Publié par Paddythèque

Producteur de cinéma depuis une vingtaine d’années, Claude Kunetz ouvre une nouvelle galerie à Paris, au 4 rue Martel, dans le Xe arrondissement. Du 4 mars au 30 avril 2010, il propose une exposition personnelle de Kongo, l’un des représentants majeurs de la scène du street art.

 

KongoKongo

Né en 1969, Cyril Phan – célèbre sur la scène du graffiti sous le pseudonyme de Kongo – peint et tagge les murs aux quatre coins du globe depuis une vingtaine d’années. On a pu voir ses oeuvres à Paris dans les expositions « TAG » au Grand Palais et « Street Heart » au Palais de Tokyo en 2009.

« Citoyen du monde », Kongo vit hors des frontières avec le graffiti comme fil rouge : des Etats-Unis – New York avec le collectif Tats Cru “The Mural Kings” du Bronx – à l’Amérique latine – São Paulo, Bogotá, San Salvador –, en passant par l'Asie – Hong Kong, Canton, Hô Chí Minh Ville au Viet Nam d'où il est originaire – et l'Europe – Madrid, Barcelone, Rome, Genève, Berlin, Amsterdam… –, il part à la rencontre de graffeurs. 

En 2002, Kongo co-fonde le « Kosmopolite», le 1er festival international de graffiti, à Bagnolet – et en 2007, le « Eating Frogs Tour «, en Chine, manifestation annuelle qui voit une troupe de graffeurs, danseurs, et DJ’s parcourir le pays à la rencontre des artistes chinois.

Kongo est aujourd’hui l’un des représentants majeurs de la scène graffiti française. Maître de sa discipline, il a acquis une maturité artistique lui permettant de répondre tout à la fois aux commandes des grandes marques – Hermès, Moleskine, Paco Rabanne, Nissan… – à la promotion d’artistes de la scène hip hop, rap ou ragga – Saian Supa Crew, Don Choa, Daddy Mory… – et à son travail personnel, tout en conservant sa tradition de la fresque et du mur peint avec les crews des quatre coins du monde.

 

L'exposition à la galerie Wallworks

Pour l’inauguration de la galerie Wallworks, « De la rue jaillit la couleur » rassemblera une trentaine d'oeuvres récentes, sur toile et sur plexiglas, des stickers d'un mètre par un mètre, et des T-shirts en série limitée en collaboration avec le designer Julien Soone. Kongo a réalisé ces oeuvres entre ses ateliers de Bagnolet, “Narvaland”, de Guadeloupe et celui qu’il partage avec le graffeur Ceet à Shenzhen en Chine.

Des oeuvres très colorées, nourries par la lumière de la Guadeloupe et son exubérance de couleurs, mais aussi des travaux plus sombres, inspirés par le contraste entre la surindustrialisation qui règne en Chine, où les buildings sortent de terre à un rythme éffréné, et le calme apparent du Vieux Continent dont fait partie Paris. Une réflexion sur le monde contemporain par le biais de l'écriture automatique et du graffiti.

 

Claude Kunetz, fondateur de Wallworks

Producteur de cinéma depuis une vingtaine d’années, Claude Kunetz a créé la société de production Wallworks pour développer une politique de production de longs-métrages pour le cinéma d’auteur.

On lui doit entre autres la production de premiers films : Mima (1990) de Philomène Esposito avec Virginie Ledoyen, Grande Petite (1993) de Sophie Fillières avec Judith Godrèche, Encore (1996 - nominé aux Césars en 1996, dans la catégorie meilleur premier film) de Pascal Bonitzer avec Valeria Bruni-Tedeschi, Rien voilà l’ordre (2001) de Jacques Baratier avec Laurent Terzieff, ou Lost in Love (2007) de Rachmania Arunita avec Richard Kevin… Il prépare actuellement la production du premier long-métrage d’Abdellah Taïa, adaptation de son roman L’armée du salut

Après le tournage de Rien voilà l’ordre à l’hôpital de Prémontré dans l’Aisne, Claude Kunetz crée un espace culturel au sein même de l’établissement hospitalier en 2003. Il s’agit d’y développer pour les patients un programme d'activités artistiques et culturelles, libres et gratuites. Il y implique, entre autres, des étudiants des Beaux-Arts et des artistes graffeurs – Kongo, Lazoo et Colorz – qui viennent créer avec les patients. L’aventure s’avère passionnante et se conclut par une exposition dans la salle d’honneur de l’Ensba à Paris. Suite à cet engouement, Claude Kunetz lance une nouvelle expérience en 2010 avec des personnes âgées atteintes de la maladie d’Alzheimer au Centre hospitalier gérontologique de La Fère, “La Lucciola”.

 

La galerie Wallworks

Claude Kunetz découvre l’Indonésie en 2002, alors qu’il est invité par l’Ambassade de France pour donner des cours à l’Université de cinéma de Jakarta. Il se lie avec le pays et y rencontre sa future épouse, Dewi Astuti, qui dirige aujourd’hui la galerie avec lui. Il y fait également la connaissance de la commissaire d’exposition Alia Swastika, avec qui il monte en 2010 l’exposition « Wall Street Arts » à Jakarta. L’exposition confronte deux générations de graffeurs, soit une quinzaine d’artistes de la scène du graffiti française et indonésienne, cette dernière n’ayant pas plus d’une dizaine d’années.

Fidèle à son esprit de dénicheur de jeunes talents, Claude Kunetz décide d’ouvrir un lieu d’exposition, en adaptant à la galerie ce qu’il sait faire au cinéma, du financement à la distribution et de la fabrication à la promotion. Afin de privilégier un travail de fond, la galerie Wallworks propose un programme de quatre à cinq grandes expositions par an : des graffeurs français, des plasticiens indonésiens et, dans un futur proche, les oeuvres issues du travail en milieu hospitalier.

L’espace de 140 m2 qu’inaugure l’exposition personnelle de Kongo continue d’abriter ses activités de producteur de cinéma d’auteur et lui permet, en bref, de produire et de montrer les oeuvres qui lui tiennent à coeur.

Les artistes représentés par la galerie sont : Ceet, Colorz, Darbotz, Gilbert, Kongo, Lazoo, S.Teddy, Soni Irawan et Sonic.

 

Galerie Wallworks

4, rue Martel - 75010 Paris

Métro Château d’Eau

Du lun. au sam. de 14h à 19h

 

[Visuel : Kongo, Soufrière, 2011. Technique mixte sur toile. 100 x 100 cm]

 

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