La 7ème édition du Salon Méditerranéen d’Art contemporain (le « Sm'ART ») — organisé en partenariat avec la Ville d'Aix-en-Provence et la Communauté du Pays d'Aix (34 communes)
— se tiendra du 3 au 7 mai 2012 au Parc Jourdan en plein centre-ville d’Aix-en-Provence.
En faisant de l’innovation et de la diversité culturelle son cheval de bataille, le Sm’ART 2012 réaffirme à la fois sa place de rendez-vous incontournable pour les arts plastiques, mais aussi et
surtout son rôle unique dans la région de détecteur de talents, de lieu d’échanges entre 15.000 visiteurs et des rencontres entre artistes confirmés et reconnus, collectionneurs, amateurs
d’arts et néophytes.
A découvrir : 170 artistes (peintres, sculpteurs, plasticiens, photographes et designers), des installations artistiques et 20 galeristes.
Séduits tant par l’ambition affichée de ce Salon résolument dynamique que par le cadre géographique exceptionnel de la manifestation, les artistes présenteront leurs œuvres, et les galeristes leurs artistes, dans une démarche d’ouverture et de communication, occasion unique pour le grand public de côtoyer des acteurs de l’art contemporain et de découvrir en leur présence les enjeux de leurs créations et leur parcours, fruits d’un métier particulièrement complexe, organisé et très exigeant.
En savoir plus : www.salonsmart-aix.com
Tous renseignements : smartaix@wanadoo.fr
La Fondation Francès - créée par Estelle et Hervé Francès - présente sa 5ème exposition du 12 mars au 4 juin 2011. « PAX » met en lumière les relations complexes et parfois conflictuelles qu’entretiennent les artistes avec la religion. Témoins de leur temps, ils nous éclairent sur ces violences faites au nom des religions...
La Fondation Francès invite pour cette exposition l’artiste néerlandais Ronald Ophuis (galerie Aeroplastics de Bruxelles) et présente en dialogue une
quinzaine d’œuvres (peinture, installation, photographie) dont 6 artistes de sa collection : Adel Abdessemed, Kader Attia, Mounir Fatmi, Robert Gligorov, Bettina Rheims et Andres
Serrano.
Les religions et l’art ont toujours entretenu des relations complexes. Aujourd’hui encore, ils s’entrecroisent pour des projets communs et s’opposent pour des visions différentes de nos vies. Pas moins qu’avant, pas davantage non plus. Les trois religions monothéistes devraient pourtant s’entendre, se respecter et s’apprécier.
Dans un monde qui pourchasse le temps et pourfend l’audace, nous finissons par perdre la mémoire. Dans un monde qui oublie son Histoire, nous finissons par laisser place à ceux qui veulent la réinventer. Les artistes, aujourd’hui exposés, ne veulent pas de notre indifférence et n’en peuvent plus de nos intolérances. Tout cela les offusque et, en retour, ils nous brusquent, n’évacuant aucun sujet, ne détournant aucun regard.
Les artistes ne sont pas des juges mais des observateurs. Il serait temps d’accueillir leurs regards sur notre époque sans les dénigrer. « Pax » nous remet en face de ces violences faites au nom des religions et faites aux religions. « Pax » nous interroge sur ce que nous ne voyons plus et n’entendons plus.
Ronald Ophuis, artiste invité
L’oeuvre de Ronald Ophuis (né en 1968 à Hengelo, Pays-Bas - vit et travaille à Amsterdam) met en scène l’histoire contemporaine, celle des violences, des génocides, des guerres et des non-sens politiques et religieux. Il évoque en partie une certaine tradition de la peinture chrétienne dans sa mise en avant du corps supplicié. Ronald Ophuis met souvent en scène des victimes de la violence. Mort ou vivant, leur corps devient l’ultime expression de la souffrance.
Ronald Ophuis est un faiseur d’images brutes. L’artiste peint ses personnages de la manière la plus réaliste possible. Les corps sont puissants, mis en avant. Les poses sont équivoques. La matière de sa peinture est conforme au sujet de ses tableaux : brute, violente, écorchée, dure. Elle renforce le malaise qui s’opère.
Dans la peinture de Ronald Ophuis, la violence intervient parfois dans des lieux familiers. Ce rapprochement entre l’environnement peint et le quotidien du spectateur n’est pas sans provoquer un fort sentiment d’identification et d’empathie. Le spectateur ressent alors la violence faite à l’autre comme une violence faite à lui-même. Ce qui n’est pas sans provoquer des controverses.
Le travail de Ronald Ophuis est présenté à la Galerie Aeroplastics à Bruxelles et a fait l’objet d’une étude monographique d’Ernst van Alphen publiée aux éditions des Presses du réel. L’artiste est aussi présenté par l’Upstream Gallery à l’Armory Show du 3 au 6 mars 2011 (Pier 94).
Face aux peintures de Ronald Ophuis, les oeuvres d’Adel Abdessemed, de Kader Attia, de Mounir Fatmi, de Robert Gligorov, de Bettina Rheims et d’Andres Serrano. Ces oeuvres initient un nouveau dialogue entre les religions. Une volonté de vivre avec l’autre, d’apprendre des conflits, de comprendre ou de compatir. Ces artistes témoignent chacun à leur manière de la place de la religion dans l’Histoire et dans la vie des hommes.
Un dialogue multiculturel
Adel Abdessemed (né en 1971 en Algérie) commence ses études artistiques à l’École des Beaux-Arts d’Alger, jusqu’à l’assassinat de son directeur par des islamistes. Il part alors pour la France et, en 1994, est admis à l’Ecole des Beaux Arts de Lyon.
Also Sprach Allah fait référence à un poème de Nietzsche sur la capacité pour l’homme à surmonter les pressions religieuses qui affectent nos vies.
« J’adore les oppositions dans tous les domaines. Je déteste ce qui est formaté, homogène. Un monde hygiénique et sans conflits est impossible. » - Adel Abdessemed
Kader Attia (né en 1970), est un déclencheur d’émotions. Il sait à la fois sculpter son oeuvre et lui rendre une âme, l’élever au rang d’oeuvre sociale mais aussi lui conférer une note poétique et fragile. Il revendique la pluralité de ses appartenances culturelles. Alpha Beta, un alphabet arabe créé à partir de lames de couteau. Une façon pour l’artiste de confronter la culture et la religion dans leur violence commune. Alpha Beta est l’oeuvre qui a suscité le plus grand intérêt sur le stand de Goodman Gallery à Art Basel 2009.
« Je travaille vraiment avec mon corps, avec cette énergie qu’on a tous au fond des tripes et qui, à un moment donné, ne peut passer autrement que par l’art, par la violence, ou par le sexe. » - Kader Attia
Mounir Fatmi (né en 1970 à Tanger) est un artiste bousculé entre deux cultures : celle de l’Orient et de celle de l’Occident. Les événements du 11 septembre 2001 renforcent son besoin urgent de création car pour lui : « ce n’est pas le sens de l’oeuvre qui compte, mais les liens qu’elle peut avoir avec le temps présent, l’histoire, la philosophie, la sociologie, la religion, la politique et le monde ».
En 2007 Mounir Fatmi débute Fuck Architects, un projet créatif d’exposition en trois actes, pensé comme un livre critique sur les architectes au sens propre, mais aussi et surtout sur les architectes de la pensée, de l’économie et du pouvoir. Save Manhattan 01 est l’oeuvre emblématique de ce projet tant par son propos que par sa force visuelle, simple et efficace. Sur une table sont placés des ouvrages parus après la chute des Twin Towers et deux exemplaires du Coran. Le tout est éclairé de manière à ce que l’ombre projetée des livres sur le mur dessine l’horizon new-yorkais d’avant la catastrophe. Les symboles du capitalisme sont ainsi renvoyés dos à dos avec ceux de l’intégrisme religieux. Save Manhattan 01, présentée à la Fiac en 2006.
« Mes oeuvres majeures ne pourront être montrées qu’à titre posthume. » (Mounir Fatmi)
Robert Gligorov, né en 1959 en Macédoine, est un ancien acteur de film d’horreur. Il utilise les matières vivantes, son corps en particulier
comme objet d’expérimentation et sujet de sa pratique artistique. Grand technicien, il réalise des mutations numériques quelquefois extravagantes, un entre deux entre réel et
virtuel, symbole de nos inquiétudes contemporaines. Il piège dans ses oeuvres la dualité attraction/répulsion. Chaque œuvre présente une double signification de par sa forme et son
sens.
Dans Divina (2005), l’ombre d’une colombe blanche représentant l’Esprit Saint évoque les limites d’un sexe féminin dans lequel apparaît la silhouette d’un homme crucifié. La sexualité et la maternité sont alors intimement liées à l’homme et ses pulsions religieuses mais peut-être aussi à une recherche spirituelle pour la paix du corps et de l’esprit.
« Le temps passe trop vite, l’art requiert de nouvelles techniques visuelles. La peinture est un dialogue avec soi-même, une méditation. Elle me manque. Je suis un artiste de profession, la peinture est un hobby. » - Robert Gligorov
Cf. article de Frédéric Lebas sur Robert Gligorov (2006)
Bettina Rheims (née en 1952 à Paris) est une photographe de renommée internationale. Son travail s’intéresse principalement à la représentation du corps féminin. « INRI » est une série de 13 photographies, une fresque humaine qui inscrit les scènes de la Bible et de la vie du Christ dans l’univers contemporain, baroque et sensuel de l’artiste.
« J’aime la chair, je suis une photographe de la peau. » - Bettina Rheims
Andres Serrano est né en 1950 à New York City. Elevé dans un strict environnement religieux catholique, il joue des tabous de l’Amérique puritaine. Son oeuvre s’intéresse essentiellement aux problèmes sociaux, de sexe et de religion. Déjà à la fin des années 80, dans la série Body Fluids, Andres Serrano crée des oeuvres à partir de matières corporelles : urines, sang, sperme. Il est alors inspiré par leur aspect pictural. Dans la série « Immersions », des objets sont littéralement immergés dans des fluides. Red Pope, I, II et III (1990), est un ensemble de trois photos montrant chacune une statuette de Jean Paul II dans du sang comme une référence au sang des victimes des différentes répressions de la religion catholique.
« Ce qui m’intéressait, c’était de mélanger les couleurs. J’aimais bien l’idée d’imiter la peinture. Mais c’est bien la couleur du sang frais. » - Andres Serrano
27, rue Saint Pierre - 60300 Senlis
Fondation d’entreprise régie par la loi n°87-571 du 23 juillet 1987.
La Fondation Francès est un lieu gratuit, ouvert à tous.
Elle est ouverte pendant l’exposition du mardi au samedi de 11h à 19h (interruption entre 13h et 14h)
[Visuels : en haut : Ronald Ophuis, Birkenau I. © Courtesy Aeroplastics // en bas : Robert Gligorov, Divina. © Collection Fondation Francès]
Depuis quelques années, Marie Voignier déplace — au sein de ses films — la lisière entre la réalité et la fiction. Dans sa nouvelle vidéo L’hypothèse du Mokele-Mbembé (2011 - co-production Espace Croisé & Capricci Films) tournée au Sud du Cameroun, l'artiste accompagne Michel Ballot et part en quête d’un animal inconnu de la zoologie.
Les mots de l'artiste
« Le Mokélé-Mbembé est décrit par les Pygmées comme une sorte de grand rhinocéros avec un très long cou, une petite tête et une large queue puissante, capable de renverser les pirogues. Certains Pygmées affirment avoir vu des empreintes de pattes munies de trois griffes dans le sol. Cet animal terrifiant qui ressemble à un dinosaure est présent dans les récits des Pygmées Baka depuis plus de deux siècles.
Cependant, son existence n’est pas reconnue scientifiquement. Aucun spécimen, aucun squelette ni aucune dent n’ont à ce jour été portés à la connaissance des zoologistes, qui ne croient pas en l’existence de cette espèce autrement que sur un plan mythologique.
Michel Ballot est quant à lui convaincu que les récits de cette région de l’Afrique ont un fond de vérité et que cette bête existe bel et bien. Pour tenter de le prouver, il organise régulièrement des expéditions dans les zones où elle aurait été aperçue. J’ai proposé à Michel Ballot de faire un film de l’une de ses expéditions. L’intention n’est surtout pas de prendre parti pour ou contre l’existence du Mokelé-Mbembé. Je souhaite plutôt faire corps avec l’expédition menée par Michel Ballot, me mettre au service de sa recherche et suivre sa logique aussi loin que possible, jusqu’à ce que le spectateur puisse, en le suivant dans sa recherche et en écoutant les récits des Pygmées, imaginer la bête, la distinguer tapie derrière un buisson ou immergée au fond de la rivière. Le sujet du film n’est donc pas le Mokele-Mbembé. Le sujet du film est la croyance : la croyance d’un homme dans sa quête ; la croyance des Pygmées dans cet animal ; et la croyance éprouvée du spectateur. » (MV)
Ce film est mis en relation avec des oeuvres antérieures de l’artiste.
[Visuel : Marie Voignier, L’hypothèse du Mokélé-Mbembé, 2011]