Publié par Paddythèque

Du 21 septembre au 6 novembre 2010, la Fondation d'entreprise Ricard présente l'exposition « Monsieur Miroir», réunissant les propositions des huit artistes retenus par Emilie Renard pour la 12ème édition du Prix Fondation d'entreprise Ricard.


Prix Ricard 2010

Un an après l'attribution du Prix d'entreprise Ricard 2009 au duo Ida Tursic à Belgrade et Wilfried Mille, huit candidats tentent à leur tour de décrocher cette prestigieuse récompense : Neïl Beloufa, Julien Bismuth, Isabelle Cornaro, Benoît Maire, Mick Peter, Soraya Rhofir, Ernesto Sartori et Jessica Warboys.

 

Les huit artistes sélectionnés

Neïl Beloufa (né en 1985) : encore méconnu à Paris, le travail de ce très jeune diplomé de l'Ensba (reçu avec les félicitations du jury en 2010) a déjà été présenté lors d'expositions collectives telles que « Mouvement des atomes, mobilité des formes » (Ensba, du 29 mai au 9 juillet 2010 / commissaire : Marc Desgrandchamps), « Panorama 12, Soft Machine » (Fresnoy, du 5 juin au 25 juillet 2010 / commissaire : Fabrice Bousteau) et « L’importance des sujets » (ex Galerie LHK, 2009 / commissaire : Gael Charbau). Cf. son site.

Julien Bismuth (né en 1973) : sans doute le plus connu de la sélection, cet artiste vit et travaille à New York, tout en étant représenté à Paris par la galerie Georges-Philippe & Nathalie Vallois. Cf. son cv artistique.

Isabelle Cornaro (née en 1974) : pluridisciplinaire, le travail de cette artiste - déjà remarquée depuis quelques années dans le milieu parisien - inclut le dessin, la photographie, la vidéo / le film et l’installation. Il est généralement réalisé à partir de documents existants qui appartiennent aux champs de la culture savante et de la culture populaire. Isabelle Cornaro est représentée par la galerie Balice Hertling.

Benoît Maire (né en 1978) : plusieurs œuvres de cet ancien élève du Pavillon, de la Villa Arson et de la Sorbonne (master de Philosophie) ont déjà été présentées à Paris lors d'expositions temporaires : « Dynasty » (Palais de Tokyo, 2010), dans les galeries Marcelle Alix (2010), Chez Valentin (2010), Air de Paris (2009)... Il est représenté par la galerie bordelaise Cortex Athletico.

Mick Peter (né en 1974 à Berlin) : très peu vu en France, cet artiste qui vit et travaille à Glasgow est représenté par la galerie Crèvecœur. Il produit essentiellement des sculptures et des dessins.

Soraya Rhofir (née en 1981) : Après ses études aux Beaux-Arts de Cergy, cette artiste a présenté son travail lors d'expositions collectives à la Maison populaire de Montreuil (« Madame la baronne volume 3 », 2006), à la Vitrine (2006), à la galerie Carlos Cardenas (2007), au Centre d’art Passerelle (Brest, 2008)... Pour le moment, aucune exposition majeure n'a montré la portée de son œuvre. A découvrir donc... 

Ernesto Sartori (né en 1982 en Italie) : lauréat du Prix de la ville de Nantes 2008, cet artiste a participé à l'exposition « Par des rigoles, des canaux, la forme est conductrice » aux Instants Chavirés (Montreuil) en 2009. Il a également assuré le commissariat et la mise en espace de « Plus réel que l'herbe #1 (les cratères du futur) » à la Zoo galerie, et a fait partie du programme de résidence des Ateliers des Arques dans le Lot. Il est représenté par la galerie Marcelle Alix.

Jessica Warboys (née en 1977) : encore peu connue en France, cette artiste - qui réalise essentiellement des installations - a déjà exposé au Salon de Montrouge (2009), au Riam 07 (2010, Marseille), et dans sa galerie, Gaudel de Stampa (Paris 11).

 

Le mot de la commissaire d'exposition

« Monsieur Miroir trompe l'œil. Il voit tout en un clin d'œil. En réalité, il ne reflète qu'une face des choses et beaucoup d'autres lui demeurent cachées tant il annule les profondeurs et confond les plans. Mais Monsieur Miroir tient le beau rôle : il représente l'analogie, il la personnifie même. Il est le point de vue commun, l'outil de vision efficace des correspondances entre les artistes d'une part et à l'intérieur de chacune de leurs propositions d'autre part. Il est le lieu d'hypothétiques coïncidences visuelles entre des éléments visiblement hétérogènes, l'unique transition entre les huit artistes de l'exposition.

Chacun d'eux articule une diversité de médiums, faisant passer formes, images, signes et données d'un ordre sensible à un autre. Leurs œuvres sont alors les scènes d'équivalences et de glissements de sens selon différentes modalités - ressemblances, adaptations, traductions, codifications, dégradations, échos et réverbérations -, testant au passage la résistance ou l'instabilité d'une source jusqu'à sa complète métamorphose.

En donnant à voir leurs déplacements successifs, les œuvres perdent au passage toute notion d'original, si bien que dans l'exposition, on ne sait jamais où les choses commencent ni où elles finissent. C'est là qu'intervient Monsieur Miroir, en héros de la situation : il propose une unité transitoire au divers et confirme qu'il n'ait pas besoin d'original pour voir des reflets. Autant dire qu'il tient l'exposition dans son œil tant il raisonne par associations dans les raccourcis de sa rétine plate. Venez voir Monsieur Miroir » (Emilie Renard).

 

Le fonctionnement du Prix Ricard

Créé en 1999, le Prix Fondation d'entreprise Ricard est décerné chaque année durant la FIAC. La Fondation confie à un commissaire d'exposition indépendant la conception d'une exposition réunissant une dizaine d'artistes émergents français ou travaillant en France.

Le Prix, décerné par un jury de critiques d'art et de collectionneurs consiste en l'achat d'une oeuvre au lauréat. Celle ci est offerte au Centre Pompidou et exposée dans les collections du Musée national d'art moderne.

 

[Visuel : Neil Beloufa, Kempinski, 2007. Vidéo, courtesy de l'artiste]

 

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