Publié par Paddythèque

Tink-It propose des tatouages temporaires dessinés par des artistes contemporains, en édition limitée. Le projet vient de la volonté de proposer aux artistes un nouveau support d’expression, vivant et mobile, pour leur travail : la peau.


Rorscharch Gilles Balme tpour Tink ItPour la première série, 5 artistes contemporains français ont eu carte blanche pour créer un Tink (Temporary Ink) tenant 1 à 3 jours : Olivier Kosta-Théfaine, Gilles Balmet, YZ, Julien Langendorff et Benjamin Sabatier.

Ils ont tous interprété le support de façon très personnelle ; pour chacun d’eux, Tink-It propose un coffret en édition limitée à 500 exemplaires numérotés, comportant 2 tatouages : un à porter, un à offrir ou à collectionner....

 

Pourquoi le tatouage temporaire ?

 Pas si lointaine, l’époque où le tatouage était considéré par les occidentaux comme une pratique ancestrale ou de mauvais garçon. Quelle idée d’aller s’enfoncer une aiguille dans le bras, de se faire marquer au fer rouge ? Longtemps banni par les religions monothéistes, le tatouage, comme toute modification corporelle, était perçu comme une offense au Créateur.

Depuis 30 ans, force est de constater que l’image du tatouage a considérablement évolué.

Parallèlement à sa popularisation (selon une étude du Pew Research Center, plus de 40% des 26-40 ans possédaient au moins un tatouage aux Etats-Unis en 2006), le tatouage infiltre des milieux plus élitistes.

D’abord, il multiplie les liens avec l’art contemporain: quand Wim Delvoye tatoue des porcs, Mary Coble recueille sur des feuilles blanches les traces sanglantes de ses tatouages, « gravés » sur sa peau sans encre. Pendant la foire Design Miami 2007, 8 célèbres designers contemporains ont créé un motif, tatoué sur place par un professionnel au salon As Long As It Last. Aujourd’hui, le tatouage est reconnu comme un art à part entière, avec ses artistes stars comme Yann Black (Your Meat Is Mine) ou encore Mike Giant, qui non content de tatouer des gens peint des gens tatoués : la boucle est bouclée !

En 2009 c’est un autre milieu prestigieux que le tatouage a investit : la haute couture. Les maisons Chanel et Jean-Paul Gautier ont en effet tatoué (de façon éphémère) leurs mannequins pour les collections Printemps-Eté 2010. Des docks aux podiums, le tatouage a fait un sacré pied de nez à ses détracteurs !

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C’est dans ce contexte que le projet Tink-It a pris forme.<

La véritable originalité de Tink-It tient à l’ambiguïté du support associé à l’art : à même le corps donc très impliquant pour celui qui la porte, il est pourtant impossible de s’approprier l'œuvre, puisqu'elle est éphémère. Porter des Tinks, c’est faire partie d’une œuvre d’art collective qui n'existe qu'à partir du moment ou elle est portée par plusieurs personnes à un moment T.

Etes vous prêts à faire sortir l’art dans la rue, hors des canaux habituels ? Les Tinks seront disponibles fin janvier 2010...

Découvrez la première collection sur www.tink-it.com.


[Visuels : En haut : Rorscharch, Gilles Balmet pour Tink-It (Photo by Jim) // En bas : Tink-It Première collection: frise de coffrets]


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MARECHAL 27/04/2010 16:57


Heureuse que l'art arrive à sortir des sentiers battus....
Initiative intéressante et à renouveler...


studyart 23/01/2010 12:17


Bonjour,
Je me présente: studyart, étudiante en arts plastiques. Je me suis intéressée à votre blog car vous précisez être critique d'art ...

Par rapport à votre article sur le tatouage artistique, je me demandais si on ne pouvais pas également considérer le tatouage permanent comme de l'art. Après tout une oeuvre d'art, jusque dans les
années 50 il me semble, reste un travail qui dure dans le temps. Le côté temporaire me fait me demander : pourquoi ?