Publié par Paddythèque

Organisée au Lieu unique (Nantes) du 11 juin au 29 août 2010, « Rétrospective / prospective ! » réunit des courts métrages, des installations vidéo, des théâtres optiques et des dispositifs audiovisuels participatifs de Pierrick Sorin. Deux créations sont également présentées avec des interventions musicales “live".


Pierrick Sorin au Lieu Unique« Cette exposition au lieu unique est la plus importante que j’aie jamais réalisée. En terme quantitatif, en tout cas. Pour ce qui est du qualitatif , on verra... Les visiteurs jugeront. Ce qui est sûr, c’est qu’ils pourront s’en mettre plein la lampe : une trentaine de courts métrages de 2 à 26 minutes, une vingtaine d’installations vidéo, des photos, des textes... et un parcours sur 2000 m2.
Côté dessert, le service aura lieu à quelques encablures : la jeune galerie melanieRio accueillera environ 8 pièces montées. Enfin... j’espère qu’elles seront effectivement montées, car avec tout le travail que j’ai,ça ne va pas être “du gâteau”.
Tiens..., à propos : ma défunte grand-mère, Constance, faisait des gâteaux, des “Petit Beurre LU”. Me voici sur ses traces, à trimer dans la même usine, avec, quand même, cette chance qui ne fut pas la sienne : pouvoir librement tartiner mon ego sur les grands murs de briques.
Il n’ y aura pas “Tout Sorin” dans cette exposition, car il y a des pièces que je n’aime pas, d’autres qui sontvraiment trop pénibles à monter, d’autres qui ont été conçues pour des lieux ou évènements très spécifiques, d’autres qui seraient trop redondantes, d’autres qui sont coincées dans des collections lointaines..., mais la sélection offrira quand même une vision “assez exhaustive” de mon activité depuis les années 80, des petits films Super 8, dits “de fonds de tiroirs”, aux captations sophistiquées d’ opéras à gros budgets.
C’est donc bien une rétrospective. Je tenterai de lui donner la forme d’un parcours plein de vie. De manière générale, le fait d’exposer me passionne moyennement. Je préfère inventer de nouvelles histoires plutôt que scènographier du “déjà fait”. Certains diront que la conception d’une exposition peut faire “oeuvre en soi”... mais ça, “c’est une autre histoire”.
Toujours est-il que, dans le cas présent, c’est avec une grande joie (voyez ma queue qui frétille) que je m’installe en ce lieu unique à l’égard duquel j’ai un réel attachement et qui verra passer, je l’espère, nombre de mes connaissances et amis du terroir.
L’exposition complémentaire présentée par la galerie melanieRio donne à voir, entre autres, plusieurs pièces qui ont en commun un côté “easy viewing” (si le terme n’est pas usité, je le lance et ce, malgré mon respect de la langue française) et une propension à s’intégrer dans l’espace de la maison.
Titre de l’exposition, donc : Curiosités domestiques. Quant au titre de l’exposition au lieu unique : Rétrospective/Prospective !, donné avec mon plein accord, il est à prendre comme une formulation rimée et sympathique qui exclut l’idée que l’on m’enterre trop vite. En vérité, le besoin vital de créer et les propositions hétéroclites me poussent en des directions inconnues : je ne prospecte pas et n’ai pour perspective que de fuir un point vide. En rigolant, quand même. » (Pierrick Sorin)


Les œuvres présentées au Lieu Unique

  • Une vie bien remplie (1993 - installation) : adaptation spéciale pour l’exposition sur 10 écrans suspendus. Accompagnement sonore par les machines automatiques de Pierre Bastien. Dans Une vie bien remplie, Pierrick Sorin accomplit frénétiquement un ensemble de petites activités du quotidien répétitives et dénuées d’intérêt. Transportant des tonnes de linge sale, avalant des verres de vin à répétition, répondant sans arrêt au téléphone, remplissant et vidant sa valise au moment de partir, ce Mister Bean français renouvelle l’art du slapstick. A l’occasion de cette exposition, l’artiste propose une adaptation nouvelle de l’oeuvre.
  • Les Décorateurs (théâtre optique) : Deux petits Sorin holographiques habillés en père Noël, font des expériences picturales sous l’objectif d’une caméra de surveillance. Les images qu’elles captent forment une vidéo-peinture riche de références.
  • Sorino le Magicien (théâtre optique) : Avec la complicité de son assistante (Karine Pain), Sorino effectue divers tours de magie un peu dérisoires, dans lesquels le pain est l’accessoire essentiel. L’artiste s’affirme ici, non sans ironie, comme amuseur public. Les personnages “holographiques” apparaissent dans une maquette en volume. A la magie de la prestation elle-même de Sorino, se superpose la magie du dispositif de représentation.
  • Titres Variables (série de 3 théâtres optiques) : des petits Sorin courent désespérément sur des tourne-disques...
  • Chorégraphie d’aujourd’hui (théâtre optique) : Un personnage s’essaye à la danse contemporaine dans un vrai aquarium avec poissons rouges.
  • 143 positions érotiques : Un personnage nu prend des poses vaguement érotiques, sur un lit, avec, pour partenaire, un polochon.
  • Quelques inventions remarquables (série) : Démonstrations d’inventions du futur... Le visualiseur personnel d’images mentales. Le téléportateur d’objets vivants. L’opérateur personnel de chirurgie faciale. La télévision holographique. Prototype de cheminée virtuelle 1. Des claviers d’ordinateur brûlent au coeur de l’exposition.
  • It’s really nice (installation vidéo) : Trente-deux écrans vidéo présentent des visages animés, en gros plans. Ces portraits ont été réalisés numériquement à partir de portions de visages empruntés à une quarantaine de personnes de races, de sexes et d’âges différents. Ils n’en restent pas moins très humains...
  • La belle peinture est derrière nous (installation vidéo) : Le visiteur, qui participe involontairement à l’oeuvre en étant filmé par une caméra cachée, est pris à partie par l’artiste, par jeu d’images interposées : “Poussez-vous! Je suis en train de regarder la belle peinture qui est derrière vous...”
  • L’homme qui a perdu ses clefs (installation vidéo) : Un homme cherche frénétiquement ses clefs. La mise en espace des images fait de lui un lilliputien stressé qui s’agite devant une image en grand format : des gros plans de ses propres mains fouillant ses vêtements et son visage inquiet...
  • Pierrick et Jean-Loup (4 épisodes) : Produite pour l’émission de Bernard Rapp My télé is rich, cette série de quatre autofilmages met en scène les aventures banales de deux frères, joués par Pierrick Sorin. Les deux garçons, en proie à l’ennui, se livrent à des activités où se mêlent la bêtise, la créativité et l’agressivité.
  • Nantes : projets d’artistes : Ce court métrage présente, sous la forme d’un vrai-faux reportage, sept projets d’artistes européens passionnés par les nouvelles technologies. Les protagonistes sont tous interprétés par Pierrick Sorin.
  • Un artiste à la mer : Autoportrait d’un artiste en résidence de création au bord de la mer. Il est un peu dépressif et en proie au doute. Son beau-frère traÎne dans les parages...
  • Opéra “La Pietra del Paragone” Rossini (Théâtre du Châtelet) - Extrait de 10’ : Pierrick Sorin applique à l’opéra de Rossini certaines des méthodes qu’il a développées dans ses oeuvres. Mis en scène au Théâtre du Châtelet en 2007 par Giorgio Barberio Corsetti et Pierrick Sorin, dirigé par Jean-Christophe Spinosi.
  • C’est mignon tout ça : Grâce à un dispositif vidéo basique, un homme partiellement vêtu en femme, s’excite à la vue de ses propres fesses... C’était bien du coulis de tomate. Avec intervention musicale live de Diane Nicolle (piano). Ce court métrage raconte un drôle de voyage dans le temps à dos d’éléphant... L’auteur, comme à son habitude, interprète tous les rôles et ironise sur la notion même de spectacle. Création pour la compagnie Royal de Luxe.
  • Des clips : Un après-midi à Paris (Philippe Katerine), Le chien mouillé (Miossec), Le bruit (Ternyl) + Présentation Châtelet Saison 2008.
  • Photos et textes : With Michel. Série de photos de vacances avec Pierrick et son copain Michel. Textes et tirages photos créés pour le magazine Kostar.
  • Courts-métrages : Vieilleries (Films super 8 réalisés entre 1980 et 1987) : Où la mère ne tient qu’à un fils, Jean-Loup Pichon seigneur de la nuit, A vieille mule, frein doré. Des autofilmages 1987/88 : Réveils, Je m’en vais chercher mon linge, De Belles sculptures contemporaines, Une bonne leçon, L’homme qui aimait les biscottes, Martin met ses lunettes, Oui mais j’ai envie et Pendant ce temps dans ma chambrette.
  • Installation : Leçon de mode - une œuvre de commande réalisée en 2002 pour les Galeries Lafayette Hausmann
  • Performances : jeudi 10 juin (horaires communiqués ultérieurement) : Diane Nicolle interprète au piano sa musique pour C’était bien du coulis de tomate. Dimanche 13 juin (horaires communiqués ultérieurement) : Interventions musicales ponctuelles de Pierre Bastien sur ses Machines à Musiques avec Pierrick Sorin en V.J. un peu mou en rapport avec les projections sur écrans suspendus. Pierre Bastien a longuement construit et mis au point un orchestre domestique et privé fait de dizaines de robots en Meccano, joueurs d’instruments de musique traditionnels et parfois d’objets usuels. C’est avec ces machines regroupées sous le terme Mecanium, et d’autres issues de pratiques voisines, qu’il enregistre ses albums et donne ses concerts depuis douze ans.


Pierrick Sorin à la galerie melanieRio - « Curiosités domestiques »

La galerie melanieRio (34 bld Gabriel Guist’hau - Nantes) a ouvert ses portes en juin 2009 avec pour intention de défendre et produire des artistes émergents français et internationaux ouverts sur le monde, questionnant notre devenir, notre espace, nos comportements. Située dans un ancien hôtel particulier, la galerie offre à l’exposition et à la création in-situ trois salles d’exposition, un espace librairie et un jardin de 1200m2.
L’exposition organisée au lieu unique permet aujourd’hui à cette jeune galerie de présenter en parallèle une mise en scène d’oeuvres que Pierrick Sorin a envisagée comme un clin d’oeil à l’esthétique et à l’histoire du bâtiment.
Pierrick Sorin introduit dans l’architecture 19ème de la galerie ses dispositifs vidéos et théâtres optiques. Il joue ici avec les codes de l’intérieur bourgeois et tourne en dérision l’art contemporain. Dans la cheminée virtuelle brûlent des livres d’art conceptuel, l’aquarium du salon renferme une étrange créature nageant au milieu des poissons rouges et la stupeur entre dans le salon lorsqu’on observe l’extérieur à travers un oeilleton...
Les oeuvres mises en scène dans la galerie s’apparentent à des Curiosités Domestiques. L’artiste se moque gentiment de l’oeuvre d’art, objet de collection que l’on installe au-dessus du canapé ou dans la chambre à coucher. Le spectateur, qui oscille entre rire et malaise, est confronté à des situations absurdes où perce l’inanité de nos désirs et de notre existence. Le travail scénographique de Pierrick Sorin est également présenté en parallèle avec la projection de l’opéra vidéo La Pietra del Paragone de Rossini et l’exposition de ses croquis préparatoires.


>> Vidéo interview de Pierrick Sorin, réalisée lors des
Designer's Days au Sony Style George V

 

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