Publié par Paddythèque

Du vendredi 18 au samedi 19 juin 2010, Thes-Arts, l'association des (post-)doctorants en Histoire de l’art XIXèmistes et XXèmistes de Paris-Sorbonne, organise un colloque international à l’institut national d’Histoire de l’Art à Paris sur le thème : « Être historien de l’art aujourd’hui ».


A l’occasion du premier anniversaire de sa création au mois de juin 2010, l'association Thes-arts organise un cycle de colloques internationaux destiné à promouvoir le travail de jeunes historiens de l’art. En guise de préambule, Thes-Arts a choisi de consacrer son premier colloque au rôle de l’historien de l’art aujourd’hui. Cet événement sera donc l’occasion de se situer au sein de cette discipline mais également de faire le point sur son évolution.

En tant que science humaine, l’histoire de l’art ne peut rester figée dans un schéma de pensée, se devant de se renouveler en se confrontant aux propres évolutions de son sujet d’étude. Ainsi, alors que les révolutions artistiques de ces dernières décennies ont profondément transformé le champ de la création, il apparaît nécessaire de s’interroger sur la manière dont ces bouleversements ont modifié, ou non, les réflexions et les modes de recherches de l’historien de l’art, ainsi que les applications de son travail. Ce colloque s’articulera autour de trois problématiques principales qui interrogeront le réaménagement des cadres traditionnels dans lesquels l’histoire de l’art est née.


Les nouveaux outils d’étude/nouvelles oeuvres/nouvelles histoires de l’art

Au cours de ces dernières années, la nouvelle matérialité de l’oeuvre ainsi que les nouveaux outils d’étude ont réinventé l’approche et le discours de l’historien de l’art. A travers les expérimentations artistiques qui ont émergé dès l’aube du XXe siècle, la matérialité de l’oeuvre a changé.

L’artiste a fait sien tout élément de la vie, de l’objet quotidien à l’objet précieux, de l’organique aux nouvelles  technologies, du tangible à l’intangible. L’absence de limites que rencontre cette matière première a enrichi le vocabulaire artistique qui a lui-même contribué à l’évolution du vocabulaire théorique de l’historien de l’art. Le travail de ce dernier a également été renouvelé par la création d’outils innovants qui l’ont amené à reconsidérer son approche des oeuvres nouvelles comme anciennes. Grâce à la technologie, et notamment l’informatique, des outils ont été mis à la disposition des chercheurs. Des bases de données ont été construites, les musées ont numérisé leurs collections et leurs archives, dorénavant consultables à distance. Un véritable arsenal est mis à la disposition des historiens de l’art. Le déplacement et le contact direct avec les oeuvres serait-il devenu dispensable ? Ce colloque sera l’occasion d’étudier comment l’historien de l’art réinvente son mode de recherche et son discours face à ces nouveaux enjeux.


L’histoire de l’art d’aujourd’hui


En quête de recul critique, ce renouvellement de la matérialité de l’oeuvre et de la méthodologie de l’historien de l’art pose la question du recul dont il dispose pour appréhender la création de son temps. Sans cesse sollicité pour donner son point de vue dans les différents médias et non seulement pour une communauté de spécialistes, l’historien de l’art ne joue-t-il pas aujourd’hui autant le rôle d’un critique que d’un scientifique ?

Revendiquant, par sa capacité d’expertise, une légitimité particulière à énoncer des jugements de goût, ne tente-il pas aujourd’hui aussi de se faire une place parmi l’écrivain, le journaliste ou le philosophe ? Peut-on vraiment considérer que ce glissement médiatique d’une partie des historiens de l’art remet en cause les fondements théoriques de la discipline ? Des contributions devront tenter de répondre à ces questions en retraçant les continuités et discontinuités épistémologiques propres à la discipline. Cela, en plaçant au centre des débats, la manière dont l’histoire de l’art d’hier influence l’histoire de l’art d’aujourd’hui.

L’histoire de l’art comme art appliqué De la bibliothèque au musée, en passant par la galerie, l’historien de l’art se trouve à la croisée de différents champs d’application, qui font de son savoir, un savoir-faire qui prend tout son sens dans son interaction avec d’autres disciplines et d’autres métiers. A travers cette mutualisation des connaissances, qui a également nourri ses théories, l’historien de l’art ne se révèle-t-il pas autant comme un scientifique que comme un professionnel de la conservation et de la diffusion du patrimoine ?

A partir de ces trois problématiques principales des interventions transversales permettront d’enrichir la réflexion. Ainsi, alors que sont apparues ces dernières années des interrogations quant à la survie de l’histoire de l’art, chez Hervé Fischer et Hans Belting notamment, ce colloque rappellera que l’historien de l’art a su, à chaque époque,  inventer une méthodologie inédite, une approche de l’art nouvelle, métamorphosant son champ de réflexion et ses domaines d’application, comme porté par le propre élan créatif et transformatif de l’art.


Comité scientifique (en cours de constitution)

Modalités pour les propositions d’intervention : La proposition (500 mots maximum) est à envoyer accompagnée d’un CV à : thesarts.sorbonne@gmail.com

Date limite d’envoi : 25 janvier 2010 Langues d’intervention : français, anglais. Les postulants seront avisés de la sélection de leur proposition avant la fin du mois de janvier 2010. Pour les participants certains frais de déplacement et de logement pourront être pris en charge.

Publication : Les interventions seront publiées sur le site Internet de l’association (www.thes-arts.com)

Pour toutes informations complémentaires : www.thes-arts.com / thesarts.sorbonne@gmail.com



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