Publié par Paddythèque

Du 2 mars au 25 avril 2010, le public peut découvrir à la Cité des sciences et de l’industrie, « Mirages/céramiques », une exposition reposant sur la confrontation de cinq créateurs contemporains - Florence Doléac (designer), Didier Fiuza Faustino (architecte), Vincent Kohler (artiste), Bruno Peinado (artiste) et Frédéric Pradeau (artiste) - avec les céramiques, un domaine que science et technologie ont profondément révolutionné.



Ceramiques.jpgLa présentation de cette initiative au cœur des expositions de la Cité des sciences et de l’industrie, témoigne de la volonté de faire dorénavant d’art et science, un des axes forts de la programmation d’Universcience, le nouvel établissement de diffusion de la culture scientifique et technique né du rapprochement du Palais de la découverte et de la Cité des sciences et de l’industrie.

C’est un essai de la philosophe Bernadette Bensaude-Vincent, intitulé « Se libérer de la matière ? Fantasmes autour des nouvelles technologies » qui a incité Fondation93 à s’emparer de ce questionnement essentiel de la relation de l’Homme à la matière. Grâce au dialogue art et science développé par MIRAGES, Fondation93 entend montrer comment les matériaux et l’évolution de leurs propriétés participent à la construction de notre avenir. Les artistes s’emparent souvent des innovations scientifiques et technologiques : ils en explorent d’autres dimensions, les poussent vers d’autres possibilités. MIRAGES s’inscrit pleinement dans cette démarche, en invitant ces créateurs (designers, plasticiens, architectes...) à laisser libre cours à leurs utopies et concevoir leur « mirage ».

Pour ce premier opus, le choix de Fondation 93 s’est porté sur les céramiques. Les polymères et les métaux viendront ensuite. Les cinq artistes retenus ont travaillé en étroite collaboration avec le Centre de recherche des arts du feu et de la terre, (CRAFT), Limoges, pour la réalisation d’une œuvre inédite. Les projets proposés sont pour le moins éclectiques.

La rencontre avec la céramique a permis à la designer, Florence Doléac, de donner vie à un projet de sol de stimulation plantaire, imaginé il y a plus d’une quinzaine d’années. Son « Petit chemin plantaire » est une installation poétique composée d’un chemin de carreaux de céramique revêtus d’un relief évoquant l’écriture braille. La densité et le nombre de picots en contact avec les pieds du marcheur stimulent/éveillent chez lui, une intelligence jusqu’ici peu sollicitée, celle du corps.

L’architecte, Didier Fiuza Faustino, a de son côté choisi de concevoir un objet nomade, tout à la fois assise et élément décoratif. Ce repère intime pour grand voyageur, permet, partout où l’on va, de reconstituer son propre univers. Cet objet qui associe métal et céramique fait appel, dans son processus de fabrication à des technologies de pointe utilisées dans le domaine de l’aérospatial.

Frédéric Pradeau, lui, a exploré le champ des propriétés des céramiques pour concevoir une utopie portative. Il s’agit d’une sphère portable, tout à la fois filtre et contenant qui permet de transformer de l’eau de mer en eau douce et potable.

Vincent Kohler s’est penché sur le processus de production de la céramique. Il a bousculé les frontières, transgressant jusqu’à l’autoproduction les propriétés de la matière pour concevoir un buste qui serait tout à la fois pièce d’exposition mais aussi four de cuisson.

Quant à Bruno Peinado, il a, lui aussi, repoussé les propriétés technologiques de la céramique. Son mirage personnel est un contenant pour plantes qui se féconde lui-même. Pour le concevoir, il a fallu mettre au point un procédé délicat afin d’hybrider à la pâte céramique, les graines d’une plante, la « restionacea », qui ont la propriété de résister aux fortes chaleurs, mais aussi les éléments minéraux, le substrat indispensable à leur développement.

Ces cinq œuvres seront intégrées au sein d’une proposition scénographique originale. L’architecte François Payet, a imaginé deux vastes socles dont la partie centrale est recouverte de roches noires rétroéclairées par des tubes fluorescents rouges, afin d’évoquer la cuisson, étape essentielle dans la production d’une céramique. Toutes les œuvres sont installées sur ce tapis symbolisant la matière en fusion, à l’exception du « Petit chemin plantaire» de Florence Doléac qui servira de trait d’union entre les deux parties de l’exposition.

 

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