Publié par Paddythèque

Cet automne, pour la cinquième année consécutive, la Maison Guerlain propose, dans sa prestigieuse boutique des Champs-Élysées (au n°68), un événement ouvert à l’avant-garde de l’art contemporain et intégré au Parcours privé de la Fiac. Une quinzaine d’artistes d’envergure internationale s'expriment sur le thème « Bee natural! ».

 

Guerlain.jpgImaginée par Caroline Messensee, assistée de Lorraine Audric, l'exposition « Bee natural! » (du 14 octobre au 9 novembre 2010) relève le défi de s’inscrire dans une dualité temporelle : renouer avec les origines graphiques de Guerlain tout en mettant en lumière des enjeux environnementaux contemporains.

 

L’abeille et Guerlain

En 1853, Pierre-François-Pascal Guerlain veut conquérir le monde et son chemin passe par la cour impériale. Il crée alors pour l’Impératrice Eugénie une eau de Cologne hespéridée qu’il nomme « Eau de Cologne Impériale ». Le créateur confie aux verreries Pochet & du Courval la fabrication d’un flacon emblématique gravé aux armoiries de Sa Majesté. Ce flacon butiné par soixante-neuf abeilles, symboles de l’empire, continue de cultiver sa singularité. Chaque tuile et chaque abeille sont dorées à l’or fin par des mains habiles qui appliquent la même technique utilisée un siècle auparavant.

Par la suite, Robert Granai s’en inspire pour créer les flacons des “Aqua Allegoria”, mais les abeilles sont remplacées par les alvéoles de la ruche dorées comme le miel.

 

Les artistes / les oeuvres présentées  

Depuis plusieurs générations, l'abeille inspire de nombreux artistes. L'exposition « Be Natural! » tente de montrer quelques unes de leurs préoccupations : la disparition des apidés qui menace actuellement notre écosystème... 

 

  • Jennifer Allora et Guillermo Calzadilla, Growth(s), 2004/2006. Plantes. Dimensions variables. 

Depuis 1995, ces deux artistes collaborent à l’élaboration d’un corpus d’œuvres totalement polymorphe (installations, vidéos, performances, photographies, collages etc.) à la fois ludique et critique. Ils abordent, toujours de manière décalée mais subtile, différents thèmes comme la question (hautement politique, mais aussi économique et géographique) du territoire, ou encore celle du rapport de l’art à la vie.

 

  • Nobuyoshi Araki, Sans titre. Tirage cibachrome. 90 x 60 cm.

Pour ce photographe japonais,  la photographie est « l’obscénité par excellence, un acte d’amour furtif, une histoire, un roman à la première personne ». L’artiste évoque les transformations et les profonds bouleversements de la société japonaise à travers une œuvre photographique en grande partie autobiographique – sur les thèmes de l’amour, la vie, la sensualité, le temps.

 

  • Céline Cléron, La Régente, 2005-2006. Tissu, cire d’abeille et miel, tubes acryliques. 35 x 54 x 45 cm. 

Jouant du détournement, des glissements sémantique et visuel, l'artiste aime questionner le rapport insolite qui nous lie aux objets. S’inspirant des phénomènes naturels, elle compose des œuvres hybrides associant jeux de mots et de formes. Son œuvre se caractérise par un enchevêtrement d’époques et d’univers différents. Sel, rince-doigts, tissu, cire, ballons, fossiles, dessin, photographie et vidéo sont autant de matériaux et supports qu’elle fait siens.

 

  • Marie Denis, Spray Spirit, 2010. Objet performatif. Flacon de verre et pollen.

Le travail de Marie Denis (née en 1972 à Bourg Saint-Andéol) permet aux objets comme aux paysages d’être réinventés comme neufs. Ses œuvres, sculptures et installations, prennent des formes et des techniques très variées, souvent conçues à partir de matériaux bruts. L’artiste aime détourner les règles, repères et savoir-faire pour les poétiser. Le sport, l’art des jardins ou encore l’observation du quotidien sont source d’inspiration : « Ma pratique se nourrit de toutes les stimulations, les impressions vives, irrationnelles et concrètes de la vie, qui sont pour moi comme l'huître fait sa perle : un accident qui produit un enchantement. C'est cette alchimie que je cherche à chaque fois. »

 

  • Wolfgang Laib, Untitled, 1990. Bocal de pollen de pissenlit, 1987 - Pollen de pissenlit - 7,5 x 11 x 7,5 cm Bocal de pollen de pin, 1989 - Pollen de pin - 9 x 10 x 9 cm. Édition 2/40.

En perpétuelle quête de spiritualité et de pureté, Wolfgang Laib (né en 1950 à Metzingen, Allemagne) exprime l’harmonie des rapports originels entre l’homme et la nature. Il rend hommage à la terre nourricière. Artiste du Land Art, il travail avec des matériaux naturels : la cire d’abeille, le pollen et le riz font toute l’originalité et la force de sa création. Son œuvre nous amène à redéfinir les notions de recueillement, de concentration, de travail sur soi et de sérénité.

 

  • Thomas Monin, Deformis formositas ac formosa deformitas, 2009. Bois, métal, gommettes argentées. 96,5 x 167 x 84 cm.

Peintre à ses débuts, Thomas Monin travaille aujourd’hui sur divers supports : photographie, dessin, installations, etc. Les problématiques qu’il aborde sont importantes, souvent liées à la métaphysique, à la perpétuation de l’espèce en contradiction avec la nature autodestructrice de l’homme...

 

  • Meret Oppenheim, La Selle d’abeilles, cira 1930. Tirage argentique. 23 x 17,5 cm.

Se considérant comme le « sismographe d’un paysage spirituel », l’artiste (née en 1913 à Berlin) puise son inspiration dans l’inconscient et offre un paysage mythologique dérangeant : ses représentations de nuages multiformes, métamorphoses, serpents et mythes, traduisent la richesse de son imaginaire et de sa personnalité. Ses aspirations s’expriment aussi bien par des dessins et œuvres minuscules ou des toiles et sculptures monumentales.

 

  • Pablo Picasso, La Guêpe, 1941/42, Eau-forte - 36 x 28 cm. 

L'eau-forte appartient à une série de 31 illustrations du livre Textes de Buffon édité en 1942 à Paris par Martin Fabiani.

 

  • Sabine Pigalle, Ambroise, 2009. Tirage argentique. 120 x 120 cm. Série protector.

Les photographies de Sabine Pigalle (née en 1963 en France), collaboratrice pendant quatre ans d’Helmut Newton, reflètent un univers épuré et onirique. Son travail revisite la figure des saints et divinités. Chacun de ses clichés, où le traitement des modèles souvent dénudés, rappelle les statues de marbre, dégage une touche d’érotisme. Loin de la provocation, c’est la dimension sacrée de ses œuvres qui accroche le regard du visiteur.

 

  • Anne et Patrick Poirier, Ruins, 1996. Tirage argentique sur diasec. 230 x 126 cm.

Les deux artistes se sont rencontrés en 1966 devant un tableau de Poussin, et ne se sont plus quittés depuis. Sculpteurs, architectes et archéologues, ils réinventent le passé dans leurs œuvres - herbiers, dessins, photographies, maquettes - où représentations de lieux réels, ruines imaginaires et vestiges archéologiques se confondent. Leurs reconstitutions miniaturisées pour lesquelles ils sont célèbres font revivre des sites emblématiques de civilisations anciennes tout en jouant sur le changement d’échelle et la frontière parfois floue entre fiction et réalité.

 

  • Candida Romero, Fillette aux frelons, 2003. Boîtier vitre, technique mixte. 127,2 x 92,8 cm.

Alliant photographies, peintures et ajouts de matière, cette artiste franco-américaine (née en 1066 à Paris) offre au public en 2008 l’exposition « Little Girls », à la Galerie Azzedine Alaïa, qui dégage romantisme et tristesse. Ces « ex-voto contemporains », tels que Candida Romero les désigne elle-même, traduisent l’humeur changeante de l’artiste.Agressivité et explosion de joie se succèdent dans ses œuvres où mémoire et souvenir sont les principales thématiques présentes.

 

  • José-Maria Sicilia, Sanlucar de Barrameda, 1991-2001. Technique mixte sur cire (série de 9). 27 x 18 cm.

L’œuvre de José-Maria Sicilia relève principalement du phénomène d’auto-effacement. Derrière ce concept un peu barbare se cache un artiste qui « exige du visiteur une expérience du temps et de la lente plongée dans la matière devenue peinture » (Xavier Girard, in la Pensée du Midi, n° 13 juillet 2004). Seules les conditions liées aux matériaux, à la technique employée, à la lumière, à la température, à l’humidité ambiante, au climat sonore et olfactif de l’atelier influencent sa création. Au-delà de la peinture, l’artiste travaille la cire d’abeille, la terre cuite et d’autres corps tels que la fleur fraîche, qu’il laisse se décomposer.

 

  • Janaina TschäpeGlandulitera Maris, 2005. Cibachrome. 101,5 x 125,5 cm [104 x 130 avec cadre]. Edition 3/6.

Jeune artiste germano-brésilienne, figure émergeante de la scène contemporaine, Janaina Tschäpe élabore une mythologie personnelle par le biais de diverses techniques: photographie, vidéo, sculpture et aquarelle. Interprète de ses mises en scène, à la recherche d’une symbiose originelle avec la nature environnante, Janaina Tschäpe propose la représentation d’un corps en constante métamorphose.Tout le travail de l’artiste est une « célébration de l'énergie créatrice de la nature, une évocation de sa puissance merveilleuse et dangereuse à la fois. »


Commenter cet article