Publié par Jean-David Boussemaer

Bill Viola - Grand PalaisLundi 3 mars 2014, Bill Viola a donné rendez-vous à la presse pour présenter sa rétrospective organisée au Grand Palais, du 5 mars au 21 juillet.

 

Fruit de la volonté d'ouverture aux nouveaux médias (décidée par Jean-Paul Cluzel, actuel président de l'établissement public de la RMN et du Grand Palais), cette exposition est la plus large qui ait été consacrée à l'œuvre du vidéaste américain, avec 20 pièces réalisées entre 1977 et 2013.

Kira Perov, son épouse et collaboratrice depuis 1977, perçoit cette rétrospective comme une « touche de modernité dans le bâtiment classique » du Grand Palais, « un voyage, un parcours dans lequel chacun mène son propre chemin. »

 

Sur la vie et la mort

Pour Bill Viola, l'Humanité est constituée de trois éléments : ceux qui ne sont pas encore nés (ceux qui vont nous succéder), les morts auxquels on rend en permanence hommage et nous les vivants. 

« L'être humain est une créature extraordinaire qui [...] comprend, entre autres, que sa vie est courte et qu'il ne vivra pas éternellement [...] Nous n'avons qu'un temps limité pour découvrir les choses et laisser quelque chose derrière nous » (pas forcément quelque chose de spirituel ou d'intellectuel).

A propos de la mort : « J'avais peur de la mort quand j'étais jeune. A six ans, je suis tombé dans un lac et j'ai coulé. Mon oncle a plongé et m'a ramené à la surface. J'ai vu sous l'eau et j'ai voulu rester là-bas. J'ai eu de la chance et à partir de ce moment, je n'ai plus eu peur de la mort. »

 

Résister à la société de l'information 

Pour l'artiste, « notre société a créé une surcharge d'informations. Elles nous viennent de partout : smartphones, ordinateurs, panneaux publicitaires...  C'est très choquant. Ces informations sont devenues une forme de pollution. Elles sont là pour nous faire consommer. Nous devons être très vigilants. Quand j'étais jeune, les choses se passaient lentement, on a besoin de ça actuellement. »

Dans le catalogue de l'exposition, on peut lire : « l'art vidéo est un acte militant [...]  Il s'agit en l'ocurence de proposer un art de résistance par rapport au support si séducteur de la télévision, qui s'annonce déjà comme le torrent de divertissement et de marketing qu'elle n'a depuis cessé d'être... » (Jérôme Neutres)

 

Sur l'erreur

« La transformation est une force profonde et nécessaire qui agit en permanence, un processus lent qui permet la construction de l'être humain Commettre une erreur est l'une des choses les plus importantes. On réalise et on en prend conscience. L'être humain peut changer de direction, d'avis, c'est à la fois merveilleux et dangeureux. »

 

 

[Visuel : Affiche de la Réunion des musées nationaux - Grand Palais. Paris 2014]

 

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