Publié par Paddythèque

A travers une quinzaine de pièces phares, la galerie parisienne Didier Aaron montre à la foire de design de Bâle que le XVIIIe siècle français et européen a profondément influencé la conception des meubles à la fin du XIXe siècle et le design des XXe et XXIe siècles.

 

image004.gifParmi ces pièces de mobilier uniques en leur genre trône ce secrétaire violoné de Jean-François Oeben réalisé vers 1760 à Paris. Cette forme particulière dite « violonée »  caractéristique du style Rocaille (époque Louis XV) n’était jamais apparue avant cette date. Elle a été inventée par l’un des grands ébénistes du XVIIIe  siècle, puis elle a inspiré André Groult dans les années 1925 pour la création du fameux chiffonnier anthropomorphe, désormais au musée des Arts Décoratifs de Paris, pour donner naissance plus récemment en 1987 au chiffonnier « Pod of Drawers » réalisé par Marc Newson à Sidney.

Autre exemple reflétant le talent des créateurs français du XVIIIe siècle, qui sont à la source du design contemporain, une paire de fauteuils curule d’époque Directoire, dont la forme particulièrement originale tout en courbes va influencer dès le XIXe siècle les bois courbés des Thonet, puis plus tard Marcel Coard et enfin Mies Van der Rohe.

C’est également le cas pour une table-console en fer forgé d’époque Louis XVI préfigurant les meubles en fer de créateurs tels que Poillerat, Brandt, Subes et même Dubreuil.


Une présentation muséale

Dans un décor signé Jacques Grange, la galerie Didier Aaron met en lumière cette confrontation entre les époques et les grands courants d’inspiration qui président à la réalisation de pièces de mobilier d’une rare beauté, reflétant  la capacité d’invention de ceux qui les ont créées.

Les pièces sont disposées sur des podiums alternant les pleins et les déliés et découpés selon les formes abstraites, rondes et lisses du peintre Jean/Hans Arp. Tout est blanc, tout concourt à créer un univers sensuel et organique, incitant le visiteur à une déambulation poétique et permettant d’apprécier en direct les formes, les techniques et les matériaux de ces pièces uniques.
 
A l’heure où les frontières s’estompent entre art, architecture et design, la galerie Didier Aaron, réaffirme ainsi, par sa présence à Bâle, sa volonté de décloisonner les traditions et sa détermination à intégrer pleinement le XVIIIe dans l’univers des collectionneurs d’art et de design contemporain.
 

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