Publié par Paddythèque

Du 3 octobre au 28 novembre 2010, Les Eglises, centre d’art contemporain de la ville de Chelles, accueilleront un projet personnel de Cécile Hartmann, intitulé « Supra-continent ». Ce titre évoque l'hypothèse géographique de la surface commune que formaient les continents avant leur dérive actuelle.

 

Capture-d-ecran-2010-07-15-a-09.54.57.pngLes recherches – objets picturaux, photographies et films – de Cécile Hartmann (née en 1971 à Colmar, vit et travaille à Paris) fonctionnent comme « des leitmotiv dialectiques » qui par des processus de déplacement et de mixage n'opposent jamais le construit à l'organique, l'ultra-modernité à l'archaïsme, l'humain à l'animalité. La vision particulière de cette artiste consiste à saisir simultanément l'émergence des transformations des réalités contemporaines, souvent les plus dures, et leur possible régénération dans des formes picturales hétérogènes qui touchent aux notions de beauté, de neutralité et de fiction.

Le titre de l'exposition « Supra-continent » évoque l'hypothèse géographique de la surface commune que formaient les continents avant leur dérive actuelle, pour interroger dans un monde contemporain global en perpétuelle fragmentation, non pas l'utopie d'une terre commune, mais la représentation d'un « être-en-commun » instable et indéterminé.

Si la dérive continentale est un mouvement tectonique de séparation, d'arrachement, c'est aussi un moment de correspondances de structures et de répartition d'énergie. En écho à cette mécanique tellurique, l'exposition se propose comme un champ de forces. Entre les œuvres présentées s'opèrent des influences climatiques et émerge une surface d'échange entre l'environnement et le champ social.

La série des images photographiques « Variations » (2010) est constituée à partir de prises de vues de mouvements de gel et de dégel. Par une inversion du positif au négatif, ces images blanches mutent vers des zones incertaines. Le film Manifest, versus vital (2010) procède d'une esthétique de la reconstitution. Il consiste à faire rejouer en boucle à un personnage anonyme dans une nature sauvage, les gestes violents d'un manifestant urbain. Les signes entre les œuvres se répondent dans une atmosphère de suspens et de basse tension. La prise de vue en coulée fluide et répétitive pour les images filmées, et l'amplification de la montée verticale des formats des images fixes, développent une sensation phy- sique de proximité et d'immersion dans « un territoire méta-réel ». Une couleur anthracite, traversée de nuances chaudes et froides, se répartie dans les œuvres comme une zone de neutralité qui n'est pas sans rappeler la texture d'une vapeur d'eau ou d'une brume de carbone, éléments communs au monde végétal, animal et minéral.

Les œuvres contiennent l'idée d'une résistance propre de la matière. L’étendue modifiée des glaces est envisagée comme la surface complémentaire d'une fracture sociale et peut contenir, dans la fonte imprévisible de ses éclats, d'autres « formes de contre-puissance ».

 

Les précédentes expositions de Cécile Hartmann 

2010

— Ajustement Géostrophique, Espace Kugler, Genève, Suisse (exposition collective)  

2009

— Mirages à Demeure, Centre Photographique d'Île-de-France, Pontault-Combault, France
— Moderne Solitude, Galerie contemporaine, Chinon, France
— De Rêve et De Raison, Bibliothèque de Lyon, Résonnance, Biennale de Lyon,France
— Paysages de la Conscience, International Biennal of Photography, MAMBO,Bogotà, Colombie / Museo de Arte Moderno, Medellin / Museo de Arte Moderno, Cali (exposition collective)
— Face to Faces, Thessaloniki Biennal, Thessaloniki, Grèce (exposition collective)
Quelques commentaires sur la fin du monde, MAC VAL, Vitry-sur-Seine, France (exposition collective)  

2008

— Microclimat, Centre de Création Contemporaine CCC, Tours, France
— L'écume des Images, Villa Kujoyama, Kyoto, Japon (projection)
— Face to Faces, Bangkok Art Center, Bangkok, Thaïlande (exposition collective)
— Good Morning Paranoïa, galerie Motte et Rouart, Paris, France (exposition collective)
— Le bruissement des images, Centre Photographique d’Île de France, Pontault-Combault, France (exposition collective)
— C’est beau de reconnaître, Centre George Pompidou, Paris, France (projection)  

2007

— L’écume des Images, Point Ligne Plan, La Fémis, Paris, France (projection)
— Je est il, Je sont ils ?, Abbaye Saint-André, CRAC, Meymac, France (exposition collective)
— Face to Faces, Art Museum, Akurery, Iceland (exposition collective)
— Lignes de Partage, Monumenta, National Gallery, Grand Palais, Paris, France (projection)

 

[Visuel : Variations, 2010. Impression pigmentaire couleur sur papier 152 cm x 300 cm. © Cécile Hartmann, courtesy de l'artiste]

 

Commenter cet article