Publié par Paddythèque

Dans la nuit du 23 au 24 janvier 2009, la région Aquitaine a subi de très forts vents qui ont dévasté une partie de la forêt et mis à terre 42 millions de mètres cubes de bois. Un an quasiment jour pour jour après cette tempête, prénommée « Klaus », le Frac Aquitaine présentera un ensemble d’œuvres liées au monde de la forêt.


Réunissant une sélection de nouvelles acquisitions du Frac (Laurent Le Deunff, Gregory Giquel et Daniel Dewar, Eric Poitevin, Daniel Schlier), complétées par des prêts (Maya Andersson, Josef Bartscherer, Martin Boyce, Rodney Graham, Benoît Maire, Bruno Serralongue, Nathalie Talec) et deux nouvelles productions (Lilian Bourgeat et Fanny David), l’exposition « Dans la forêt » - du 22 janvier au 17 avril 2010 au Frac Aquitaine, Bordeaux - invitera le visiteur à plonger au cœur d’un espace complexe. Chacune des pièces présentées déclinera, à sa manière, une thématique : le paysage, le cycle des saisons, la chasse, le braconnage, le refuge, l’industrie du bois, l’espace du conte…

Force est de constater que l''élément constitutif de la forêt - l’arbre - fascine depuis longtemps les artistes. Dans l'exposition, cela sera notamment visible chez Dan Graham qui isole un arbre centenaire et majestueux en inversant sa frondaison, ainsi que chez Benjamin Brecknell Turner qui montre, en négatif, un arbre solitaire sous les voûtes de Crystal Palace à Londres en 1851, dont l’échelle par rapport à l’architecture lui donne des allures de bonzaï...

De l’arbre, on glissera fort logiquement vers la forêt : l’installation de Martin Boyce constituée d’arbres « en néon » composera un espace boisé à la fois synthétique et abstrait, proche de l’immatériel. Et plus loin, La Châsse, film de Benoît Maire montrera une forêt futuriste peuplée d’arbres identiques, agencés dans un alignement répétitif sur un plateau dépouillé, à l’image d’un labyrinthe.

Et la forêt comme il est d’usage de se la représenter habituellement ? Elle sera observable du côté de la grille photographique de Joseph Bartscherer qui, dans une visée documentaire et objective, reconstitue le décor d’une forêt sous forme d’un « puzzle » incomplet et au fil des saisons, dans sa luxuriance comme dans son habit hivernal.

L’exposition présentera également les « hôtes de ces bois » avec un renard aux oreilles dressées se détache d’une clairière à une heure que l’ont dit « entre chien et loup » (Maya Andersson), et une photographie monumentale d'Eric Poitevin représentant dans la longue tradition des natures mortes, le cadavre d’un gibier pendu par les pattes.

Lieu de culte, la forêt sera aussi présentée comme un refuge pour les hommes, marginaux ou immigrants, un espace hors-la-loi (ex.  l’enceinte de la « jungle de Calais », protectrice pour les uns et impénétrable pour les autres, vue par Bruno Serralongue). Par-delà les menaces qui pèsent sur nos existences (illustrées par Daniel Schlier en s’appuyant sur la tradition congolaise de l’Innakale), la forêt ouvre également au merveilleux des Contes et Légendes. Aussi, il n'y aura rien d’étonnant à rencontrer une paire de bottes géantes (Lilian Bourgeat), une tête de cerf sur un corps de femme (Nathalie Talec), ou encore Carl Cox, célèbre DJ assoupi sur un talus après une nuit d’ivresse, sculpté en terre glaise par Daniel Dewar & Gregory Giquel...
 


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