravure et au vitrail, elle prend conscience de sa propre liberté, du pouvoir quasiment magique de la peinture où la matière devient lumière, et de l’importance de l’art pour « aller au fond de moi-même, à la recherche de mon origine ». Dès 1963, elle rencontre l’historien d’art Pierre Courthion qui la soutiendra constamment. D’autres critiques d’art s’intéressent de près à son travail. Parmi eux, Pierre Cabanne, Charles Juliet, Gilbert Lascault, Maurice Benamou, André Sauge, Olivier Germain-Thomas.

Puisant sa force dans l’acte de création, Bang Hai-Ja livre un travail très intime qui, en même temps, parle de tout l’univers dans ce qu’il a de plus harmonieux. « Bang Hai-Ja ne peint pas la nature mais l’espace, le signe, la tache, l’éclair, le cri qui deviennent par une sorte de magie visionnaire, éclaboussures de lumière, frissons d’ astres, sismographies d’ appels, de rumeurs. Les suggestions et les vibrations d’un cosmos imaginé. L’émotion se cristallise en elles, ouvre un chemin vers l’infini », écrit Pierre Cabanne.

Entre la Corée de son enfance et sa vie à Paris, Bang Hai-Ja a tracé un trait d’union entre l’Orient et l’Occident, et son œuvre se caractérise par la tradition calligraphique et la révélation de l’abstraction. Ce mélange des deux cultures se reflète dans le choix de ses matériaux, toujours naturels. « Elle se sert de papier coréen de feuilles et de plantes fait à la main, selon des traditions millénaires, par des moniales bouddhistes. On peut le froisser avec les doigts, le modeler. Elle emploie aussi du textile non tissé dit géotextile dont elle apprécie la transparence. Bang Hai-Ja qui travaille à plat, sur le sol, peint avec la matière, non sur elle. Les couleurs se juxtaposent, se marient, créent des nuances subtiles et naissent sur fond de rêve ces visions imaginaires ou informelles qu’elle évoque aussi dans ses poèmes... car Bang Hai-Ja est aussi naturellement poète qu’elle est peintre. », explique encore Pierre Cabanne.

Son énergie, forte et sereine à la fois, Bang Hai-Ja la transmet aussi bien par les couleurs que par les mots entre lesquels elle crée des correspondances. Et tandis qu’elle écrit dans l’un de ses poèmes « La lumière peint avec moi, elle devient mon cœur, je deviens lumière. Toutes les deux nous entrons dans le tableau », elle intitule ses œuvres Souffle d’or, Œil de lumière, Aurore, Vibration de l’Univers... C’est tout naturellement qu’elle a illustré plusieurs recueils de poésies, notamment pour Charles Juliet qui décrit son travail par ces mots: «Richesse, fécondité, sagesse, ineffable bonheur d’être ».

Vivant entre Paris et Séoul, Bang Hai-Ja a plus de 60 expositions personnelles à son actif, et participe aussi à de nombreuses expositions collectives à travers le monde. Le Palais Bénédictine à Fécamp exposera les œuvres de Bang Hai Ja l'été 2011.

 

[Visuel : Bang Hai-Ja, Lumière née de la lumière, 2010. pigments naturels sur papier]


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Tachka 15/07/2010 15:15


Elle réalise des merveilles....