Publié par Paddythèque

Les pastels d’Anouk Grinberg seront pour la première fois dévoilés au grand public à l’Espace Berggruen, du 22 novembre au 19 décembre 2009. Une cinquantaine d’œuvres ouvrant sur un monde poétique, où des personnages laissent entrevoir leur âme ; tous uniques, seuls, secrets, humains...

 

Pastel d'Anouk GrinbergAnouk Grinberg (née en 1963 en Belgique) commence à 13 ans le théâtre et le cinéma. Très tôt, le « ton Grinberg » est donné : une étonnante liberté, une manière d’empoigner les rôles avec fièvre, une intransigeance et une humanité peu commune. A côté des arts vivants, l'artiste mène également des projets plus personnels, comme un ouvrage autour des lettres de Rosa Luxemburg Rosa, la vie, dont elle dit : « Je crois que c’est l’inverse de l’austérité. C’est une tête avec un coeur dedans, qui bat pour le monde entier. »

Celle qui, depuis longtemps, porte les histoires des autres d'une voix doucement fêlée raconte, à travers ses pastels, son propre univers – à moins que ce ne soit le nôtre. « Elle est sortie pour reconnaître ces anonymes géants ou minuscules, lisses ou écorchés de nombreux piquants, noués ou aplatis ; elle les a entraînés avec elle, en elle, aimés, mâchés, digérés [...] Son monde est tel que sa voix : une craie blanche qui crisse et se brise en poudreuse lumineuse sur le tableau noir. » (Germain Viatte)

Parmi les personnages mélancoliques d'Anouk Grinberg est apparue Suzy, clocharde poétique et tragique que l'on pouvait croiser il y a quelques années à l'entrée de la rue de l'Ancienne Comédie, au Carrefour de l'Odéon. « C’est dans l’un des visages habités et fulgurants des dessins d’Anouk Grinberg, medium accueillante et tendre à tous ces oubliés, que cette petite fleur fanée des rues a reparu, apaisant mon angoisse » (Louis Deledicq, commissaire de l'exposition).

« Il n’y a rien de préconçu dans ce qu’offre cette exposition. Ce qui frappe, dans le cas d’Anouk Grinberg c’est la fulgurance avec laquelle elle est passée d’une peinture d’une apparente naïveté à un champ d’expression totalement autre et autrement plus grave » (Robert Delpire)

« Au début, c’est souvent rapide, comme une cascade ou un tonnerre. Des sensations, des souvenirs qui me descendent dans les doigts, me sortent par les yeux, choisissent les craies, les gestes, les feuilles. C’est plutôt les bonhommes qui se font, et moi qui accompagne. J’ai intérêt à aller très vite, parce qu’ils sont souvent pressés de sortir, d’en finir avec ce qui les occupe [...] Ces gens noirs – famille nombreuse – ont une sacrée musique à l’intérieur. Leurs cris, ou leurs baillons d’hommes peureux mais irréductibles, d’hommes chaleureux et transparents, font la beauté du monde – en tout cas, ce n’est pas eux qui la défont. » (Anouk Grinberg)



L’Espace Berggruen

68-70, rue de l’Université – 75007 Paris

Tél. 01 42 22 12 51 – Entrée libre



[Visuel : Pastel d'Anouk Grinberg]


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