Publié par Paddythèque


En réaction aux questions socio-économiques qui tiraillent le monde, à la saturation de références mais également à l’urgence écologique et au retour du politique sur le devant de la scène, de nouvelles solidarités se mettent en œuvre. Les populations s’auto-organisent, initient de nouveaux modes de production du cadre de vie, des logiques d’échanges et d’organisations fondées sur la coopération et la mutualisation des savoirs.

Organisée jusqu'au 15 février 2010 à l'entrepôt Lainé (Bordeaux) par Arc en rêve centre d’architecture et le CAPC musée d’art contemporain, l'exposition « Insiders » prend acte de ce regard nouveau...



L’actualisation et les modes de transmission des savoirs populaires – ou « folk/lores » – travaillent au sein d’un système global et à l’intérieur même de contextes locaux. Ils pointent la complexité d’identités façonnées par les multiples appropriations et transformations, circulations et métissages, qui déterminent aujourd’hui les conditions d’apparition de ces singularités contemporaines.

Les insiders sont les membres d’un collectif qui partagent un savoir et le transmettent selon certains codes précis. Par contraste avec une posture d’expert, l’insider a en main les matériaux bruts du contexte culturel auquel il appartient et qu’il peut légitimement observer ou représenter. Les circulations, les transformations et le partage de ces savoirs constituent autant de propositions nouvelles que cette exposition veut investir.

Quelles sont les influences et les porosités qui relient aujourd’hui les cultures savantes aux cultures « populaires » ? Comment le rapprochement de ces deux cultures – savante et populaire – génère-t-il une remise en question de la discipline architecturale ?

 
Du point de vue des pratiques artistiques

La méthode générale du projet se fonde sur le principe de la collecte, à la manière des premiers folkloristes qui, dès le XIXe siècle, opéraient sur leurs propres territoires par observations et recensements. Cette opération commune aux pratiques artistiques, anthropologiques et muséographiques consiste à sélectionner, rassembler, recueillir, comparer, valoriser et préserver des « unités » dans un ensemble à même de refléter les usages d’une société.

Selon Charlotte Laubard, directrice du CAPC musée d’art contemporain, « dans un monde bouleversé par la révolution web où sphères amateurs et professionnelles se mêlent, où 'la culture de masse d’aujourd’hui [serait] l’art folklorique de demain' (Mike Kelley), le rôle de l’artiste semble être celui d’un chercheur nomade, circulant à la croisée des disciplines et dans des contextes toujours plus singuliers. Le répertoire infini de formes, d’images, de gestes et de techniques dans lequel il puise, lui permet de questionner sans cesse les limites de l’art tout en en renouvelant la spécificité. »


Et du point de vue de l'architexture

L’exposition présente des démarches et des projets qui, en réactualisant au quotidien la valeur de proximité, fabriquent les contours de  nouveaux territoires, de formes, de signes, de relations.

D'après Francine Fort, directrice générale d’arc en rêve centre d’architecture, la « sélection des travaux exposés témoigne de modes d’exercice alternatif du métier d’architecte. Ces explorateurs du quotidien font acte d’un engagement démocratique et partent à la conquête d’un nouveau monde plus solidaire et plus citoyen, en ouvrant leurs pratiques professionnelles aux aspirations des gens ordinaires. La position de ces architectes-là refuse le statut du maître de l’œuvre. Ils revendiquent le projet, dans la temporalité du processus, et dans le partage des savoirs ; pour faire œuvre collective. »
 
Localement et en réseau, ces phénomènes d’appropriations agissent comme force d’innovation, inventent des territoires, initient des situations – réelles ou virtuelles – offrant l’opportunité d’une réhabilitation des « savoirs du peuple », d’une mondialisation par la base et d’affinités dynamiques mises en partage.
 
Comment la création architecturale et urbaine anticipe-t-elle ces nouvelles conditions ? De quelles manières les architectes, les urbanistes, les paysagistes s’appuient-ils sur cet autre rapport au monde, à la culture, à l’esthétique, à la technique, à l’histoire et à l’économie, pour mettre en œuvre des stratégies alternatives et inventer de nouveaux modèles ?


Liste des artistes exposés :

2012 Architecten / Cornelia Lauf • 4 Taxis • Kim Adams • Cory Arcangel • Vladimir Arkhipov • Bertille Bak • Ball & Nogues Studio • Leah Beeferman • Patrick Bouchain • Alexander Brodsky • Patrice Caillet • Jean-Marc Chapoulie + Denis Savary • Raimond Chaves / Inti Guerrero • Cybermohalla / Cédric Vincent • Călin Dan • Burning Man Festival • Stefan Canham + Rufina Wu • Crimsons Architectural Historians + Felix Rottenberg • Burö Detours • Jeremy Deller • Daniel Dewar & Grégory Gicquel + Mick Peter + Aiden & Agnes Fynch • Stephane Doesinger • Jimmie Durham • Thierry Ehrmann • El Ultimo Grito • EqA • Ruth Ewan • Fashion Architecture Taste • Peter Fattinger + Design-Build • Cao Fei • Peter Fischli & David Weiss • Pierre Fisher et Justin Meekel • Freistilmuseum / Tiphanie Blanc • Terunobu Fujimori • Anna Galtarossa & Daniel Gonzalez • Dionisio Gonzalez • Gramazio & Kohler • Richard Greaves • Peter Haimerl • Helen & Hard • Anna Heringer & Eike Roswag • Hild und K • V. T. Houte / Jim Shaw • Interbreeding Field • Pierre Joseph • Alan Kane • Igloo Media Patrimoniu • Mike Kelley • le Vilain • Laurent Legall • Jacques Loeuille • Abu Bakarr Mansaray • Joseph Marzolla • Asier Mendizabal • Mathieu Mercier • MMW • Christodoulos Panayiotou • Gaël Peltier • Nikolay Polissky • Marjetica Potrč • Raumlabor • Pedro G. Romero / Archivo F.X. • Adelfo Scaranello • anonymes / Janet Lee Scott • Dubravka Sekulic & Ivan Kucina • SPEEDISM • Sitesize • Brad Templeton • Suzanne Treister • Oscar Tuazon • Marcel Türkowsky • Viljoen & Bohn • Kaï Vockler + Archis Interventions • Mario Ybarra Jr. • Raphael Zarka • Andrea Zittel


Cette double exposition est organisée dans le cadre d'Evento 2009.



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