Publié par Paddythèque

FIAC-2011---Jardin-des-Plantes.pngPour sa 38ème édition, la FIAC s’aventure rive gauche, pour un événement hors les murs au Jardin des Plantes. Seize œuvres de douze artistes sont installées dans des sites intérieurs et extérieurs d’une grande variété : les jardins, la ménagerie, les grandes serres et la grande galerie de l’évolution du muséum.

 

Dans le jardin des Plantes, huit pièces sont disséminées dans les grandes allées mais aussi dans des espaces plus intimes.

Au pied du Labyrinthe, Olivier Millagou (né en 1974 à Bandol où il vit et travaille) présente des Lava Tree (2011), des arbres en béton, recouverts de lave sculptée en rocaille qui laissent apparaître sur l’écorce des motifs Tikis, divinités originelles d’Hawaii.

Dans le Jardin écologique, José Maria Sicilia (né à Madrid en 1954, José Maria Sicilia vit entre Paris et Majorque) expose des Colmenas (ruches), dont les formes s’inspirent des diverses ruches observées au gré de voyages. Au-delà de leur immédiate et inquiétante beauté, les œuvres de José Maria Sicilia nous transposent dans des territoires frontières, où le familier se fait étrange et où la mémoire est mise en abîme. 

Autres œuvres présentées dans le parc : Strange Fruit (2009-2011, 180 x 300cm, amas de baskets) de Malachi Farrell, Average Satisfaction/Full Satisfaction (2011, marqueur d’inondation, 230x30 cm) de Werner Reiterer, Klein Bottle for a blowgun (after Lévi-Strauss) (2011) de Bettina Samson, Moon 2 (2011, feuille d’Inox martelée, boule de 170 cm de diamètre) de Not Vital, Le théorème des dictateurs (2009, 5m de diamètre, bois, acier, aluminium) de Vincent Mauger et Mutant (2006, 135 x 150 cm) de Olav Westphalen, un bonhomme de neige difforme qu’un enfant aurait mal assemblé.

 

Dans les serres, Alain Séchas (né en 1955 à Colombes, vit et travaille à Paris) présente Platée (2005, polyester & acrylique, 290x195x130 cm). Depuis le milieu des années 1990, le travail de l'artiste est identifié à la figure du chat, endossant, en sculpture comme en dessin, des comportements humains à l’humour corrosif. Mais depuis quelques années, la disparition de la figure et de l’anecdote au profit d’une abstraction acérée caractérise ses travaux. Dans la redécouverte des classiques et la reprise des thèmes éternels, Platée succède à Artemis...

Sous le péristyle à l’entrée des serres, Mark Dion (né en 1961 à New Bedford, Etats-Unis) présente Iceberg & Palm Trees (330x170x100 cm), un ours en peluche dans un seau en aluminium rempli de goudron, portant sur le dos un palmier en pot. L’artiste met ainsi un point final à une réflexion de plusieurs années sur les conditions de préservation des ours dans le monde. Contrairement à d’autres oeuvres antérieures, celle-ci dresse le constat de leur situation plus qu’elle ne tire la sonnette d’alarme. La caisse de transport qui fait office de socle joue ici un rôle prépondérant, l’anoblissement de ce support comme icône des échanges marchands de toute sorte.

 

Dans la ménagerie, Laurent Le Deunff (né en 1977, vit et travaille à Bordeaux) présente une Tête colossale (2011, bois lamellé collé, 150x150x130 cm) et Monument à la promesse tenue (2011, chêne, fougère, 100x320 cm). Ces deux œuvres reprennent des archétypes du bestiaire et du monde végétal en jouant avec le contexte dans lequel elles sont exposées. L’artiste invoque des formes ancestrales, voire préhistoriques, dont l’élaboration relève de techniques artisanales. 

 

Dans la Grande Galerie de l’Evolution, Mark Dion présente deux pièces : l'installation multi-média Fieldwork (2007, 213x182x853 cm), déjà présentée au Muséum d’Histoire naturelle de Londres, et l'installation The Sturgeon (2010, résine, goudron, bijoux de fantaisie sous vitrine, 157x61.5x71 cm). La première brouille la frontière entre méthode de travail scientifique et artistique. L’artiste a prélevé des échantillons dans différents milieux naturels à Londres, chacun reflétant à la fois la situation actuelle et les aspects historiques de la capitale. Exposé dans la galerie des espèces disparues, la seconde — un esturgeon en résine sur son lit de verroteries et sous sa chape de verre — joue sur la mise en scène macabre de l’animal aux oeufs d’or, pointant par la même occasion la prochaine pénurie de caviar. La finesse du produit contraste avec l’aspect rebutant de l’animal.

Enfin, Lionel Sabatté (né à Toulouse en 1975, vit et travaille à Paris) expose Chevêche Athéna (2010, 10 x 6 cm), une chouette exclusivement composée de peau et d’ongles. Celle-ci révèle à nos yeux l’intimité de l’artiste, comme un pied de nez au narcissisme créateur...

 

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