Publié par Paddythèque

Depuis trois ans, Jean-Claude Meynard se penche sur l'icône même de la complexité : le mythe oriental de Babel. D’abord déclinée en hautes lames de verres et exposée à Venise lors de la Biennale en 2007, Babel a pris depuis un an la forme mythique d’une tour. De taille humaine soit 1m80 de haut, l’oeuvre est réalisée en matériaux allant du verre au moucharabieh, à partir d'une matrice répétée de silhouettes humaines solidaires.


Jean-Claude MeynardD'abord dévoilée à Shenzhen (Chine) puis à Sermione (Italie) en 2008, Babel est actuellement exposée à la galerie Riff Art Projects (48, rue Chapon - Paris 3 - du 26 novembre 2009 au 30 janvier 2010).

Déclinée en trois transparences différentes, la tour de Meynard dessine des silhouettes humaines en mouvement, des marcheurs libérés de la pesanteur. Dans cette géographie en pleins et déliés, en ombres et lumières, ces marcheurs semblent être les signes d’une écriture et se multiplient comme une écriture. Les hommes sont devenus des phrases infinies et si la Babel d’Orient nous les montrait désunis, séparés par les langues, Meynard nous les montre comme une chaîne d’humanité appartenant à la même écriture.

« C'est une architecture proliférante, comme une chaîne ADN en expansion infinie. Ce qui m'a intéressé, c'est comment représenter l'infini d'une construction qui est aussi un infini de l'homme ? [...] C'est une tour fractale. Elle est fondée sur la répétition de la même forme à des échelles différentes. Cette forme est une silhouette humaine, plus exactement une séquence de silhouettes humaine solidaires. J'ai dessiné cette séquence comme un graphe, un idéogramme dont la répétition crée une forme; d'algorithme, les mouvements d'une écriture. Les silhouettes humaines solidaires sont devenues les signes d'une même écriture. » (Jean-Claude Meynard)


Sur Jean-Claude Meynard

A la fin des années 80, Jean-Claude Meynard (né en 1951) commence à travailler à partir de la géométrie fractale ; son œuvre se situe alors dans la filiation des mouvements de l’art concret et de l’Op’Art. Il réalise ses premières expositions fractales au début des années 90 et fonde, en 1994, le groupe fractal avec Agosti et Ginzburg.

Jean-Claude Meynard procède généralement de manière sérielle :
  • Sa série « Puzzle » suit les lois du jeu auquel elle fait référence. L’objet de la composition est dissimulé, confondu avec son environnement, créant une perturbation visuelle qui force le spectateur à déchiffrer l’énigme.
  • Sa série « Ecce Homo » renvoie à la Genèse. Les éléments sont disposés sans organisation possible. Le spectateur est face à ce qui apparaît, dans l’instant de la construction.
  • « Identité » et « Méta » mènent le spectateur vers l’agrandissement. Le sujet y est mis en perspective de manière exponentielle. Dans « Identité », l’artiste s’intéresse à la définition de l’image. La géométrie du portrait est définie sous forme d’une cartographie. Le spectateur doit reconstituer la figure. Dans « Méta », l’artiste aborde l’image du corps dans toutes les acceptations du terme – corps humain, urbain, social... Un champ de liberté dans lequel se perd le regard du spectateur.


Babel sera montrée à Istanbul (Turquie) en décembre, puis à nouveau en France en septembre 2010 à la Villa Tamaris (Var).


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elisabeth preault 04/01/2010 20:10


Allez voir l'expo... c'est fabuleux!